Postcore

...now browsing by category

 

KLONE – The dreamer’s hideaway

Samedi, janvier 26th, 2013

Kloklone (sans les klonettes)

Cette fois c’est le monde qu’ils veulent conquérir. C’est dire si le groupe fonde de gros espoirs sur le présent album. Entre nous, ils peuvent tout se permettre, car là c’est de la grosse bombe. Le précédent EP Eye of the needle présentait une évolution, montrant une facette du groupe très atmosphérique (je vous passe le camion d’adjectifs sur la bio), aux ambiances mélancoliques et planantes, un mélange d’agressivité contenue, mais affleurant toujours sous la surface mélodique, et de moments plus progressifs. Ambiance est bien le maître mot de l’album : c’en est fini des débuts purement metal, ici on plonge dans les eaux troubles d’une espèce de mal-être désabusé et diffus. Les guitares lead entretiennent bien ce sentiment brumeux, le même qu’on peut avoir le matin la tête dans le pâté (ou autre part), une douce confusion éthérée appuyée par l’ensemble des musiciens proposant des rythmes lancinants. Et puis surtout, il y a ce chant omniprésent, un chant en or, le genre de voix toujours entre deux eaux, ni vraiment claire ni vraiment gueulée, qui prend littéralement aux tripes (Into the void et Siren’s song ont des refrains à filer des frissons surtout sur les passages à deux voix). Une réelle osmose se créé entre cette voix magique et l’instrumentation, l’un ne peut pas aller sans l’autre, le départ d’un zicos ferait s’effondrer l’édifice. Tout est bon pour enrichir leur zique, des légères nappes de synthé au saxo (pas assez présent hélas), mais pour les autres instruments mentionnés, mon oreille absolue-ment bouchée ne suffit pas. Par contre j’ai encore entendu du TOOL, mais on échappe aux plans masturbatoires et imbitables des ricains, et aussi une ligne de basse rappelant un thème de Blade Runner (VANGELIS). Amusant n’est-ce pas ? Non, moi non plus ça ne me fait pas rire en fait, c’est l’ambiance du CD qui veut ça, et ça ne me déplait pas, bien au contraire. Une évolution constante et intelligente amène les Français vers l’excellence, mais en s’éloignant petit à petit de leur base metal. En sacrifiant l’agressivité à l’atmosphère. Un mal pour un bien.
2012 – Album CD – Klonosphère Propagande
8/10

MEMORIES OF DEAD MAN – V.I.T.R.I.O.L.

Jeudi, octobre 4th, 2012

Devoir de mémoire

Il se passe quoi quand on mélange du stoner, du doom et du postcore ? On dirait bien que la solution se trouve dans cette galette. Il n’aura pas fallu longtemps (4 ans et 3 sorties) à l’équipe (oué ils sont 6) pour pondre un album remarquable au style très personnel, à cheval entre les sentiments mêlés du metal, entre lourdeur pachydermique et agressivité larvée, et les fondements plus subtils du postcore, cette engeance bâtarde qui agrippe l’auditeur avec des mélodies de guitare aux sonorités cristallines, pour mieux le concasser entre des riffs et des tempos pesants. Tout un programme, bien chargé, un peu trop par moment car on a tendance à se sentir balloté entre différentes mouvances pour ne pas dire tout simplement différentes atmosphères connexes certes mais les sentiments sont finalement très différents. Chants clairs féminin et masculin (putain ce chant dans Insomniac est tout bonnement captivant mais trop court!), voix growlée avec diverses tonalités, tout est fait pour apporter des variations absolument imparables qui sont autant d’accroches pour les amateurs des styles sus-mentionnés. À l’image des compositions variées donc, mais sur ce socle postcore qui rappelle une référence du genre, à savoir CULT OF LUNA, sans repomper le culte cependant, et en y apportant ces variations qui déstabilisent au départ, qui emportent la mise au finale. Des titres qui misent plus sur l’émotion, ce qui n’efface pas la facette agressive du groupe. Niveau riff c’est toujours efficace, avec des mélodies glissées ici et là pour bien montrer qu’ils ont un cœur gros comme ça, mais on atteint vraiment le sublime sur Diving bell and butterfly avec une mélodie qui vient te tréfouiller jusqu’aux tréfonds du bide. Un groupe qui fait briller l’étoile de ce genre musical souvent hanté par des pédales qui privilégient les mélodies de chochotte aux grattes bien tranchantes, et qui crient comme si on leur… bon… bref. Non là les types savent poser leurs couilles sur la table. Mais avec du style.
2012 – Album CD – Klonosphère Propagande
7,5/10

