death metal

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DYSFUNCTIONAL – John Stone lives

Jeudi, février 9th, 2012

Le monde est stone

Dois-je ressortir toute ma palette chromatique de compliments baveux sur le packaging et la production ? Ce groupe le mériterait, car un beau digipack c’est comme un 90D pour une nénette, c’est imparable. En plus c’est mon ex-collègue de feu IMM3MORIA qui a réalisé le superbe artwork. Et la production, du velours, surpuissante, alternant dans un magnifique contraste des sonorités lumineuses (les solii) à d’autres plus claquantes et lourdes, mais où tout est bien audible. Mais le livre a beau avoir un belle couverture, y’a quoi dedans ? Du metal, certes. Du moderne. Avec des salves de partout (l’aspect polyrythmique indissociable de l’adjectif «  moderne  »), du chant clair (beaucoup trop) en contrepartie de la voix coreuse, une approche hors des carcans du style dans le sens où les structures et les riffs n’ont pas cette affreuse sensation de repompe, structures surprenantes puisque on y trouve des ambiances surprenantes, des passages entrainants et même quelques accès de violence (pas assez mais le genre veut certainement cela). Les parties privilégiant les ambiances sont de loin les meilleures, c’est peut-être parce qu’elle sont rares, mais préférables aux moments doucereux où le chant se veut mélodique. En fait malgré une foultitude de compliments qu’on peut leur adresser, impossible d’adhérer complètement à la zique, ça tient à pas grand chose, mais cet univers alambiqué ne m’a jamais ouvert totalement sa porte. Et rester dehors à regarder la fête ça fait plaisir à personne. Ceux qui ont cassé leur machine à explorer le temps vont se détourner de cet album déstabilisant, et sans jouer au vieux con, je me retrouve plus dans les ambiances putrides d’un vieux death suédois que dans les tourments sophistiqués d’un rejeton de cette même scène.
2011 – Album CD – Autoproduction
5/10

SEYDR – Every cloud has a silver lining

Jeudi, janvier 19th, 2012

Dans la brume électrique

Certains groupes ont tout compris : un titre d’entrée qui casse tout, comme ça les hostilités sont clairement déclarées. Les couilles posées direct sur la table pour montrer qui est le patron. Ça me plait. Un riff ultra massif, monstrueux tant il en impose, sur lequel plane l’ombre d’un ange morbide. Doublé d’une voix death classique qui sied à merveille à la zique, à l’élocution et au phrasé parfaits. Raa ça y est, l’extase. Y’a vraiment rien d’original là-dedans mais quand ça envoie la purée avec un tel brio, impossible de ne pas adhérer. Les hostilités sont bien entamées mais il y a encore 4 titres derrière qui vont juste enfoncer le clou. Du riff avant tout, une personnalité bien affirmée et une ambiance appuyée par un synthé qui sait rester à sa place. Il manque juste quelques solii et là ça pourrait être parfait, encore qu’ils s’en sortent bien pour balancer des titres non linéaires, avec pas mal de breaks intéressants, et où les guitares restent le pilier principales des structures. Le batteur est carré, et son jeu quasi-martial colle bien à l’atmosphère, de la rigueur, pas de folie, une présence indéfectible et solide. Quelques morceaux contiennent des passages fabuleux, outre l’entrée du 1er titre, plus axé vers une ambiance spatiale et nébuleuse comme le début de Every cloud has a silver lining, chose non poursuivie dans le reste du morceau, gnn, sacripants ; ou encore la bonne partie de basse tourbillonnante de Hourglass. 5 titres homogènes qui vont droit au but, sans rien inventer, là n’est pas le propos, mais ils affichent tout de même une forte personnalité. J’apprécie particulièrement leur type de jeu glissant des passages un poil plus technique sans en faire un empilement dégoulinant de notes et de tout un tas de bordel masturbatoire. Des passages imparables, des riffs accrocheurs, une prod correcte, que foutent les labels ?
2011 – MCD – Autoproduction
8/10

