Thrash

...now browsing by category

 

HOTROAD – Insanity

Mercredi, juin 8th, 2011

Baskets, perf et nuque longue attitude

Les années 80, beaucoup en sont nostalgique sans les avoir vécues, qu’est-ce que c’était bien le metal à cette époque, et les gens étaient bien plus sympas que maintenant, plus d’entraide etc. Du fantasme à la pelle et des envies de retrouver cette belle époque avec la formation de groupes tantôt ringard, tantôt énorme. HOTROAD appartient à cette dernière catégorie : on a vraiment l’impression qu’ils sont sortis du freezer où ils attendaient patiemment depuis 30 ans. Même la pochette dégueulasse, qui évoque une nature morte, semble avoir été peinte à l’époque où les nuques longues étaient respectées. Musicalement leur thrash est tellement pur, encore tant emprunt de heavy viril, qu’on en pleurerait. C’est simple, on pense rapidement à un croisement des premiers METALLICA, mâtinée d’ANTHRAX avec pas mal de MEGADETH. Parfois le chanteur, et même quelques riffs rappellent SEPULTURA époque Beneath the remains (Mind pollution ou encore Fear of the unknown), sans le côté brutal toutefois. Les parties de grattes, autant rythmiques que solos, sont excellentes et parfaitement portées par un batteur, qui sans en faire des tonnes, propose des arrangements agréables, chose appréciable en ce temps du règne de la toute puissante batterie dans les productions à la mode. On peut trouver quelques plans naïfs, mais tout est tellement entrainant qu’on se laisse vite prendre par ce thrash qui n’oublie jamais ses racines heavy, voir rock’n'roll (Let it be written). Le genre d’album qui fait pousser la nuque longue et rend la Kro tiède absolument délicieuse. Du metal au sens strict et pur du terme, un régal absolu qui se termine en apothéose avec un instrumental brillant. Excellent !
2010 – Album CD – Autoproduction
8/10

ASHKA – Ritual

Jeudi, février 17th, 2011

Imprécis mais efficace

Étonnant ce groupe, qui varie de l’excellent au passable , on lui reconnaitra quand même de ne jamais virer dans le naze, ce qui est déjà pas mal. Le label met en avant une foultitude de chose qui ne sont que des arguments marketing laissant insensible le chroniqueur du souterrain que je suis. Difficile de dire que ASHKA joue tel ou tel style, c’est du metal moderne certes, mais on se rapprochera des tonalités du thrash très moderne, pas la peine de sortir ta veste à patch, coupe ta nuque longue, ici c’est le neo-thrash qui est de rigueur. Pas de jump parties toutefois, ouf, merci, mais un metal assez couillu par moment qui lorgne parfois vers le death mid tempo propre à SIX FEET UNDER (sur l’excellent Flesh Breath c’est presque un hommage aux ricains avec un riff rampant et bourdonnant). Mais parfois hélas ça tombe pas loin du gnan gnan dispensable, pas loin parce que le gratteux a toujours un bon riff dans sa besace pour rattraper le coup, mais sans rehausser le titre (Struggle au secours mais non merci – ça fait office de break dans l’album, mais dans tous les sens du terme). Leur MCD est consistant et diversifié, 25 minutes, un bon point mais si les trois premiers titres sont brillants, on ne peut pas en dire autant de la suite, dont ce putain de Struggle mou du bide. C’est à partir de ce moment là que ça part en couille, et le groupe redresse difficilement la barre par la suite, même si les titres n’atteignent pas l’excellence du début, on sort de l’ornière dans laquelle on est plongé au titre 4. La chanteuse se débrouille bien dans les trois types de chant (clair, growl allez léger mais suffisant, et criard bien triquant) et n’abuse pas trop du chant clair, qui est parfois très bien utilisé (Nameless). Le gratteux est assez inspiré, sur Ritual et Flesh Breath c’est carrément bien, il ne manque plus qu’un peu plus de niak au niveau de la batterie pour que ça cogne. Qu’ils repondent des titres dans les lignée des trois premiers et ça sera parfait. Ce deuxième MCD nous permet de voir qu’il y en a sous le pied, même si les compos sont assez simples, car une efficacité certaine est bel et bien là.
2011 – MCD – M&O Music
5,5/10