KLONE – The eye of needle

Mercredi, mai 2nd, 2012

Copyright Ken Follett

KLONE pratique une musique à émotions. C’est pas de moi, c’est d’eux. Ils doivent en susciter pas mal avec succès car de groupe autoproduit, deux albums ont vu le jour ensuite chez SOM. Situer le groupe c’est à coup sûr se planter, car cette nouvelle scène metal prend un malin plaisir à brouiller les pistes, entre postcore, metal rock aérien, metal néo thrash, bref un fourbi pas possible à tenter de cerner mais qui accouche d’une chose compacte, pas du tout un copié collé de divers genres ou écoles ou tendances… Tout en prenant dans les différents styles, KLONE arrive a rester en dehors de ces styles, même si on peut les comparer de manière réductrice à ses copains assis sur la même branche postcore. L’orientation du MCD est résolument aérienne, malgré des guitares bien lourdes qui t’embrouillent les idées dès le 1er titre de 10 minutes, une antinomie entre le fond et la forme, un caractère pesant mais qui libère l’esprit. Et putain ce saxo qui arrive à point nommé, que ne fut-il point utilisé plus souvent. La deuxième chanson est d’après semble-t-il la seconde partie du précédent titre, pourtant le rythme est un poil plus soutenu, mais avec un même rendu, des plages plus atmosphériques qui rapprocherait le groupe d’un TOOL des débuts, et avec de la mélodie, pas celle du bonheur, mais la petite qui accroche et fait toujours plaisir. Le dernier titre : changement radical, guitares bien plus burnées, rythmique plus agressive, on dirait du stoner sur le refrain (excellent), putain le retour sur terre est rude. Un inédit des sessions de leur album Black days. Le titre que je préfère car la césure entre les parties mélodiques/atmosphériques et celle couillues sont encore plus patentes. Ça riff sec et ce putain de chanteur a quand même une voix absolument excellente, la frontière est ténue entre son chant gueulée et son chant clair. De la bonne came, qui donne vraiment envie de se pencher sur l’œuvre du groupe. Pour info, une vidéo a été faite pour The eye of needle (pas le film avec Sutherland), qui devrait provoquer de bons trips si tu le mattes avec un bédo au coin du bec.
2012- MCD – Klonosphère/Customcore Records
7,5/10

NEPHALOKIA – Sunshine

Mardi, décembre 20th, 2011

Cult of suna

Et encore des jeunes aux dents longues chez KLONOSPHERE qui sort là, marque de fabrique du label, un groupe de metal moderne, seule étiquette convenable tant ce genre s’éloigne des classifications classiques actuelles, tout en empruntant à divers courant de multiples influences. Le mélange est ici bien branlé puisque la mixture prend bien. Pour l’ingrédient principal et le plus savoureux on retiendra le postcore mais très emprunt de metal moderne. Un abâtardissement de qualité qui laisse affleurer des influences métalliques diverses, le néo-thrash en tête, même si eux revendiquent le deathcore et sa brutalité, problème de référentiel certainement car la brutalité n’est pas ce qui m’a le plus marqué ici. En fait plus j’écoute leur album, plus ça me donne l’impression d’entendre une version d’un CULT OF LUNA qui n’aurait pas la volonté d’attendre, qui voudrait aller de suite au cœur de l’action, sans les interminables montées en puissance qui peuvent surtout endormir l’auditeur impatient. Non, ici, on va droit au but, directement dans les passages musclés, mais toujours tempérés par des riffs mélodiques et couillus, et, c’est là où ils sont bons, tout en maintenant une ambiance à la fois pesante et hargneuse. Mais c’est aussi là que le bât blesse car l’homogénéité de cette ambiance étouffe, on aurait envie que ça pète un bon coup, ou à l’inverse d’avoir des passages planants (seul le titre Passage répond en partie à mes attentes pour ça), car les rythmiques déstructurées en salve, c’est sympa, ça donne un côté très bulldozer, mais sur la longueur on a envie que le bull débraye et passe la seconde. Côté forme, c’est nickel, ça joue bien et c’est un régal à entendre grâce à la production puissante qui marie bien le couple batterie-guitares sans toutefois trop écraser la basse. Quant au chant, on reste dans des beuglements de bon aloi, par moment bien couplés au riffing, à d’autres moments entrainant et créant leur propre ligne, et dieu merci, ces bruits de gorge ne sont pas dans les aigües, sinon l’écoute en aurait été écourtée. L’incursion death (riff et voix gutturale) au début de Calvaire est monstrueuse, on est juste en droit de leur demander de réitérer ce genre de chose. Bon, tout ça pour dire que cet album est sympa même si des moments de folie et/ou de calme saupoudrés tout au long de l’album auraient été les bienvenus ; mais plus d’atouts que de griefs, et puis merde, le tout est servi dans un beau digipack, moi je craque.
2011 – Album CD – Klonosphère Propagande
6,5/10

