Habituellement les compilations finissent toujours dans un coin, ramasse poussière, cale meuble, sous boc, frisbee, tant d’applications sympathiques pour un CD, sauf la fonction principale, l’écoute de zique. EARACHE réussit ici à surfer sur le revival thrash en proposant toutefois des groupes de qualités. Il est mis sur la pochette que c’est à du thrash nouvelle école qu’on aura à faire, et pourtant ça sonne pas si moderne que ça, du moins inspiré thrash castré à la suédoise, pas plus que ça ne sonne ultra bourrin comme la vieille et glorieuse scène allemande. On se rapproche plus de la scène américaine, l’influence majeure des combos ici étant SLAYER, hommage qui flirt parfois avec la repompe (EVILE). Une influence totalement occultée par les chroniques glanées ici et là, c’est également SEPULTURA, notamment sur un titre étant un parfait pot pourri entre Beneath the remains et Arise avec VIOLATOR. Les grosses pointures du moment sont bien présentes, pour ma part, tout se laisse agréablement écouter, à chaque titre on est bien dans du thrash pur sucre, qui tape fort niveau rythmique batterie, et avec des riffs nerveux et secs, parfois doublés de solii, parfois plus bas du front. Bonne homogénéité entre les 16 groupes, mais je retiendrais notamment MUNICIPAL WASTE et ses accents skatecore dans les vocaux et la prod épurée ; DEKAPITATOR avec une voix aboyée et un passage plus lent bien senti ; DECADENCE qui se démarque avec sa chanteuse et surtout des riffs plus alambiqués que les autres groupes, se rapprochant plus du ciselage suédois ; WARBRINGER complètement déchainé ; SSS avec quelques traces de hardcore ; DEADFALL absolument monstrueux qui balance un inédit de grande classe aux riffs excellents ; VIOLATOR bonne reprise des travaux entamés dans les années 80 par les frères Cavalera. Les groupes non cités balancent une bonne purée également mais dans une compilation, il y a toujours ceux qui donnent envie qu’on connaisse leurs noms, et les autres… Une bonne compile au final, d’autant plus qu’il y a quelques inédits dans le tas, ou des titres provenant d’autoproductions donc pas forcément facile à trouver.
2008 – Compilation CD/LP – Earache
7/10
Thrash
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THRASHING LIKE A MANIAC – 16 ripping cuts of new school thrash
Vendredi, octobre 29th, 2010
GRENOUER – Lifelong days
Vendredi, octobre 15th, 2010C’est pittoresque un groupe Russe ; on s’imagine comme autant d’images d’épinal les longues files de miséreux hérités du glorieux régime communiste, le metal réduit au silence par manque d’électricité et sa vague de groupes de black qui ont tous une crampe persistante dans le bras droit (le froid sûrement). On s’attend beaucoup moins à un style moderne, sautillant, et bien dans le mouvement…Le voilà le problème : dans le mouvement, dans la mode. Le groupe est qualifié d’indus pour ce qui a été fait avant, et il est surprenant d’entendre là une espèce de bâtard métallique piochant les éléments les plus soft du deathrash pour donner un album pas foncièrement dégueu mais sans réelle personnalité. La construction des chansons tout d’abord est très classique et redondante d’un titre à l’autre. Mid tempo récurrent, avec double pédale en salves ou sur la longueur, tout reste toujours sur le même rythme ; pas vraiment palpitant pour un résultat qui m’a souvent donner l’impression d’un album hyper long… 46 minutes tout de même mais qui en paraissent le double. La production parlons en ; son de gratte façon Roots de SEPULTURA, basse bien ronflante, et parfait équilibre entre tous les postes, elle est puissante sans être mirobolante, et quelques rares sons électro horriblement surannés, dont on peut tout de même se demander l’intérêt, viennent vaguement égayer ce que la production rend compact. L’effet de bloc est peut être voulu, c’est très réussi, ça rend tout ça homogène, trop, et parfaitement indigeste. Il y a quelques passages sympas tout de même qui surnagent au milieu de cette purée bien épaisse, mais hélas rien de transcendant et qui ne sauveront pas vraiment l’ensemble. Beaucoup trop passe partout, et pas assez varié, il y a de quoi être découragé par cette masse métallique trop aseptisée. La Russie c’est aussi la vodka frelatée qui rend fou, et pas un ersatz de McDo tiède qui rend mou.