MISTAKEN ELEMENT – Mind over matter

Jeudi, février 3rd, 2011

La chair est faible, le metal est fort

Ils ont pas eu les couilles de signer GOJIRA à leurs débuts, mais le groupe a marché, peu importe, ils ont récupéré d’autres gus ayant prospéré dans le sillage des sudistes : MISTAKEN ELEMENT. Ce second album m’a permis de me familiariser pleinement avec ces représentants d’une nouvelle école de metal à la française. Oui cocorico les amis, malgré des influences évidentes de groupes cotés comme THE HAUNTED (période Revolver, album très mésestimé), on tient là un disque au caractère tranché et affirmé. Les premières écoutes m’ont gonflé les couilles comme des pastèques, mais au final de multiples point d’accroches sont disséminés ici et là, et si tous les titres ne m’emballent pas le steack, il y en d’autres qui me le rendent turgescent. Musicalement, c’est le thrash moderne dans toute sa splendeur largement coupé au death soft mais sans sombrer dans la soupe mélodique pour pisseuses. Curieusement les 1er titres ne m’ont pas fait trembler le prépuce malgré la puissante teneur en grosses guitares et rythmiques et c’est à partir du génial Save me que la grenadine commence à monter. À partir du là c’est quasiment que du bonheur. Et en grande partie grâce au chanteur avec son timbre gueulé mais chanté – assez balèze le mec. On sent les modulations vocales qui font clairement la différence avec un brailleur lambda aux lignes vocales plates. Dommage cependant que les riffs n’accrochent pas plus malgré quelques excellentes mélodies (Mass machine notamment), le tout étant plutôt concentré sur le travail rythmique très efficace et parfaitement secondé par le batteur. Le bassiste se permet quelques envolées sympathiques peu mises en valeur vu la production. Vieux de la vieille, barrez vous, place aux jeunes. Ils manquent de testostérone mais ont les dents déjà bien aiguisées.
2009 – Album CD – Holy Records
7/10

NO FLAG – Spit english or die

Jeudi, décembre 30th, 2010

Au menu : un genou

Des vieux de la vieille, non adeptes de productivité, c’est tout à leur honneur, puisque depuis leurs débuts (1991) on compte un EP et deux albums. Un simple coup d’œil au titre indiquera les racines du groupe ainsi qu’un penchant très prononcé pour le second degré. On évitera toutefois de trop se pencher sur la pochette assez particulière (quoique pas déplaisante) pour s’enfiler leur thrash furieux et original grâce à quelques petites injonctions d’éléments perturbateurs assez bien sentis. L’esprit des mosheurs est en eux, et c’est bien une mixture thashisante aux relents hardcore remuante qui est assenée. Globalement c’est bien foutu, car les titres compacts vont droit au but, tempos toujours soutenus et grattes bien tranchantes plaquant un riffing carré, le genre de zique qui doit fédérer tout le monde dans le pit. Le seul hic serait le manque de riffs réellement percutants qui foutent la hargne, chose qu’ils sont toutefois capable de faire, j’en veux pour preuve le monstrueux Eat my knee, avec le genre de partie pour se démettre les cervicales et casser le mobilier chez soi. Dommage que le reste n’atteigne pas ce niveau de rage et d’agressivité communicatives. C’est tout de même très correct, mais quand on balance dès le deuxième morceau un truc du genre, faut assurer derrière. Il y a l’excellent A lack of order qui remet du baume au cœur avec des backing vocaux qui ne dépareilleraient pas chez NAPALM DEATH, du coup tout le titre en est transformé, un pur régal. Un autre point positif c’est leur propension à pondre des titres efficaces et suffisamment différents les uns des autres pour ne pas s’emmerder. Par contre l’aspect rigolus prend trop le dessus dans les vocaux (Deadbeat and proud ou encore Dickheads, bastards and assholes all together, tout un programme en somme mais intéressant avec des voix proches de SYSTEM OF A DOWN), on sent que le mec s’éclate, mais moi beaucoup moins. Un album correct mais surtout utile pour réviser ses gammes avant d’aller les voir en concert.
2008 – Album CD – 666 Production
5,5/10

KRAKEN – Violence is truth only death is real…

Lundi, novembre 29th, 2010

Only Dès is real

Ce jeune groupe à la mode de Caen balance là son 1er MCD très rapidement après une démo (2008). De l’aveu même du groupe, la 1ere démo était perfectible, notamment du point de vue de la production. Ici la production est pas dégueu, surtout pour de l’autoproduction, même si dans ma caisse ça sonnait comme si un mauvais encodage avait été fait. En fait sur une bonne chaine ça sonne beaucoup mieux, même si les basses sont trop poussées en avant…peu importe, c’est pas le plus important dans la démo. Ça donne même un côté raw bien agressif et rentre dedans, son qui convient donc parfaitement au style. Le gratteux revendique des influences allant du thrash old school au revival en passant par tout le spectre du thrash moderne. Dans leur cas, on ne peut pas dire qu’ils soient franchement dans un style ou un autre. C’est pas old school, mais pas moderne non plus. Disons que leur thrash est bourrin et rentre dedans sans donner dans le mélodique, basé sur la rythmique carrée et rapide, ponctuée ici et là par quelques solii qui parfois manquent hélas de fluidité. Pas de mélodie donc, mais une paire de riffs à te démembrer le fion comme dans Bloody slicer ou l’excellent et très nerveux Hell’s gate. La voix quant à elle est dans un registre core qui en rebutera certainement plus d’un, mais qui sera la seule touche thrashcore du groupe. Quelques fortes redondances dans certains titres au fil des écoutes, mais y’a des idées à mettre à profit et vu certains riffs décochés, on peut espérer par la suite des titres qui défoncent tout.
2009 – MCD – Autoproduction
6/10

