grind

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IOST – Greetings from Tchernobyl

Jeudi, mars 3rd, 2011

Hello goodbye

Le sympathique lay-out me faisait craindre encore un groupe de cette mouvance rigolo grind, avec force grivoiseries estudiantines balancées entre deux pauvres accords flatulents. Ouf un livre ne fait pas le moine, à moins que ça ne soit pas à la couverture qu’on ne doive juger l’habit. Déjà pour une auto prod tout a été fait de manière nickel : le lay-out qui donne le ton, puis le maigre lay-in (maudit soit le livret de 4 pages) à savoir les titres et les petites annotations qui vont avec, un ton résolument désinvolte montrant une troupe de troubadours qui ne se prend pas au sérieux mais sans jamais tomber dans la stupidité enfantine propre à trop de groupes de grindcon. Ensuite la production présente un bon compromis entre puissance et sonorité UG sèche et claquante comme il se doit pour ce genre de musique : guitares massives et tranchantes, batterie à la caisse claire dominant grosse caisse et cymbales, qui ne se détache pas assez du tout, la basse a une sonorité bien grave et ronde très agréable et j’aurai aimé qu’il y ait plus d’envolées comme dans We’ll stick at nothing, et les chants omniprésents…tiens parlons-en de ces vocaux car c’est tout un poème. Deux chanteurs sont présents, une gueuleuse pour les voix aiguës et une beugleur pour les chants graves…Le point fort ce sont les chants tout tordus, limites plaintifs et/ou aspirés qui sont réellement énormes ; d’autres chants plus profonds, grognements bestiaux, ou d’autres plus typés hardcore qui apportent une diversité appréciable, ne laissant jamais de répit. Quelques passages vocaux m’ont fait penser au génial MACABRE quand les bruits de gorge versent dans les aiguë hallucinés, mais globalement l’alternance m’a rappelé l’excellent mais défunt GOTHIC. Musicalement ça donne l’impression de se manger un bulldozer à 100 km/h, avec pas mal d’éléments rentre dedans et propices au pogo font leur apparition régulièrement, quelques fois donnant des rythmes très syncopés, collant bien au duel schizophrénique des vocaux. Les titres font 2 mn en moyenne, de quoi s’en prendre plein la face durant 40 minutes. Une bien bonne surprise que cet album qui réussit le tour de force de ne pas saouler l’auditeur (merci aux deux chanteurs) malgré un death/grind des plus basiques.
2005 – Album CD – Autoproduction
7/10

WATCHMAKER – Erased from the memory of man

Jeudi, décembre 30th, 2010

Effacer à coup de bombe H

Y’a des albums comme ça tellement intense qu’on leur pardonne leur faible durée ; voir êe on peut remercier les géniteurs de ne pas avoir fait de l’excès de zèle sans quoi le gavage eut été assuré. Ici 26 minutes c’est largement suffisant. La notion de relativité a encore frappé. Parce que cet album est tellement intense qu’on a l’impression qu’il dure largement 15 minutes de plus. Pas la peine de venir chercher calmes et douces mélodies (qu’on laissera volontiers à tous ces groupes modernes venant de Suède prétendant faire du death). Ici tu vas en prendre plein la gueule, mais de manière ultra concentrée. D’ailleurs ce genre d’album va s’adresser à 3 types de public : hardcore, death et grind. Hardcore pour la fureur étouffante et l’énergie qui dégueule de partout. Death pour l’alignement de riffs ultra efficaces et certaines rythmiques bien plombées. Grind pour la vitesse d’exécution, l’emballement total de la machine avec des enchaînements rapides de riffs incisifs et de morceaux courts. Des brûlots compacts, de 48 secondes à 2’20 pour le plus long, tout s’enchainant sans le moindre blanc entre deux pour caler du coton dans les oreilles écorchées. Production impeccable surtout pour les grattes ultra tranchantes (qui aurait dû être un poil plus poussées par rapport aux voix) et les voix criardes, qui sont tout sauf casse couilles – il faudra néanmoins apprécier les voix gueulardes car le déluge vocal au timbre aiguë va porter rapidement sur les nerfs des moins endurcis. Véritable presse purée, cet album s’écoute et se réécoute sans déplaisir, car même si la brutalité est omniprésente on ne se lasse pas grâce aux structures misant tout sur l’efficacité (up tempo et blasts uniquement) reléguant la linéarité sous-jacente aux vestiaires et filant un bon coup de pied au cul grâce à une fureur communicative. À noter un superbe lay-out bien noir, histoire de s’enfoncer encore un peu plus dans la violence malsaine du groupe.
2005 – Album CD – Earache Records / Willowtip Records
7,5/10

SURGERY – Brain consumption

Samedi, septembre 25th, 2010

Dites 33

La folle et champêtre ville de Rambouillet abrite un nouveau monstre en la personne de SURGERY, sympathique groupe de death/grind qui a tout dans le froc pour provoquer la déforestation de l’horrible forêt connexe à la ville du 78. Le jeune combo (formation de 2003) a pris son temps, puisque en 5 ans d’existence c’est là son 1er EP, zappant pour le coup la case démo, mais SURGERY n’estime pas en avoir besoin, certainement rodé par les années d’expérience et les multiples concerts. Et effectivement le groupe sait y faire dans son domaine… L’entrée du 1er titre donne le ton avec un riff imposant couplé à un vocaliste qui donne un aperçu de ses capacités, entre couinements porcins, grognements gutturaux et voix death plus gueularde. Tout un programme, mais nécessaire car la voix est omniprésente, donc les modulations variées sont importantes pour ne pas gaver l’auditeur. Quant à la zique, elle privilégie l’efficacité, avec des riffs toujours bons et accrocheurs, on n’a pas l’impression d’assister à un empilement de riffs rapides à effet de remplissage et pour battre un record de vitesse. Le batteur préfère de son côté privilégier la vitesse d’exécution mais place astucieusement les breaks qu’il faut pour ne pas endormir l’auditeur. La prod est carrément bonne, dans le sens où le grain rugueux donne un rendu crade et abrasif collant bien au genre musical et à l’ambiance que se doit de dégager un groupe parlant de bidules gore. Si je devais rapprocher ce groupe de quelque chose de plus connu, ça serait sans aucun doute ABORTED, mais qui n’aurait pas succombé aux sirènes de la surenchère du son. Le groupe est en attente de signature, et vu la qualité et de l’énergie dégagées ici, il n’y aura pas longtemps à attendre avant qu’il se fasse signer. Le seul bémol, mais dû au format, c’est que 3 titres, c’est trop court ; ceci dit, peut être que 10 titres du même tonneau m’auraient gavé… Réponse quand le groupe aura pondu son album.
2008 - MCD – Autoproduction
7/10