2008 – Album CD – Locomotive Records
4,5/10
XTRUNK – Not in vain
Lundi, octobre 4th, 2010Le genre d’album qui me sort par le cul à la première écoute. Et pourquoi ça ? Tout simplement parce que je suis sensiblement allergique à toute la vague néo-truc moderne avec rythmiques dans tous les sens, chants mélodiques qui dégoulinent et enlèvent toute la part de violence propre au metal. Et pourtant… Les 1eres écoutes m’ont fait ostensiblement fait penser aux groupes à la SOILWORK (encore que ce n’est plus vrai en creusant bien) voir même au 1er SCAR SYMETRY (pas leur immonde deuxième merde). Pas trop ma tasse de thé pour les raisons évoquées plus haut, mais à force d’écoutes répétées, plusieurs choses m’ont accroché pour finir par me faire totalement adhérer au metal de ces Niçois. Et oui, car même en sonnant comme les « ténors » de la scène moderne suédoise, ces gars là sont bien français, et ce qui est fabuleux se trouve dans tous les détails d’arrangement et leur talent d’écriture tout simplement. On se retrouve vite en terrain connu pour ce qui est de la zique, à savoir des mid-tempo parfois mués en up-tempo avec les inévitables refrains en chant clair qui m’horripilent tant. Les deux premiers titres sont exemplaires en ce sens, des chansons biens mais pas top, anecdotiques même. Par contre à partir du titre 3 ça commence à devenir autre chose ; grosses rythmiques bétonnées, chant monstrueux faisant mouche quant au choix de l’alternance des voix (death – pas assez utilisée à mon goût, gueularde et chant clair très bon), et puis l’arme fatale du groupe, à savoir le soliste. Le mec qui va s’acharner à poser tout au long de l’album des solii puissants et mélodiques prenant son pied en me faisant crever de bonheur à chacune de ses interventions. Chacun tient bien son rôle, la production les mettant tous en valeur, même le synthé tant qu’il reste en soutient, comme c’est le cas, est très à-propos. Manifestement ils sont allés chercher le batteur en Autriche, j’espère pour eux qu’il fera partie intégrante du groupe tant son jeu nerveux et varié colle bien au style du groupe. Au fil des écoutes on se rend compte que les influences sont nombreuses à l’image du titre 7 dont l’intro rappelle AKERCOCKE pour continuer sur du MACHINE HEAD… Au final l’album forme un tout très cohérent avec quelques titres qui atteignent l’excellence, That blood, ou encore Dictated Love et Scream as loud as you can. Dites non à toutes ces merdes nordiques consensuelles et stéréotypées et adhérez à cet excellent album bien musclé.
2007- Album CD – Autoproduction
7,5/10
RETENTUM CURIAE – Au Nom de la Bête
Dimanche, août 8th, 2010Issu du groupe ARKH’AAM, RETENTUM CURIAE voit le jour en 2001 sous la forme d’un one man band qui va finalement devenir au fur et à mesure de son avancée un groupe à part entière avec 5 membres. Revendiquant fièrement ses origines thrash grande époque (années 80-90) avec des références telles que AGRESSOR ou CORONER, c’est effectivement un putain de thrash que nous dessert le combo, thrash bien branlé (mais pas que) et teinté d’influences occultes notamment dans ses paroles (chantées en français majoritairement) et certains (rares) passages avec samples. Les structures sont directes et sans fioritures pour un maximum d’efficacité, mais sans tomber dans la basicité, le groupe alternant efficacement moments soutenus et d’autres plus axés sur les riffs ou mélodies de guitares. Le chant bien que souvent criard, chant qui ne dépareillerait pas dans un groupe de black, se fait parfois déclamatoire, épaississant cette ambiance occulte dégagée par la thématique. La production est pas mal avec des grattes grésillantes qui laissent du coup de la place à la batterie, mais plus de corps aurait affuté le tranchant de certaines rythmiques pour donner un aspect moins black dans le rendu, et plus massif pour mieux écraser la tronche de l’auditeur. Ça manque parfois de riffs qui accrochent l’oreille (même s’il y a de bons moments, ne me faites pas dire le contraire, de toute façon, je nierai) pour avoir envie de de se frapper la tronche contre un mur, peut-être doit-on mettre en cause la production ; toutefois les amateurs de rythmiques effrénés y trouveront leur compte, la progression de la démo va dans ce sens, puisque plus on s’approche de la fin plus les titres se font agressifs et rapides. Une démo qui n’aura qu’une suite, format démo également, le deal avec ANCIENT DARKNESS RECORDS pour un split avec DEVIL LEE ROT ne s’étant finalement pas concrétisé, le groupe est retourné dans les limbes bretonnes…
2004 – Démo CDr – Autoproduction
6/10
ELIMINATION – Destroyed by creation
Mercredi, août 4th, 2010Pour certains, le temps n’a pas évolué, les modes sont passées très loin, et lorsque ces gens là font un groupe, ils font ce dans quoi ils doivent baigner tous les jours. Forcément une petite pincée d’opportunisme peut se glisser ici et là diront les esprits chagrins, mais peu importe, ils font bien ce qu’ils veulent, personne te force à l’acheter ce disque. Les rosbeefs de ELIMINATION pratiquent le thrash dans sa forme la plus acceptable et la plus pure qui soit, c’est-à-dire fortement coupée au heavy metal. D’ailleurs peut-on censément parler de thrash quand tant de parties sonnent heavy metal, celui des hommes, pas celui des grands garçons qui se sentent obligés de coller des ritournelles pour donzelles à chaque coin de riff. Ce côté heavy est parfaitement fondu dans leur metal à Reeboks, n’étant pas amateur de heavy ça passe finalement très bien dans l’ensemble, et puis ce genre de heavy ça passera toujours, car c’est huileux comme on l’aime et surtout parfaitement huilé, le groupe n’invente pas, il reprend des recettes éprouvées. Enfin bon, le côté thrash est du coup minoré car ça cogne pas tant que ça malgré une tournure très virile grâce à un riffing efficace, bien charpenté par une production excellente de ce côté là. Pas mal de up tempo sans les « blast » thrash caractéristiques au genre, beaucoup de double pédale (l’instrument toujours hein), pas de quoi s’ennuyer. Enfin si. Un peu quand même car la durée de 1 heure est littéralement écrasante et au bout d’un moment la redondance a tendance à me faire gonfler les pastèques. En plus de ça, la batterie a un son assez dégueulasse sur la caisse claire ultra triggée et donc très synthétique, c’est navrant, tout comme la basse qui est trop en avant, obligeant à refaire tous les réglages pour ne pas exploser sa chaine (et ses oreilles) à volume élevé. À part ça l’album est plus qu’honnête, c’est bien fait, juste long à se farcir, des bons riffs à chopper toutefois tout du long (l’influence JUDAS PRIEST et notamment Painkiller est palpable). Pour ma part j’arrête, à force d’écouter ça j’ai une nuque longue indésirable qui commence à pousser.
