KLONE pratique une musique à émotions. C’est pas de moi, c’est d’eux. Ils doivent en susciter pas mal avec succès car de groupe autoproduit, deux albums ont vu le jour ensuite chez SOM. Situer le groupe c’est à coup sûr se planter, car cette nouvelle scène metal prend un malin plaisir à brouiller les pistes, entre postcore, metal rock aérien, metal néo thrash, bref un fourbi pas possible à tenter de cerner mais qui accouche d’une chose compacte, pas du tout un copié collé de divers genres ou écoles ou tendances… Tout en prenant dans les différents styles, KLONE arrive a rester en dehors de ces styles, même si on peut les comparer de manière réductrice à ses copains assis sur la même branche postcore. L’orientation du MCD est résolument aérienne, malgré des guitares bien lourdes qui t’embrouillent les idées dès le 1er titre de 10 minutes, une antinomie entre le fond et la forme, un caractère pesant mais qui libère l’esprit. Et putain ce saxo qui arrive à point nommé, que ne fut-il point utilisé plus souvent. La deuxième chanson est d’après semble-t-il la seconde partie du précédent titre, pourtant le rythme est un poil plus soutenu, mais avec un même rendu, des plages plus atmosphériques qui rapprocherait le groupe d’un TOOL des débuts, et avec de la mélodie, pas celle du bonheur, mais la petite qui accroche et fait toujours plaisir. Le dernier titre : changement radical, guitares bien plus burnées, rythmique plus agressive, on dirait du stoner sur le refrain (excellent), putain le retour sur terre est rude. Un inédit des sessions de leur album Black days. Le titre que je préfère car la césure entre les parties mélodiques/atmosphériques et celle couillues sont encore plus patentes. Ça riff sec et ce putain de chanteur a quand même une voix absolument excellente, la frontière est ténue entre son chant gueulée et son chant clair. De la bonne came, qui donne vraiment envie de se pencher sur l’œuvre du groupe. Pour info, une vidéo a été faite pour The eye of needle (pas le film avec Sutherland), qui devrait provoquer de bons trips si tu le mattes avec un bédo au coin du bec.
2012- MCD – Klonosphère/Customcore Records
7,5/10
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