KERRETTA – Vilayer

Dimanche, juillet 18th, 2010

Chante plus fort

Trois néo-zélandais composent KERRETTA, et balancent la purée de la manière la moins conventionnelle, ou plutôt de la façon la plus casse-gueule qui soit, à savoir par le biais d’une musique 100% instrumentale… argh…oué, c’est aussi ce que je me suis dit, car ça a intérêt à être sacrément inspiré au niveau des riffs ou ambiance pour captiver un auditeur sur 45 minutes. Leurs influences (avérées ou non, on s’en cogne, ce genre me dépasse totalement) se trouvent vers ISIS et MOGWAI, des pointures, donc les fans de ces groupes trépignent déjà d’impatience, la bave aux lèvres. Du postcore pur et pas très dur au final, mais suffisamment bien branlé pour susciter plus qu’un intérêt curieux. Ça joue de manière agréable combinant riffs aériens à certains passages plus musclés et appuyés par la batterie (qui est tout de même dans une tendance plus rock) et la gratte qui se fait en certains moments plus dure et finalement très metal. Les ambiances sont extrêmement agréables, pour ne pas dire reposantes, pas forcément ce qu’on attends quand on est fan d’extrême, mais quand on est tout simplement fan de musique, avoir cette facette planante est un régal car ça marche. Avec ce revers de médaille étant celui de laisser la zique se dérouler sans y prêter beaucoup d’attention…ce qui arrive fatalement au milieu de l’album malgré des titres intéressants, mais plus propices à un glissement de l’esprit sous substances illicites (avec l’excellent Dinshah par exemple). Le groupe montre une facette sur la fin de l’album largement plus intéressante au niveau émotionnel, avec White lie et son ambiance exotique, et agressive sur le début de Bone amber reigns où les guitares prennent un tour plus indus et vicieux, pour finalement retomber dans une ambiance plus plan-plan. Très intéressant musicalement même si par moment une voix gueularde aurait été bien venue, les rapprochant en ce sens d’un CULT OF LUNA, plus planant et plus détaché du tronc metal. À conseiller aux amateurs camés en recherche d’un fond sonore pour glisser en douceur d’un monde à l’autre.
2010 – Album CD/LP – Golden Antenna
7,5/10

DROWNING INTO SORROW – Volume 1

Dimanche, juillet 4th, 2010

PARADISE NOISE est un label UG (en stand by depuis) qui a décidé de se consacrer pleinement au doom et ses dérivés, sludge, drone, funeral etc. et comme beaucoup de label a décidé de se faire connaître par une compilation comportant des groupes somme toute ultra UG. Je vous embarque dans ce monde merveilleux, plutôt inconnu pour moi, mais qui ménagent de bonnes surprises.

*OCEAN : pari difficile que d’ouvrir la compil avec 14 minutes de doom/deah ultra pesant, très long, voir trop à mon goût. On s’attend par moment à ce que cela éclate à la manière d’un DISEMBOWELMENT…mais non. Le groupe bénéficie d’une bonne production permettant de goûter à quelques passages intéressants. Mais que c’est long…

*CENTRIFUGE : les 1eres notes m’ont rappelé l’excellent (mais défunt) LIKE PETER AT HOME . Riffs groovy et intéressants assez uniques qui restent cependant bien metal. Les voix alternent entre le clair et le plus écorché et j’ai vraiment cru que ce titre venait de chez nos compères espagnols. Excellent !

*SIRAFEX : Ouargh. La prod s’en est pris un bon coup dans le ratelier. La voix est très aiguë pour devenir plus hurlée alors que la zique se rapproche plus d’une musique coreuse. Mid tempo avec des rifs assez écrasant, titre honnête.

*ELECTRIC PRESS KIT : très agressif d’entrée avec des guitares aiguës on arrive à des riffs plutôt pas mal. Mais la voix punk m’a déplu, avec son grain je m’en foutiste. Les guitares sont bien présentes dans ce titre curieux mais intéressant.

*PLUTONIUM : titre qui semble construit comme une intro de démo ou d’album. Les riffs laissent entrevoir du très bon dans la mouvance black mais je ne pense pas que cette chanson soit appropriée pour découvrir le groupe.

*LIFE’S DECAY : excellent titre mélangeant la rythmique déstructurée indus au malaise du black metal.

*PARTNERS IN CRIME : postcore assez gras ; le chanteur semble avoir du mal à officier à son poste. Le titre bifurque vers un doom pesant à l’ambiance nocturne assez sympa.

*HORION : de la jungle ; c’est sympa mais on se demande ce que ça fout là.

*EQUILIBRIUM : l’entrée est assez menaçante entre le martèlement de la batterie et les riffs puissant présageant une montée qui ne viendra pas, le titre restant dans un mid tempo assez lourd.

*SOY BOMB : dès les 1ers coups de batterie je sais que je vais m’emmerder. Funeral doom hyper lent hyper chiant.

*PHILISTINE : des riffs plombés me sortent de ma torpeur. Le style pratiqué ici est une espèce de postcore bien viril et gras.

*VS THE STILLBORN MINDED : pour terminer quoi de mieux qu’un bon vieux doomcore des familles. Des accents un brin groovy contrebalancent la lourdeur des riffs.

Une compil très intéressante qui officie pleinement son rôle, c’est à dire de nous faire découvrir de petites formations, dont certaines avec un gros potentiel et qui, on l’espère, se retrouveront vite chroniquées dans nos pages.
2005 – Compilation CDr – Paradise Noise records
6,5/10