314 PROJECT – Interview 2010

Jeudi, novembre 25th, 2010


314 PROJECT
est un de ces nouveaux groupes qui brouille les genres en proposant leur premier MCD autoproduit, mélangeant le thrash et le power saupoudré de stoner. Le résultat est énergique et résolument moderne, et c’est Simon, le batteur, qui a en charge de défendre le bébé. Interview faite fin de l’été 2010 par mail.

 

1- Salut les gars… Alors les retours, ça donne quoi? La presse est en effervescence? Et les auditeurs lambda vont ils assailli de mails d’encouragements?

Hé ben je peux toujours faire les courses peinard et me balader sans signer 3000 autographes héhé. J’ai quand même croisé quelques personnes qui m’ont dit du bien de l’EP et des concerts. On a eu des bons commentaires myspace aussi ! Pour les critiques de notre EP Decieve the Crooks, On a eu de tout. Du très bon de A à Z comme du mauvais (dans une moindre proportion). On apprend vite à reconnaitre ce qu’il y a à prendre et à laisser, ce qui peut nous aider, et ce (bon comme mauvais) qui n’est pas toujours justifié…

 

2- Je pense qu’on ne va pas couper à l’explication de texte… pourquoi 314 PROJECT? Et pourquoi pas 421? C’est le nombre de projets faits auparavant? Allez, dites nous tout.

Elle ne va pas être bien longue l’ explication de texte ! Il nous fallait un nom très rapidement car on était pris par le temps dans le cadre d’un concours, et c’est sans trop réfléchir et en s’inspirant du surnom du guitariste instigateur du projet (Pi donc) que 314 PROJECT est ressorti.

 

3- La bio fait état du projet comme étant issu de l’esprit du gratteux… quel est le but avec ce groupe, la volonté et les ambitions affichées? Avoir SLAYER en 1ere partie? Ou juste pouvoir torcher des binouzes avec des potes pendant des rehearsals? Quel est le degré d’investissement de chacun et jusqu’où êtes vous prêts à aller pour porter le groupe vers la gloire?

Oui c’est Pi qui nous a réuni autour de ses riffs. On se connaissait déjà presque tous, donc pas de problème pour s’entendre. Surtout que c’est au départ un side project. On veux bien sûre mener 314 aussi loin que possible, mais en rigolant. C’est pourquoi on confie tout ce qui n’est pas d’aspect musical à notre manageuse Laure (Pi met aussi la main à la pâte de temps en temps). C’est royal !En tout cas on sait garder les pieds sur terre, on ne s’imagine pas tourner comme GOJIRA, mais on espère faire de bonnes premières parties, quelques road trips et avoir des tas d’occase de faire la fête !

 

4- Comment définissez vous la zique du groupe? Si des groupes vous influencent particulièrement, citez les. Au niveau composition, est-ce que Pi impose ce qu’il écrit, les autres exécutent, ou bien est-ce créé collégialement avec vote dans une urne pour respecter la démocratie?

Aujourd’hui c’est difficile de mettre des étiquettes. Au fil du temps les noms de styles ne désignent plus la même chose ! Puisqu’il faut répondre, je dirais Thrash Death moderne. Pour composer, Pi enregistre les riffs qu’on trie selon notre goût. Il ne nous a pas imposé quoi que ce soit. C’est même à peine si il connaissait mes parties de batterie avant l’enregistrement (on a été short pour répéter !). On ne s’est jamais pris la tête collectivement jusqu’ici, ambiance détente !

 

5- De quoi traitent les textes? Qui s’y colle? Apparemment il y a deux chanteurs, alors comment est décidé qui doit chanter quoi? Est-ce que cette ambivalence vocale influe sur l’écriture des textes? Est-ce que chacun a une particularité? Et en live, ils se font pas chier en attendant leur tour pour beugler?

Les textes traitent généralement de l’ambiance du moment et du ressenti qu’ils ont par rapport a un morceau en particulier, ils bossent en connivence permanente , autant dans l’écriture des textes que des lignes de chants a proprement parler. Chacun a une particularité? Bien sûr que oui sinon le concept même de deux chants serait inutile ! Et cette particularité réside essentiellement dans leurs grains de voix respectifs…pas dans l’écriture. Et sur scène , vu qu’ils ont fait leur job ensemble , les parties sont écrites pour que personnes n’ai le temps de se faire chier, elles sont plutôt faites pour se compléter dans leur globalité.

