Promis, ils ont changé de style. Finis le…euh ben le quoi d’ailleurs ? On s’en fout ils ont changé, c’est mieux maintenant. Et qu’est-ce qu’ils font les petits loups ? Alors là, bataille d’étiquettes, eux se réclament du metalcore, soit, mais par moment c’est plus la scène deathrash suédoise (la nouvelle hein, faut pas rêver non plus) qui se rappelle à notre bon (?) souvenir par son aspect très intense et mélodique, mais aussi très casse-couilles. Ça démarre bien avec un riff sec et on sait qu’on va prendre cher. Dans tous les sens du terme. En effet ça cogne bien, c’est agressif mais la production l’est aussi pour mes pauvres petits tympans, les aiguës sont privilégiés, les amateurs d’acouphènes apprécieront. Les deux premiers titres sont très bien branlés, riffs mélodiques, tempos enlevés et textes à la musicalité de bon aloi. Par contre L’envers du décor nous fait poireauter un peu avant d’accrocher complètement, car on retombe dans des rythmiques éprouvées depuis longtemps par la scène suédoise (l’effet brise rouleau précédemment cité) mais qui balance des parties de grattes irrésistibles au bout de 4 minutes, alors que Azerty est absolument inintéressant, tant dans la forme que dans le fond des textes. Par contre ils terminent sur un titre excellent, Prosélyte, entre passages tribaux et riffs dévastateurs, avec des paroles assez floues quant au réel message qu’ils ont envie de faire passer, message récupérable à volonté d’un extrême à l’autre sur l’échiquier politique. Mais voyons, DAGARA ne fait pas de politique, ça suffit comme ça maintenant. Alors que reste-t-il de nos amours ? Un maxi qui offre des perspectives intéressantes car le groupe est capable de pondre des riffs excellents, l’adjonction de djembé (oui y’a un gars avec des dreads qui a vu de la lumière un soir de répétition et qui est resté depuis) est pas mal même s’il est mal valorisé et qui bénéficie d’une sonorité de casserole tout à fait bandant. En regard, on a une production qui devrait mettre le chanteur en sourdine tant son chant est crispant à la longue, ou alors faudrait que le dreadu fasse des vocalises plus graves (ah oui, on ne vous l’a pas dit, mais il prend le micro aussi) que l’on entende plus, et des gratteux qui font parfois tourner des riffs bateau. À boire, à manger et à fumer là-dedans mais une efficacité certaine qui plaira aux amateurs de la scène actuelle.
2011- MCD – Autoproduction.
6/10
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