NAMI – Fragile alignments

Mercredi, novembre 16th, 2011

Earth wind and fire

On a tous eu envie pendant l’écoute d’un album d’OPETH de se dire que ce serait bien que quelqu’un leur foute une bonne grosse tarte dans la tronche histoire de les réveiller, de les voir un peu plus s’exciter, et ainsi retrouver un peu de cette mauvaise humeur des débuts. C’est presque chose faite, mais c’est NAMI qui prend le rôle de l’énervé. Le quintette réussit cependant à ne pas verser dans l’excessif retour aux «  sources  » seventies, véritable mode du moment, mais combine agréablement l’aspect death atmosphérique avec des passages progressifs planants. Toutefois, quand on parle de death ici, remettons les pendules à l’heure : pas de blasts doublés d’une voix façon évier qu’on débouche. Plutôt une death mid-tempo aux riffs efficaces variant du mélodique à la rythmique plus velue, mais pas leur meilleure facette car moins accrocheuse (parties les plus rares heureusement). La construction de l’album montre d’ailleurs que leur véritable créneau, c’est celui du metal aérien, les parties plus violentes n’étant que les faire-valoir des parties plus calmes, chaque moment bourrin n’étant là que pour plus souligner la légèreté et l’enivrant calme de leur côté lumineux. Le tour de force de l’album c’est de littéralement couler d’une ambiance à l’autre sans que cela jure. Tout se fait progressivement, et le dosage reste parfait, mais on a parfois envie que les ambiances aériennes durent plus longtemps histoire de voler plus longtemps dans leur univers, toute comme on aimerait les parties aux riffs couillus s’allongent pour profiter de ces parties de grattes efficaces. Mais ils ont certainement trouvé dans leurs structures l’alchimie parfaite entre agression et calme puisque ça fonctionne très bien ainsi. L’album reste quand même dur à appréhender, et va nécessiter une écoute attentive et approfondie (c’est pas moi qui le dit, c’est marqué sur leur site) car en plus de pondre des titres alambiqués, il va falloir creuser les parties musicales très intéressantes, loin d’un jeu de novice mais quand même suffisamment abordables pour intéresser les non-musiciens. Plus de parties acoustiques auraient été bienvenues, de même que des parties plus emphatiques et épiques comme sur le morceau introductif qui est une entrée en matière de toute beauté. Pour nous aider à adhérer à leur album à la thématique positive (mais puisque je vous dis que c’est pas moi qui le dit) on se délectera d’un artwork sublime, bien emballé dans un magnifique digipack. Ils ne font pas les choses à moitié, mais aux relents seventies planant (convaincants ceci dit) j’aurai préféré plus de noirceur et de mélancolie. Un album qui porte l’auditeur pendant 58 minutes tumultueuses, le temps d’un voyage d’un extrême à l’autre parmi les éléments. Et puis pour ceux qui veulent s’immerger encore plus, accompagné d’un gros pétard de drogue ou d’une boutanche d’alcool, ça doit le faire.
2011 – Album CD – Klonosphère Propagande
7/10

UNSAFE – Masterpiece of the absurd

Jeudi, octobre 20th, 2011

J.F. cherche bassiste

6 mois avant d’enregistrer le chanteur se fait la malle. Y’a des jours comme ça. Qu’à cela ne tienne, la bassiste à l’origine du groupe, prend sa gorge à deux mains et la voilà en train de beugler les mains vides, mais un bassiste sympa intégère le groupe. Ouf, quel bordel. S’il y a bien une chose qui n’a pas trop changé par contre, c’est bien la zique. Enfin non. Mais un peu quand même. Déjà le changement de chanteur a induit l’absence de ces voix claires qui n’étaient pas indispensables sur le précédent album. Par contre leur deathrash se hisse au rang de ce qui se faire de par le monde dans ce créneau (on pense parfois à de vieux THE HAUNTEDA place in heaven – on a connu pire), c’est-à-dire en Scandinavie, c’est peut-être pour beaucoup un gage de qualité et sans doute l’est-ce. Pour d’autres ça signifie aussi une rentrée dans le rang, synonyme de professionnalisme, mais également de normalisation désespérante. L’album se tient bien, un côté bulldozer à la BOLT THROWER chevillé au corps, mais parfois on aimerait que ça cogne fort et surtout plus vite. D’autant plus que le choix de la production renforce l’aspect massif et compact de leur musique. Une basse très présente et des grattes aux rythmiques lourdes secondées par une batterie en mid-tempo avec double-pédale en fond. L’insoutenable légèreté du metal. Ce qu’il manque pour donner plus de dynamisme, ce sont des titres comme Revolution ou encore l’énorme Blockheads aux riffs monstrueux. À vrai dire si dans l’ensemble les titres sont bons , ils manquent toutefois d’accroche. Toutefois ils ont incluent ici et là des breaks intéressants qui permettent de casser la linéarité rampante. Ils n’ont pas à craindre la comparaison avec des plus grosses pointures, mais on aimerait par moment, entre deux concassages des riffs plus accrocheurs et mélodiques. Ils savent le faire, d’autant qu’une des meilleures clefs est d’introduire plus de solii (ça aussi, il savent…). Bref, un tournant plus bourrin pour la zique, à l’image de la voix qui est bien brutale : c’est très bien tout ça, mais il ne manque plus qu’à inclure des variations plus marquées histoire de ne pas ressortir de l’écoute de l’album avec un casque et une envie d’aspirine.
2011 – Album CD – M&O Office
6/10

DEEP IN HATE – Origins of inequality

Vendredi, juillet 15th, 2011

Voulez-vous growler avec moi ce soir?