 

6- Comment ça se passe en live? Vous avez fait des premières parties intéressantes? Des anecdotes fumeuses ou fumantes à nous raconter? Avez-vous joué à l’étranger, si non quel serait le pays de prédilection où vous aimeriez jouer et pourquoi?

A vrai dire on a pas beaucoup joué pour le moment, le groupe n’a pas encore 1 an. On a fait 4 concerts dont un plateau avec MUMAKIL, mais le plus intéressant reste à venir, surveillez nous après la rentrée ! Pour le moment on est pas allé à l’étranger, mais une petite tournée en Scandinavie ça ferait bien plaisir ! L’air pur, les grands espaces, les grandes blondes etc…

 

7- Le metal comment vous y êtes venus? C’est du fun, un état d’esprit ou une religion? Ça implique quoi pour vous d’être metalleux : ne pas se coiffer pour montrer sa rébellion, ou un investissement plus personnel ?

Comme tous les « metalleux », je ne pense pas en être un. Je n’essaie pas de me comparer ni de trouver des points communs avec eux. Surtout, je n’écoute pas que du metal. Ma façon de penser n’est pas basée sur ce que j’écoute, ou sur les idées de mes groupes préféré. Par contre, ce que j’écoute reflète ma façon de penser. En vérité je défends à peine le metal auprès des gens qui ne connaissent pas ou qui en ont une idée clichée. En tout cas, je crois pouvoir dire que les métalleux se plaisent à se sentir autant incompris et différents que leur musique. D’où peut être l’aspect communautaire du metal en général.

 

8- Il semblerait que certains soient impliqués dans d’autres formations? Quelles sont-elles et quel est la priorité du 314 PROJECT dans tout ça? À part jouer avec d’autres personnes y’a-t-il un réel intérêt à multiplier les groupes? Pourquoi ne pas tout fondre dans un seul groupe, quitte à ce que ce soit le bordel mais un bordel original?

Nos autres groupes : GOD DAMN, ANNA, MITHRIDATIC, DEPTH, ADDICTED, PI, POTENCE. Ce serait trop long de résumer qui joue dans quoi, fouillez sur myspace ! Comme j’ai dit plus haut, 314 est un side project car on était/est toujours tous déjà pas mal occupé musicalement. Mais puisque Laure nous manage, ça réduit énormément le taux d’investissement de chacun. Du coup 314 pourra sûrement se développer comme un groupe principal. Finalement, tant mieux ! Je suis très content de jouer dans un 3ème projet. Un autre projet, c’est toujours une autre façon de voir les choses, une autre ambiance, une occase de rencontrer d’autres personnes…. J’ai appris beaucoup grâce à eux, autant humainement que sur le milieu de la scène metal. Puis changer de style fait progresser sur son instrument, et jouer avec les copains c’est irremplaçable pour moi. Sur ce qui est de faire un groupe de 20 personnes : non ! Mais faire quelques feat avec nos autres potes, pourquoi pas !

 

9- Quelle relation entretenez-vous avec l’underground? Êtes vous des fervents supporters de démos K7/cdr? Lisez vous des fanzines? Ou alors tout ça c’est dépassé, vous préférez investir vos thunes dans la bière et les clopes? Est-ce un milieu que vous voulez quitter au plus vite pour être sous les feux de la rampe…après tout, et surtout en France, UG rime souvent avec amateurisme et implication boiteuse…

Pour l’instant on baigne underground avec tous nos groupes même si certains (comme les GOD DAMN) commencent à sortir la tête de l’eau. Je ne lis pas les fanzines, mais j’achète du merch quand le groupe vaut le coup. Perso, je ne joue pas que pour le fun, j’ai la réelle volonté de sortir mes groupes de l’underground. Non pas pour être sous les projecteurs, mais pour partager une musique en laquelle je crois, pour faire valoir notre travail, pour bénéficier de bonnes conditions de jeu, passer de bons moment, et prendre quelques thunes au passage parce que merde ! il y en a marre de perdre du fric avec la musique ! Comme tu dis, l’amateurisme est très présent en France. C’est très bien, nécessaire même. D’un autre côté, la multiplication de groupes « jouant pour le fun »  rend la tâche très difficile aux projets plus sérieux qui on pour but de percer. D’autant plus en France où on ne paie que très rarement les groupes de metal. Comment faire valoir qu’on ne joue pas pour s’amuser quand on fait une musique underground ? En tout cas, la qualité du groupe ne suffit pas.

