Il est étrange cet album. Déjà pour les auditeurs familiers des rejetons divers et variés issus du postcore c’est une expérience, mais pour ceux qui aiment les trucs purement metal et directs, ça risque d’être toute une histoire. En fait c’est aussi ça le truc de HYPNO5E : happer l’auditeur pour le plonger dans un récit, le malmener au grès des atmosphères, tantôt calmes et aérienne, tantôt violentes et soutenus. C’est une histoire dont chacun écrira son propre script, avec pour support cette zique contrastée et les photos du livret, voir les vidéos pour ceux qui ont besoin de s’approprier un peu plus l’esprit du groupe. Les éléments postcore sont indéniables mais il ne sera pas difficile de trouver quelques tonalités plus death metal au détour de quelques accords vrombissant ou bien lors de parties plombées où les riffs se transforment en hachoirs bien lourds, le tout bien secondé par une basse qui éclate littéralement la gueule en pulsant de manière organique, contrebalançant la batterie qui marque par sa rigueur quasi martial et ses sonorités inhumaines. Dommage notamment lorsque la caisse claire est martelée plus rapidement, rapprochant le batteur d’une boite à rythme sans âme. Quelques samples agrémentent les titres, renforçant l’immersion dans ce long métrage sonore, un voyage durant lequel des clefs auraient été appréciées, les textes notamment ; au lieu de ça les photos du livret m’ont laissé assez dubitatif, le rendu étant complètement différent de ce que la musique m’a inspiré. C’est aussi ça la magie de ce disque, se laisser porter par monts et par vaux, même si les passages calmes prédominent, donnant plus d’impact aux parties metal. Le groupe n’oublie pas ses racines metal et dégage des putains de riffs et d’excellentes mélodies. Un contraste entre deux personnalités musicales à l’image des œuvres citées par un narrateur désincarné (à savoir L’étranger ou encore La belle et la bête, les références étant plus nombreuses), la dualité jusque dans les enchevêtrements instrumentaux, gommant le possible manichéisme de l’association de ces contraires. Un album riche et envoutant, mais très exigeant pour qui veut vivre les péripéties suggérées par le groupe.
2012 – Album CD – Klonosphère Propagande / Pelagic Records
7,5/10
No related posts.
