Pagan metal

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CATUVOLCUS – Gergovia

Mercredi, novembre 7th, 2012

Engagez-vous qu'ils disaient...

La Gaule : l’avoir ou pas telle est la question. Nos cousins québécois l’ont à bloc, depuis plusieurs années déjà, cette passion pour la Gaule, une passion bien dure et longue, déjà le 4e enregistrement et surtout le premier signé ! Mais n’est-ce pas has-been cette passion pour des Gaulois, même pas le luxe d’être des vikings, moins tendance, penses-tu, ils ont encore cette flamme que même en France nous n’avons plus, l’histoire de son propre pays c’est ringard et douteux. La thématique imprègne plus les textes que la zique, car c’est un black pagan furibard qui déboule dans nos esgourdes, avec finalement peu de passages acoustiques (avec ceci dit une intro et une outro très convaincantes au niveau ambiance) pour accentuer la plongée dans les entrailles du celtisme. Furibard c’est bien, pagan ça l’est moins car ça charrie toutes ces mélodies un brin faciles qui nous immergent dans une fête de la bière cantonale. De la cervoise je veux bien, mais pour la thématique bien précise de la bataille de Gergovie, ça le fait beaucoup moins. On a fort heureusement pas mal de passages foutrement efficaces, tel ce solo de basse magnifique (ce bassiste c’est une perle) suivi d’un solo exquis dans La colline de Chanturge, ou encore ces riffs enivrants dans la seconde partie de Littavitos, ce passage ultra épique de Impetus avec des chœurs impériaux… Bref, autant de moments fantastiques contrebalancés par d’autres plus long, non dénués d’intérêts, mais plus fade en regard du potentiel du groupe. Une chose surprenante : la production surboostée, presque trop propre, avec une batterie (on ne sait pas qui en joue ou la programme, aucun crédit pour cet illustre inconnu) trop en avant. Ça joue bien donc les zicos sont bien valorisés, mais un rendu plus crade aurait apporté un plus pour la retranscription du fait historique relaté ici. Un album burné mais qui privilégie la puissance de feu et les mélodies pagan à l’ambiance proprement dite ; ce n’est pas grave puisque cela a plus de chances de plaire, c’est juste dommage de verser dans la facilité du pagan tout terrain vu le potentiel du groupe.
2012 – Album CD – Deathbound Records
6,5/10

OBTEST – Gyvybes medis

Vendredi, octobre 15th, 2010

La claque

Popularisée par la distribution de baffes qui tourne au cauchemar, Vilnius pourrait maintenant être raccordée à quelque chose de moins pathétique mais d’au moins aussi énergique. Le combo lituanien ne m’avait pourtant pas accroché plus que ça il y a quelques années à l’écoute de leur 1er album, pas plus qu’avec leur dernier EP… Misère, il va falloir se replonger dans la discographie pour décortiquer tout ça. Le groupe a mis le paquet à tous les niveaux pour cet album, et on ne peut que féliciter OSMOSE de donner aux lituaniens la possibilité de franchir un nouveau palier que LEDO TAKAS ne pouvait leur offrir. Si on s’en tient à l’étiquette de base, on classerait cet album dans le rayon pagan/black et pourtant ce serait faux en parti et terriblement réducteur. Pagan assurément, black pas vraiment. Le groupe exalte forcément sa patrie, ses légendes, bref tout l’étalage guerrier et la fierté nationale qui font peur à la populace « cultivée » du vieux continent (pour rappel le groupe s’est vu interdire à Paris l’affichage de symboles supposés douteux par les organisateurs), sans pour autant verser dans l’extrémisme idéologique de bas étage. Le choix du chant dans la langue natale apporte un plus considérable, tant la rugosité slave se fait ressentir, et parfaitement mise en valeur par une voix au timbre forcé et abrasif. Musicalement ça tabasse. Tout le monde est parfaitement calé et le soliste omniprésent enrichit les structures par des solii ou des leads très mélodiques, de sorte qu’il s’accapare presque tous les titres, mais c’est tellement bon qu’on ne lui en tiendra pas rigueur ; du coup entre des riffs massifs et des parties mélodiques toujours accrocheuses, c’est le régal assuré. Cependant ça cogne, et jamais on ne verse dans la mièvrerie castratrice propre aux groupes de pagan « black » suédois, ici ça reste musclé et jamais efféminé. On notera un titre très heavy, Sakalo Vaikai, qui sonne presque comme un hommage au genre tant les grands canons au niveau rythmique sont respectés, pas mon préféré en grand non fan de heavy que je suis, mais pas du tout rebutant. Si l’ensemble se tient vraiment de manière au niveau qualité, deux titres se haussent encore au delà, à savoir Gyvybes Medis, monstrueux de puissance épique, et Azuolas, qui a une rythmique rapide mi-thrash mi-oï! qui ne laissera pas indifférent en concert. Un excellent album, parfaite introduction dans l’univers du metal slave, et aucune excuse pour télécharger puisque OSMOSE propose un digipack et LEDO TAKAS l’habituel digibook A5 enrichi de photos supplémentaires… Aucune excuse je te dis…
2008 – Album CD/LP – Osmose Productions & Ledo Takas
8/10