 

10- C’est déjà fini, mais vous avez encore une chance d’exprimer tout ce que vous voulez…

Et bien merci à toi ! Puis, toi publique, achètes le merchandising des petits groupes que t’aimes (un exemple au hasard : Decieve The Crooks de 314 PROJECT), car c’est grâce à ça qu’ils peuvent continuer! Ciao !

314 PROJECT – Deceive the crooks

Lundi, novembre 22nd, 2010

1 2 3 soleil

La scène lyonnaise est en effervescence, encore un petit nouveau jeté dans l’arène du metal moderne. Certains membres sont issus de divers combos pataugeant dans les tréfonds de l’UG, ce qui apporte une maîtrise certaine des instruments et un bon sens des compositions dans cet EP aux allures de carte de visite. Première bonne impression, la production est bien calibrée, même si perfectible, parfait équilibrage entre les cordes, la batterie et les voix. Les grattes sont assez épaisses tout en restant tranchantes, mais elles auraient gagné à être propulsées un peu plus sur le devant pour se démarquer, car par moment on en prends de tous les côtés et se raccrocher au riffing aurait été bien vu. Globalement le groupe délivre un thrash moderne abondamment coupé au death (tout aussi moderne) dans lequel ils ont injecté des choses dérivées des scènes néo (des parties de chants ici et là) qui contribuent même à relever agréablement le niveau en induisant des parties mélodiques excellentes (si j’osais je dirais que des traces de stoner sont à noter au détour de quelques riffs aux relents finement rock’n'roll). Notamment le début de Backdraft ou encore les refrains de Straight to violence, choses qu’ils auraient du exploiter beaucoup plus. Ce sont d’ailleurs ces deux titres qui sortent du lot par leur lot de riffs plus accrocheurs doublés de parties de batteries plus bourrines. Ce genre de groupe doit prendre plus d’ampleur en live, notamment grâce à deux chanteurs, mais sur ce CD, dommage que les timbres de voix ne soient pas plus différenciés, les deux officiant dans des gammes hurlées où quelques voix death peu gutturales interviennent. Un peu de whisky et de cigares et ça devrait le faire. Un EP qui laisse entrevoir de bonnes choses, malgré des compositions beaucoup trop proche de ce qu’il se fait actuellement dans le même créneau.
2010 – MCD – Autoproduction
6/10

SONS OF SECRET – Interview 2010

Lundi, novembre 1st, 2010

Fait en début 2010, je ne sais plus quand exactement, mais on s’en fout pas mal… Dialogue animé (fautes d’orthographes d’origine) avec le groupe suite à la sortie de son premier album autoproduit The dancefloor killers

 

Salut les fils du secret! Bon déjà c’est quoi ce nom de groupe? Vous êtes tous issus du même secret? Frères de secret? Mais de quel secret parle-t-on?

Doug : Ma maman elle m’a dit de pas le dire !!!
Pierre : L’avantage de ce nom c’est qu’on peut y mettre tout ce qu’on veut selon l’humeur du moment. Hier ce nom avait une certaine signification, demain il en aura une autre, ça nous permet de pas se limiter, on pourrait construire un concept album autour de ça, etc… mais avant tout ça image bien notre état d’esprit : si on s’était appelé CANNIBAL CORPSE ça aurait renvoyé l’imaginaire des gens vers une musique moins groovy, non ?

 

Quels ont été les retours concernant le 1er album? Les zines et le public ont ils tous été réceptifs? Et puisque vous avez du recul vu que c’est sorti il y a quelques temps êtes-vous pleinement satisfait de l’album?

Antoine : On est forcément fier, mais on ne sera jamais satisfaits à 100%. Pour ce qui est des retours ça reste positif dans l’ensemble même si il en ressort qu’on n’assume pas forcément nos délires à fond et le prochain album en préparation ira dans ce sens.
Doug : Avec le recul on s’est rendu compte des erreurs et ça nous a permis d’apprendre beaucoup.

 

Racontez moi l’histoire du groupe… récemment le batteur a été remercié… Il était fan de zouk et ça le faisait pas? Est-ce que le line-up a pu se stabiliser depuis?

Pierre : Bah on cherchait un moyen d’attirer les filles, on s’est rendu compte qu’attraper les oiseaux avec du sel ça marchait pas bien, on a donc monté ce groupe.
Antoine : Pour Seb notre ancien batteur si il avait été fan de zouk on l’aurait peut être gardé.
Doug : On en était arrivé à un moment où les objectifs du groupe n’étaient pas ceux de Seb voila tout. Depuis on joue avec Raph, ça le fait, on progresse vite, l’ambiance y est, on verra dans quelques temps pour dire si le line-up est stable.

