On a tous eu envie pendant l’écoute d’un album d’OPETH de se dire que ce serait bien que quelqu’un leur foute une bonne grosse tarte dans la tronche histoire de les réveiller, de les voir un peu plus s’exciter, et ainsi retrouver un peu de cette mauvaise humeur des débuts. C’est presque chose faite, mais c’est NAMI qui prend le rôle de l’énervé. Le quintette réussit cependant à ne pas verser dans l’excessif retour aux « sources » seventies, véritable mode du moment, mais combine agréablement l’aspect death atmosphérique avec des passages progressifs planants. Toutefois, quand on parle de death ici, remettons les pendules à l’heure : pas de blasts doublés d’une voix façon évier qu’on débouche. Plutôt une death mid-tempo aux riffs efficaces variant du mélodique à la rythmique plus velue, mais pas leur meilleure facette car moins accrocheuse (parties les plus rares heureusement). La construction de l’album montre d’ailleurs que leur véritable créneau, c’est celui du metal aérien, les parties plus violentes n’étant que les faire-valoir des parties plus calmes, chaque moment bourrin n’étant là que pour plus souligner la légèreté et l’enivrant calme de leur côté lumineux. Le tour de force de l’album c’est de littéralement couler d’une ambiance à l’autre sans que cela jure. Tout se fait progressivement, et le dosage reste parfait, mais on a parfois envie que les ambiances aériennes durent plus longtemps histoire de voler plus longtemps dans leur univers, toute comme on aimerait les parties aux riffs couillus s’allongent pour profiter de ces parties de grattes efficaces. Mais ils ont certainement trouvé dans leurs structures l’alchimie parfaite entre agression et calme puisque ça fonctionne très bien ainsi. L’album reste quand même dur à appréhender, et va nécessiter une écoute attentive et approfondie (c’est pas moi qui le dit, c’est marqué sur leur site) car en plus de pondre des titres alambiqués, il va falloir creuser les parties musicales très intéressantes, loin d’un jeu de novice mais quand même suffisamment abordables pour intéresser les non-musiciens. Plus de parties acoustiques auraient été bienvenues, de même que des parties plus emphatiques et épiques comme sur le morceau introductif qui est une entrée en matière de toute beauté. Pour nous aider à adhérer à leur album à la thématique positive (mais puisque je vous dis que c’est pas moi qui le dit) on se délectera d’un artwork sublime, bien emballé dans un magnifique digipack. Ils ne font pas les choses à moitié, mais aux relents seventies planant (convaincants ceci dit) j’aurai préféré plus de noirceur et de mélancolie. Un album qui porte l’auditeur pendant 58 minutes tumultueuses, le temps d’un voyage d’un extrême à l’autre parmi les éléments. Et puis pour ceux qui veulent s’immerger encore plus, accompagné d’un gros pétard de drogue ou d’une boutanche d’alcool, ça doit le faire.
2011 – Album CD – Klonosphère Propagande
7/10
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