VALLAND – Valland

Vendredi, juillet 9th, 2010

Dans les champs de valland

Qu’est-ce que je peux détester cette putain de scène pagan parisienne. Bordel, je vais pas refaire mon laïus sur ces constipés gauchistes qui se pignolent sur un passé glorieux dont la disparition sous l’effort de la mondialisation autoflagellatrice concomitante à la dhimmitude ambiante ne suscite que peu de mots, quand la scène NS aborde les mêmes sujets, à savoir : no pasaran. Content de voir toutefois que VALLAND issu de la grande Putain hexagonale a le mérite de présenter un pagan se trimballant une paire de couilles gorgées du jus d’un black agressif qui redresse la situation et redonne les honneurs à ce style tout juste bon dans son ensemble à sonoriser les défilés de la gay-pride. Rien que pour l’utilisation magistrale de la veuze dans l’intro, ce putain de titre instrumental qui donne le ton sur un canevas simple mais ô combien efficace, il mérite des éloges. Là où d’autres zobs font sonner le bastringue pour la fête de la saucisse de leur bled, eux réussissent à donner un tour mélodique et épique, sans l’aspect joyeux inhérent à l’utilisation d’instruments folkloriques. Le groupe emprunte des sentiers plus black que pagan par la suite, on les remerciera de ne pas pousser les gémissements traditionnels de marins, quoique par moment des chœurs auraient rajouté une touche encore plus épique. L’aspect black est correct, bien bourrin (ça blast souvent sans toutefois rester lourdement dessus – en fait ce sont la voix et les riffs qui sont privilégiés tout au long de l’album) et pas trop mélodique (ce qui n’exclut pas de bons riffs), mais réserve de bonnes surprises sortant de l’aspect classique quand la fusion pagan/black est effective (Glorieux trépas). Quelques fois la veuze est réutilisée, de manière parcimonieuse, sans excès et à chaque fois de manière adéquate. De l’acoustique aurait été sympa pour coller plus au concept, peut être dans le futur quand la fureur aura été explorée et apaisée. Le pagan habille agréablement un corps trempé dans un black assez classique et d’école norvégienne mais de bonne facture, ce qui donne un album agréable, avec des percées monstrueuses (je ne me lasse pas de cette putain d’intro) qui laissent affleurer un potentiel certain pour le futur.
2010 – Album CD digipack – Autoproduction
7,5/10