 

Avez-vous démarché des labels pour la sortie de l’album? Penses tu qu’un groupe UG ait besoin d’une structure pour se développer convenablement? À voir l’exemple de INHUMATE qui s’en sort très bien tant au niveau prod et vente que organisation de concert… un exemple à suivre?

Pierre : L’objectif du premier album était de commencer gentiment à se faire une petite place sur la scène UG comme tu dis (c’est over branchouille comme expression). On a pas spécialement cherché de labels mais on s’est fait des contacts intéressants qu’on garde au creux de l’aisselle pour le second album. Pour INHUMATE, on comprend leurs choix et leur activisme force le respect mais ce ne sont pas les projets qu’on a pour le groupe, il nous faudra un jour ou l’autre une structure pour avancer tout au moins en matière de distribution.

 

Parlez moi de la composition des titres. Ça doit être chaud de créer des chansons qui empilent des passages assez éloignés de la zique traditionnelle (je pense au titre à propos de la télé réalité) ou alors avec des cassures structurelles permanentes. Travail collectif ou y a-t-il un tyran qui gère tout? Qu’est-ce que vous avez à l’esprit en construisant vos titres : créer une atmosphère, l’éclate, la scène, épater les filles?

Antoine : Storm troopers.
Pierre : Je crois pas que c’est la réponse qu’il attend, Doug démerde toi !!!
Doug : Ouin… L’objectif c’est de faire la musique qui nous plait et bizarrement, comme on est des comiques troupiers c’est pas si dur de faire des chansons déstructurés.
Pierre : Ça part de pas mal de délires en fait et derrière Ben le grand tyran de l’histoire, qui compose actuellement le 26ème album du groupe avec un orchestre symphonique de 121,5 personnes (y a passe-partout qui chante), structure les idées et arrange les morceaux. Actuellement nos chansons tendrait plus à retranscrire en musique des scènes qu’on s’imagine, c’est notre côté cinéphage qui ressort.

 

On dirait que le groupe n’est composé exclusivement que de banquiers. Alors comme ça on se la flambe en costard cravate? Un look dans le metal quel qu’il soit, baggy qui pend caca dans le froc, corpse paint pinder circus, touche hardcoreux crapoteux miséreux, tout ce beau bordel a t il un impact sur ce que véhicule un groupe? Une musique se suffit elle ou alors tout ce qui gravite autour,  aussi bien l’image des membres que les artworks, a aussi son importance?

Pierre : Oui, question suivante !!!
Antoine : Vu qu’on a pris le parti de créer une image autour du groupe, c’est évident que pour nous le visuel est important. Les gens connaissent pas forcément nos visages mais dès qu’ils voient 5 mecs en costard cravate sur scène ils savent que c’est nous.
Doug : C’est un moyen de bien marqué la différence entre ce qu’on est à la ville et ce qu’on est sur scène.

 

Pouvez-vous nous faire un tour d’horizon des titres et au delà de ça ce que vous voulez faire passer comme message, s’il y en a un… et puis c’est quoi le problème avec les teckels? Vous préférez peut être les caniches?

Antoine : Teckel ou caniche, même combat.
Pierre : Pour une fois je crois que je vais répondre sérieusement à cette question héhé… Que ce soit les teckels, la télé-réalité, les modes mort-nées et « les tourments insondable de l’âme humaine », le message à retenir c’est qu’on a juste envie de se défouler et vaut mieux faire ça par le biais d’une musique violente que part une vraie attitude violente. On est pas des donneurs de leçon, on fait ni dans la propagande, ni dans le prosélytisme. Je vais utiliser une phrase qu’avait dit Max d’EMBRYONIC CELLS pour une question similaire :je paye mes factures, un mec me fait comprendre qu’il veut me casser la gueule, je me fais pas justice moi même, un teckel aboie, je l’égorge pas, etc… Et pour illustrer mes propos il suffit de se référer aux paroles de l’album avec cette phrase qui revient dans plusieurs chansons : « I need a target to engulf my rage ».
Doug : Je pense qu’on a pas véritablement de message a faire passer via notre musique mais plus un sentiment ou ressentis sur l’actualité et les sujets qui nous passionne (comme les mamies!! heu les teckels). On peut dire que chaque chanson est un film, avec son scenario propre (et dégueulasse parfois), sans opinion engagé comme mon pote Romero peut le faire…

 

J’ai comme l’impression que le cinéma, notamment de genre, a une influence sur le groupe. Les zombies semblent remporte la palme… fans de Fulci? Quel est selon toi le meilleur film de zombies? Pour ma part l’inépuisable Night of the living dead mais aussi le troublant I zombie, chronicle of pain pour son approche individuelle… à part les zombies (et Russ Meyer), pas d’autres préférences?