2010 – Album CD – Rising Records
6,5/10
CHAOSYS – The imperfection is yours
Dimanche, juillet 4th, 2010La Suède arrive encore à engendrer autre chose que des groupes faisant de la soupe mélodique tout en restant audible pour le plus grand nombre. Et CHAOSYS en est l’excellent témoignage. Alors, certes, la production aurait pu être plus “massive”, elle est pourtant loin d’être dégueu, laissant s’exprimer tous les instruments avec une égale fougue. On notera d’ailleurs le soin apporté à la batterie où les cymbales sonnent de manière de bien distincte. CHAOSYS ne choisit pas la facilité avec sa musique qu’on pourrait qualifier vulgairement de thrash, pour vraiment simplifier. Ce groupe empiète sur le terrain de quelques groupes de par certaines parties volontairement mélodiques mais qui subjuguent toujours avec un côté instrumental toujours poussé – comme dans le début de Signed yours faithfully. Le chant clair pourra certainement paraître affreux de prime abord mais se révèle excellent après plusieurs écoutes, cassant agréablement avec les chants sirupeux de trop de groupes actuels. Le chant criard lui aussi est assez personnel, très écorché faisant un alchimie parfaite avec ses comparses. Et quels comparses ! Rythmiques hachées, solii excellents, batteur au jeu très fin et très varié, bassiste bien présent, ce groupe a réussi à me surprendre par ses structures alambiquées mais dans lesquelles l’auditeur ne sera jamais perdu. Bien que restant agressif on notera ici et là des passages plus atmosphériques, certains m’ayant même rappelés OPETH dans Humanity 6.8. Que dire sinon que 3 titres c’est trop court ! Vite un album !
2004 – Démo CDr – Autoproduction
7/10
UNSAFE – Manipulative progress
Jeudi, octobre 1st, 2009
Lentement mais surement
Oui le groupe a pris le temps, mais il a bien fait. 5 démos depuis 1996 et enfin un album en 2009. Par contre ça va heurter les fans de metal conventionnel et encroûtés dans les années 80-90, parce que là c’est assez moderne sans toutefois tomber dans les travers trop mainstream qui polluent les écuries allemandes (pas de pub pour eux bouh!). Pour être précis ça sent le metal moderne de la fin 90 début 00. Ce qui nous ramène quand même 10 ans en arrière argh. Leur thrash se teinte de multiples influences, parmi lesquelles des traces de NAILBOMB (notamment avec certains backings terribles qui rappellent le grand Cavalera), et même de GRIP INC., période Nemesis, sur Social unrest. Des relents de ces groupes ça ne peut être que bandant. Par contre pour débander sec, y’a la voix clair qui est absolument hors sujet, même si son côté Loez de SUP adoucit mes propos, il n’en reste pas moins que sans on s’en serait porté que mieux. Ceci dit le chanteur a une voix bien granuleuse, on sent que les glaviots tapissent sa gorge, et sa voix principale a même un grain original ; par contre la voix aiguë donne l’impression que quelqu’un lui marche sur les balloches. Hey les gars arrêtez vos conneries, y’en a qui vont le payer le cd. Au rayon zicos, rien à jeter, notamment le bassiste qui compose les titres. Bonne présence sonore et bonnes interventions le mettant à l’honneur au moins autant que le riffing bien puissant. Et comme c’est du metal moderne, la production est bien épaisse, faisant la part belle aux basses, ce qui ajoute de l’épaisseur aux riffs plombés et aux structures privilégiant l’efficacité. Un album vraiment séduisant, malgré quelques trucs énervants (les voix claires).
2009 – Album CD – Pervade Productions
7,5/10