BELENOS – Chemins de souffrance

Dimanche, juillet 4th, 2010

Faut souffrir pour être beau

Enfin un nouvel album pour le groupe breton réduit pour l’occasion à Loïc Cellier, fondateur du groupe, qui a fait un grand nettoyage tant au niveau du son et des compos que dans tout ce qui gravite autour du groupe, à savoir le line-up et le label. Primo, nettoyage par le vide : pour l’enregistrement du CD, tout a été fait par le sieur Cellier, même la batterie les cocos! Ensuite exit ADIPOCERE, bienvenu à NORTHERN SILENCE. Même si le choix du label n’apporte rien à l’album en soi, hormis une réelle distribution hors de l’hexagone, il serait temps, cela est réjouissant. Ce CD n’est pas un album en tant que tel même si l’unité sonore lie les titres entre eux, la différence entre les deux parties est tout de même notable. Je me souviens que le projet de réenregistrer Allégorie d’une souffrance était dans les tuyaux bien avant la sortie de Chants de bataille, et devait même en être un bonus du temps de SACRAL. Je ne suis pas un fervent partisan de faire du neuf avec du vieux, mais la relecture de la démo demeure intéressante. À la base le grain sale de la production originelle donnait un cachet sombre qui renforçait la mélancolie des ambiances et ajoutait la touche mystérieuse du black crasseux et obscur. Le son maintenant surpuissant (toujours Loïc derrière les manettes) enrichit considérablement les atmosphères et ce que les titres perdent en mélancolie ils le gagnent en fureur. Quelques riffs sont tournés d’une façon différente, ce qui peut choquer l’oreille du fan averti (c’est mon cas pour l’entrée de Funeste et hivernal). Mais quel plaisir de retrouver la touche du vieux BELENOS dans lequel le côté pagan n’était que ponctuel. La seconde partie a été la claque totale car c’est là que le groupe montre son nouveau visage, vraiment lavé des impuretés pagan. La barre est d’entrée de jeu placée très haute avec un magistral Barrad Du qui brasse des ambiances épiques, tragiques et surtout ultra bourrines. Un des meilleurs titres du groupe qui se renouvelle au niveau de la construction de ses structures et qui balance toujours des riffs monstrueux, sans parler des guitares lead excellentes. Les titres suivants vont enfoncer encore plus profond le clou, toujours avec des riffs excellents et surtout, le truc bandant, c’est que les parties mélancoliques refont leur apparition renouant avec le point fort du groupe à ses débuts. Je rassure les pagans urbains, les parties acoustiques et autres chœurs sont encore présents même si ce n’est plus que du ponctuel. BELENOS est bien présent, en forme malgré des aléas qui ont achevé plus d’un groupe, et montre là que non seulement il va durer mais qu’en plus il est toujours prêt à botter des culs. Indispensable!
2007 – Album CD/LP – Northern Silence Productions
8,5/10

AISLING – Tràth na gaoth

Mercredi, décembre 30th, 2009
Celtic canelloni

Celtic canelloni

Formé en 1998, le groupe enregistre rapidement une démo qui remporte un vif succès, car sold out très vite après sa parution. Vient ensuite un album auto produit. Après quelques changements de line up, le groupe sort ce mini cd, Tràth na gaoth, signé sur un label ESB, promouvant les groupes attachés à la culture de leur pays. Je vais commencer par la seule chose qui m’a déplu : a courte durée. Bon 15 minutes ça fait une durée correcte pour un MCD, mais à l’écoute de cette galette j’ai été extrêmement déçu de ne pas pouvoir m’en mettre plus entre les oreilles. Car la musique est excellente ! Le premier titre attaque de façon merveilleuse avec des tonnes d’arrangements superbes donnant le ton : une musique emprunte de relents black mais qui reste raffinée, grâce à l’utilisation subtile d’un synthé, de quelques voix féminines superbes, de riffs magnifiquement ciselés, et de parties de basse bien placées. Et surtout l’utilisation parcimonieuse d’instruments plus enchanteurs telle que cette flûte qui sublime le break dans le 1er titre ! On soupçonne à un endroit une trace d’influence du dernier OPERA IX, mais ce groupe a déjà sa propre personnalité. Le second titre fait office quant à lui d’excellent interlude instrumentale. Le synthé est à l’honneur, et encore une fois la flûte qui est décidément fort bien utilisée, renforcé par quelques violons superbes. Le dernier titre fait timidement penser à du LUX OCCULTA, voir à un groupe de true black symphonique…genre que AISLING s’approprie pour retomber sur une musique qui lui sied à merveille… Le combo prouve là que ses racines sont bien le black metal mais s’empresse d’ajouter les éléments qui lui sont propres (acoustique, chant féminins, synthés) sans oublier l’efficacité (notamment dans ce break mortel avec le couple basse batterie). Bref un excellent MCD d’un groupe qui se veut personnel (et qui l’est assurément) mais dommage que ce soit aussi court !!
2003 – MCD – East Border Sound
8/10