Dois-je ressortir toute ma palette chromatique de compliments baveux sur le packaging et la production ? Ce groupe le mériterait, car un beau digipack c’est comme un 90D pour une nénette, c’est imparable. En plus c’est mon ex-collègue de feu IMM3MORIA qui a réalisé le superbe artwork. Et la production, du velours, surpuissante, alternant dans un magnifique contraste des sonorités lumineuses (les solii) à d’autres plus claquantes et lourdes, mais où tout est bien audible. Mais le livre a beau avoir un belle couverture, y’a quoi dedans ? Du metal, certes. Du moderne. Avec des salves de partout (l’aspect polyrythmique indissociable de l’adjectif « moderne »), du chant clair (beaucoup trop) en contrepartie de la voix coreuse, une approche hors des carcans du style dans le sens où les structures et les riffs n’ont pas cette affreuse sensation de repompe, structures surprenantes puisque on y trouve des ambiances surprenantes, des passages entrainants et même quelques accès de violence (pas assez mais le genre veut certainement cela). Les parties privilégiant les ambiances sont de loin les meilleures, c’est peut-être parce qu’elle sont rares, mais préférables aux moments doucereux où le chant se veut mélodique. En fait malgré une foultitude de compliments qu’on peut leur adresser, impossible d’adhérer complètement à la zique, ça tient à pas grand chose, mais cet univers alambiqué ne m’a jamais ouvert totalement sa porte. Et rester dehors à regarder la fête ça fait plaisir à personne. Ceux qui ont cassé leur machine à explorer le temps vont se détourner de cet album déstabilisant, et sans jouer au vieux con, je me retrouve plus dans les ambiances putrides d’un vieux death suédois que dans les tourments sophistiqués d’un rejeton de cette même scène.
2011 – Album CD – Autoproduction
5/10
death metal
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UNSAFE – Masterpiece of the absurd
Jeudi, octobre 20th, 20116 mois avant d’enregistrer le chanteur se fait la malle. Y’a des jours comme ça. Qu’à cela ne tienne, la bassiste à l’origine du groupe, prend sa gorge à deux mains et la voilà en train de beugler les mains vides, mais un bassiste sympa intégère le groupe. Ouf, quel bordel. S’il y a bien une chose qui n’a pas trop changé par contre, c’est bien la zique. Enfin non. Mais un peu quand même. Déjà le changement de chanteur a induit l’absence de ces voix claires qui n’étaient pas indispensables sur le précédent album. Par contre leur deathrash se hisse au rang de ce qui se faire de par le monde dans ce créneau (on pense parfois à de vieux THE HAUNTED – A place in heaven – on a connu pire), c’est-à-dire en Scandinavie, c’est peut-être pour beaucoup un gage de qualité et sans doute l’est-ce. Pour d’autres ça signifie aussi une rentrée dans le rang, synonyme de professionnalisme, mais également de normalisation désespérante. L’album se tient bien, un côté bulldozer à la BOLT THROWER chevillé au corps, mais parfois on aimerait que ça cogne fort et surtout plus vite. D’autant plus que le choix de la production renforce l’aspect massif et compact de leur musique. Une basse très présente et des grattes aux rythmiques lourdes secondées par une batterie en mid-tempo avec double-pédale en fond. L’insoutenable légèreté du metal. Ce qu’il manque pour donner plus de dynamisme, ce sont des titres comme Revolution ou encore l’énorme Blockheads aux riffs monstrueux. À vrai dire si dans l’ensemble les titres sont bons , ils manquent toutefois d’accroche. Toutefois ils ont incluent ici et là des breaks intéressants qui permettent de casser la linéarité rampante. Ils n’ont pas à craindre la comparaison avec des plus grosses pointures, mais on aimerait par moment, entre deux concassages des riffs plus accrocheurs et mélodiques. Ils savent le faire, d’autant qu’une des meilleures clefs est d’introduire plus de solii (ça aussi, il savent…). Bref, un tournant plus bourrin pour la zique, à l’image de la voix qui est bien brutale : c’est très bien tout ça, mais il ne manque plus qu’à inclure des variations plus marquées histoire de ne pas ressortir de l’écoute de l’album avec un casque et une envie d’aspirine.
2011 – Album CD – M&O Office
6/10
GRAVITY – Syndrome
Mardi, mars 15th, 2011Déjà le deuxième album des sudistes, 2 ans après leur formation. Dans ce cas là y’a pas 36 solutions : soit le groupe a déjà une belle créativité, soit il enchaine les prods pour inonder le marché afin de grapiller un brin de reconnaissance. GRAVITY flotte entre plusieurs tendances métalliques, piochant allègrement d’un style extrême-mais-pas-trop à l’autre, qu’on soit dans le mélo death, le deathrash, ou encore le metal symphonique. Travail d’équilibriste périlleux, mais je serais tenter de les aider à faire disparaître ce qui peut les faire se gameller, à savoir ce putain de chant lyrique absolument hors de propos. Ça jure assez d’entendre des vocalises (bien faites, là n’est pas le problème) de diva sur des gros riffs plombés. Ça jure et ça me les broie. Surtout que la bougresse maîtrise suffisamment le chant gueulard (spectre du raclement de gorge classique à la voix plus death pas assez utilisée) et le chant clair (assez mâle pour le coup et troublant mais excellent la première impression passée notamment dans Obsession) pour qu’on puisse se régaler de ce côté là. Ses comparses de fortune sont bien valorisés par une production énergique (superbe travail sur les cymbales, grosse caisse un poil trop en avant) qui pousse bien grattes et batterie. Le gratteux balance des riffs qui nécessitent une écoute prolongée car rien n’est évident chez GRAVITY, par moment on se sent étranger à leur zique, les riffs n’offrant que peu d’accroche. On peut être rebuté par cet aspect monolithique des structures, et c’est paradoxalement dans un titre comme Souffrance, durant quasiment 10 minutes, qu’on aura le plus d’émotion car la chanteuse sait y faire pour accrocher l’auditeur. Les zicos sont certes carrés et leurs arrangements bien rentre-dedans mais il manque le riff qui décolle et nous arrache à cette masse rythmique, on attend que ça claque un bon coup dans notre gueule, mais à part quelques secondes de blast disséminés dans deux titres, on pourra se la coller derrière l’oreille. Heureusement par moment des solii bien triquant viennent égayer ce bloc compact et montrer que, oui, monsieur peut verser dans le mélodique ; même certains riffs prennent bien aux tripes (437 ou Part 1 : Espace qui permet de laisser un peu de champ à la basse au passage). Globalement l’album est intéressant, mais quelques fois le groupe oublie de donner plus de clés à l’auditeur pour le laisser rentrer dans leur univers. Pour ceux que ça intéresse, il y a un concept avec force textes complétant les lyrics.
2011 – Album CD – M&O Music
6/10