Doug : C’est ce qui nous rassemble je crois le cinéma porn… d’auteur!! C’est vrai que les séries Z on en mangerai bien tous les jours… pour ma part les zombies c’est un pur kiffe et je te conseil LE FILM DE TOUTE L’HISTOIRE Le lac des mort vivants (prépare toi quand même deux ou trois cafetières avant le visionnage).
Pierre : T’as touché dans le mille. Dans le groupe on est plus à même de se retrouver autour d’un bon film que d’un album. C’est cette approche cinématographique qu’on essaye d’apporter à notre musique. Pour les zombies, effectivement c’est un fil rouge. Tout comme le premier album le second contiendra un morceau sur les zombies qui risque d’être « caliente »… Mais on peut citer aussi l’univers Tarantino qui pour moi est la plus grosse influence qu’on est, les John Carpenter, etc… Sinon le meilleur film de zombie c’est Le Lac Maudit de Jean Rollin mouhahahahahaha (big up à Cof d’HYSTHERESY)

 

Parle moi de votre enregistrement… comment en êtes vous arrivés à collaborer avec Axel Wursthom? Satisfaits? C’était studieux / pro ou déconne / porno / bière pendant la session?

Pierre : Axel c’est chargé du mastering donc on a échangé que via nos mails. L’enregistrement et le mix quant à eux se sont fait au AT-OHM STUDIO de Seb Brodart qui est situé dans l’Aube. C’était à la fois studieux et déconne, nos consommation de cigarettes, de bière et de café ont explosés !!! Mais Seb a fait un super boulot, très pro tout en restant cool.

 

Comment est venu l’idée d’avoir les invités? Les titres étaient écrits spécialement pour eux. Ont il suivis vos idées ou ont ils apporté leur touche?

Doug : En fait je lisais un bouquin et paf! Ou je regardais un film po…lonais je sais plus mais sûr on ne les a pas écrites spécialement pour eux. Après si je me trompe pas ils ont plus ou moins apporté leur touche personnelle.
Antoine : Les titres étaient déjà écrits avant de savoir qu’il y aurait des invités pour l’enregistrement, par exemple contagion est le tout premier morceau du groupe qui a donc plus de 2 ans aujourd’hui. Chaque invités a apporté sa touche perso aux chansons, ils étaient assez libre pendant l’enregistrement. On leur expliquait en gros comment on voyait les choses et après c’était carte blanche pour eux.
Pierre : à chaque invité sa petite histoire : Djej est l’ancien frontman de FIXXX, qui m’avait invité à chanter sur un de leurs morceaux, je lui ai donc rendu la pareil sur Contagion. Pour Arno c’est simple, CARNIVAL IN COAL fait pour nous parti des meilleurs groupes qu’on a en France (derrière Chantal Goya et Enrico Macias) donc on lui a envoyé un mail et il a accepté de venir chanter sur Z. Enfin pour Jérôme, c’est une blague entre WILD KARNIVOR et nous, concernant la panne d’un camion pendant une tournée… On leur avait dit qu’on en ferait une chanson, ça a donné On The Road Again et on a poussé le vice en invitant Jérôme. Chaque chanteur a fait ses lignes à sa sauce en s’inspirant de nos suggestions.

 

SOS est il un groupe de scène? Arrivez vous à bouger les amorphes français? Avez vous pu vous produire à l’étranger? Quels pays vous brancherez?

Antoine : Oui sans conteste nous sommes un groupe de scène. A la base le groupe fut créé pour nous permettre de faire des concerts. Nous n’avons pas encore pu jouer à l’étranger mais moi la Belgique, l’Allemagne ou l’Autriche sont des pays qui me botteraient bien.
Doug : Sur scène on peut vraiment se lâcher mais le studio permet une autre éclate et une approche différente des chansons. Quant au popotins des Francais c’est épidémique sa dépend les villes, le nord étant plus propice au headbanging national. D’ailleurs aller en Allemagne pourquoi pas ça a au moins la réput’ de bouger…
Pierre : à la base on a fait ça pour les concerts, d’ailleurs notre premier show a eu lieu 3 mois après la première répète, mais une fois gouté aux joies de l’enregistrement, là comme Doug je dirais que c’est une autre forme d’éclate. De toute façon à notre échelle si ça reste pas fun ça sert strictement à rien. Pour revenir aux concerts, faut avouer qu’on évolue dans un style un peu particulier et il se trouve qu’on est souvent la « bête de foire » de la soirée, c’est à double tranchant, sois les gens accroche et bouge avec nous, soit ils vont boire une mousse et attendent le groupe suivant.