Depuis ses débuts le groupe ne cesse de progresser, une démo deathcore, un album de death brutal pas si bourrin que ça qui pêchait par sa production….et ce nouvel album où certains enseignements du passé ont été tirés. Ce qui va marquer d’entrée de jeu, c’est ce son énooooooorme, un batterie qui sonne comme une vraie batterie et non plus comme un kit botempi, des basses énormes et des grattes oscillant entre riffs tranchant et passages plus torturés et vicieux. C’est le pied, sauf qu’en route il y a quelques trucs qui passaient très bien avant qu’ils ont mystérieusement passés à l’as. Déjà les riffs sont largement moins accrocheurs que dans Only the strong survive. Ensuite, on est pas loin de la certification 100% hallal : où sont passés ces couinements de porc qui suscitaient tant d’émois ? Il y en a encore, (hal)ouf, beaucoup moins hélas, mais cette raréfaction les rend encore plus jouissif (Origins of inequality), surtout que côté voix, la présence est encore mieux mise en valeur par la nouvelle prod. Et les solii ? Putain ils sont où les solii ? Pour me consoler il y aura heureusement cet excellent solo dans Seven days of the Talion, mais merde, ça fait maigre. Le gros plus, hors ce son titanesque, c’est l’injonction de toutes ces parties lourdes et mid tempo quasi pachydermiques, qui, bien que ponctuels, épaississent les titres, les éloignant à grands pas du death brutal de base. Certains titres se sortent plus facilement du lot comme Sands of time, avec un mid-tempo aux guitares lourdes dignes d’un SIX FEET UNDER, ou encore From above the Anthill, très proche d’un NILE dans les tournures lentes des riffs. Le groupe est également capable de créer une ambiance terrifiante, j’en veux pour preuve l’entrée en matière de Virtual supremacy, brutal et evil, ambiance qui n’est pas exploitée par la suite, bien dommage, car je préfère ça à l’interlude acoustique (For our fathers) assez peu pertinent dans le contexte de l’album. Je reste toujours aussi imperméable aux textes du groupe, trop simplistes, encore qu’il y a eu du progrès par rapport à l’album précédent. Par ailleurs pour une autoproduction ils se foutent pas de notre gueule, car l’album sort dans un digipack avec gros livret, et l’artwork assez déconcertant est tout de même chouette. Un groupe à suivre de près car la progression est bel et bien là.
2011 – Album CD – Autoproduction
7/10

DEEP IN HATE – Only the strong survive

Jeudi, juin 16th, 2011

Seuls les forts survivent à cette pochette

La 1ère démo du groupe était sortie de manière très confidentielle et présentait un deathcore d’honnête facture mais trop dans le mouvement d’alors, sans la touche personnelle qui aurait pu les démarquer des innombrables productions du moment. Manifestement les changements de line-up assez conséquent du groupe ont permis une réorientation salvatrice puisqu’on se tourne maintenant vers un brutal death technique. Évolution certaine, mais est-ce convaincant? Leur death est tout sauf linéaire et les qualités techniques des musiciens n’engorgent pas leur zique d’un aspect démonstratif qui aurait été mal venu. L’apparition des solii est une réussite car ils sont excellents grâce à la touche mélodique cassant avec la dureté des riffs. Les riffs sont la plus grosse réussite, car ça envoie à chaque titre de manière virile et entrainante. Rayon surprise, le titre Hopeless addiction qui aborde une facette plus nuancée du groupe, plus sombre, et ceci sans dénaturer la puissance de la musique et en conservant le lien avec les autres titres. Peut être qu’une plus grande exploration de cet aspect pourrait à l’avenir les distinguer du lot. Le nouveau vocaliste est un élément fort du nouveau line up avec un organe caverneux lorgnant par moment à mon grand bonheur vers les grognements porcins propres au grind, avec un débit vocal bien fondu dans les rythmiques batterie/guitare. Dommage cependant que les textes manquent cruellement de lyrisme et de profondeur. Si la prod est bonne, la batterie peut agacer par moment à cause de sa sonorité ultra triggée, quasi-électronique. Dommage d’avoir l’oreille accrochée par la caisse claire horriblement synthétique lors des blasts mitraillettes ou des descentes de toms dignes d’une boite à rythmes. Petit problème de production sans grande importance au regard de la qualité de cet album.
2007 – Album CD – Autoproduction
7/10

SHADES OF SYN – Rust from inside

Vendredi, mai 13th, 2011

Pourri en surface

Groupe français formé en 2005, originaire de Besançon, une démo en 2007, et un album présentement chroniqué. Passons vite sur les présentations qui n’intéressent personne pour passer sur l’album. Passons aussi vite sur l’album. Eux appellent ça du death metal ; déjà les cartes sont tronquées puisque le référentiel death metal que j’ai me préparait à tout sauf ça. Une production honnête, même si les basses sont un poil trop en avant, et puis un bruit horrible tout le long, quelque chose qui m’engorge le poireau jusqu’à l’explosion tellement il est pénible. Je crois qu’on appelle ça un synthé. Sonorités virevoltantes foncièrement joyeuses, mais qui s’enlacent parfaitement avec des riffs fades pour délivrer une musique absolument rébarbative. C’est d’autant plus dommage que leur soliste est excellent, mais ça ne suffira pas à maintenir une écoute active et enthousiaste. La voix rappelle celle d’un mauvais groupe de black, du genre d’un timbre forcé mais sans hargne derrière. Une voix sans puissance et poussive qui achève de nous les gonfler comme des pastèques. Sur 11 titres seul Well dressed eradicate a eu un passage très sautillant m’ayant accroché peut-être car il me rappelait ma folle jeunesse et mes écoutes d’OMD. Une référence plus électro que metal d’ailleurs. Sauf qu’ici on joue du death metal. Enfin, on croit en jouer.
2011 – Album CD – Autoproduction
1,5/10

GRAVITY – Syndrome

Mardi, mars 15th, 2011

Dans l'espace personne ne vous entendra jouer de la guitare

Déjà le deuxième album des sudistes, 2 ans après leur formation. Dans ce cas là y’a pas 36 solutions : soit le groupe a déjà une belle créativité, soit il enchaine les prods pour inonder le marché afin de grapiller un brin de reconnaissance. GRAVITY flotte entre plusieurs tendances métalliques, piochant allègrement d’un style extrême-mais-pas-trop à l’autre, qu’on soit dans le mélo death, le deathrash, ou encore le metal symphonique. Travail d’équilibriste périlleux, mais je serais tenter de les aider à faire disparaître ce qui peut les faire se gameller, à savoir ce putain de chant lyrique absolument hors de propos. Ça jure assez d’entendre des vocalises (bien faites, là n’est pas le problème) de diva sur des gros riffs plombés. Ça jure et ça me les broie. Surtout que la bougresse maîtrise suffisamment le chant gueulard (spectre du raclement de gorge classique à la voix plus death pas assez utilisée) et le chant clair (assez mâle pour le coup et troublant mais excellent la première impression passée notamment dans Obsession) pour qu’on puisse se régaler de ce côté là. Ses comparses de fortune sont bien valorisés par une production énergique (superbe travail sur les cymbales, grosse caisse un poil trop en avant) qui pousse bien grattes et batterie. Le gratteux balance des riffs qui nécessitent une écoute prolongée car rien n’est évident chez GRAVITY, par moment on se sent étranger à leur zique, les riffs n’offrant que peu d’accroche. On peut être rebuté par cet aspect monolithique des structures, et c’est paradoxalement dans un titre comme Souffrance, durant quasiment 10 minutes, qu’on aura le plus d’émotion car la chanteuse sait y faire pour accrocher l’auditeur. Les zicos sont certes carrés et leurs arrangements bien rentre-dedans mais il manque le riff qui décolle et nous arrache à cette masse rythmique, on attend que ça claque un bon coup dans notre gueule, mais à part quelques secondes de blast disséminés dans deux titres, on pourra se la coller derrière l’oreille. Heureusement par moment des solii bien triquant viennent égayer ce bloc compact et montrer que, oui, monsieur peut verser dans le mélodique ; même certains riffs prennent bien aux tripes (437 ou Part 1 : Espace qui permet de laisser un peu de champ à la basse au passage). Globalement l’album est intéressant, mais quelques fois le groupe oublie de donner plus de clés à l’auditeur pour le laisser rentrer dans leur univers. Pour ceux que ça intéresse, il y a un concept avec force textes complétant les lyrics.
2011 – Album CD – M&O Music
6/10