 

J’ai vu que tu pactisais avec l’ennemi en ayant un blog via skyblog. De plus j’ai remarqué que dans tes liens commerciaux on parlait pornographie et cure d’amaigrissement. Y’aurait-il un message subliminal comme quoi seuls les anorexiques pourraient s’adonner à l’exhibition éhontée de leurs trous et que les pauvres obèses seraient ainsi privés de toute sexualité déviante et outrancière? Alors?

Doug : Je laisse le soin de répandre la propagande au webmaster…
Antoine : Skyblog c’est pour être over-branchouille auprès des jeunes à mèches rebelles !!
Pierre : A la base c’est plus pour le public local. C’est important pour un groupe d’avoir un réseau, sans parler de fans pour autant, mais de gens qui aiment bien. Myspace ouvre une grande ouverture sur le pays et plus encore, mais notre utilisation du skyblog c’était plus vis-à-vis des troyens qui semblaient être plus branché sur sky que myspace. Maintenant la tendance change un peu, mais on alimente régulièrement toutes nos pages, comme ça on se dit qu’on oublie personnes. Sinon niveau liens commerciaux, myspace fait pire je trouve, mais je vais pas polémiquer là-dessus, on a des espaces gratuits et fonctionnels, ça arrange un peu tout le monde, donc toutes les pubs, à force j’y fait plus gaffe. (tiens Germaine me propose une voyance gratuite qui me fera perdre 30 Kg en deux jours grâce au best of de MICKAEL JACKSON en sonnerie sur mon Iphoune…dingue non !!!)

 

Raconte moi ta région… le champagne, les andouillettes, et puis le metal dans tout ça? À part les black metalleux de EMBRYONIC CELLS, que peut-on y découvrir comme groupe prometteur? Peut on parler de scène troyenne ou faites vous partie de l’infâme scène parisienne malgré vous?

Antoine : Le terme Champagne-Ardenne s’explique par le fait que la région est issue en grande partie de l’ancienne province de Champagne ainsi que de divers petits territoires dans la vallée de la Meuse dans le massif de l’Ardenne. La Botte de Givet est d’ailleurs de culture wallone.
Doug : Sur un plan purement métaphysique, je dirai que l’approche triviale de la scene locale est pour le moins chanboulantesque (c’est beau). Plus sérieusement il y a quelques groupes sympa si si , ah Pierre tu sais l’aut’ groupe la merde…. Vas y toi.
Pierre : On a une tripoté de bons groupes part chez nous, je parlerais plus de la scène troyenne, qui compte dans ses rangs EMBRYONIC CELLS bien sur, mais aussi HYSTHERESY et leur death-mélodique, VISCERAL DISSECTION qui fait dans le brutal death ou bien DJENAH et son metal moderne. Ça c’est pour les plus gros, mais y a aussi tripoté de petits groupes qui font les frais d’une politique culturelle déplorable, et quand en plus aucun bar ne veut de nous bah, ça devient un vrai sacerdoce. De ce fait la scène troyenne m’a l’air quand même vachement solidaire, tant au niveau des groupes que du public, mais encore une fois, l’image du metal pour certain, se réduit à des ivrognes chevelus qui cassent tout, même pour nous qui faisons un truc soft… A nous de nous faire accepter.

 

Qu’est-ce qu’on écoute en secret chez les fils? Du metal plutôt moderne ou du old school? Y’a t il d’ailleurs une limite au metal ou la polka et le hip hop trouvent grâce à vos oreilles?

Doug : On a tous nos préférences, mais l’une fait l’unanimité, c’est les 80′s. Ça c’est du bon son pour dans tes oreilles : ils t’entrainent au bout de la nuit, mais qui, les démons de minuit, a vous!! Pour ma part seul le rap, r’n'b et compagnie n’a pas grâce a mes oreilles, beurk.
Antoine : On écoute tous un peu de tout, mi j’aime bien des trucs comme les RED HOT, JAMIROQUAI et ce qui groove. Mais j’écoute aussi beaucoup de métal en général.
Pierre : Je dirais que comme Doug, on se retrouve autour du son eighties, le bon vieux son Marshall d’un Reign in blood ou d’un Refuse/resist. Y a PANTERA aussi !!! Sinon en plus moderne, on peut citer DREAM THEATER, OPETH, PORCUPINE TREE, enfin pour ma part je me régale avec le thrash moderne ou les trucs bien barré, dernières découvertes INSANE et DADABOVIC… et c’est français môssieur !!! Haaaa et puis on a aussi un batteur fan de grind, hardcore, free jazz… bref un poète !!!

 

I send a SOS to the world! Allez hop à toi de finir discofunky!

Doug: M’en vais choquer la Denise!!!!!!!
Pierre : La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l’œuvre du Malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre, de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi, s’abattra la vengeance du Tout-Puissant !