3 trains de retard pour ce groupe, je saute dans le dernier wagon pour découvrir si les banquettes valent bien tout le buzz qu’on fait autour. Modeste ignare que je suis, après 1 EP et deux albums qui font partie du culte de la scène parisienne, culte à prendre toujours avec le recul qu’il se doit par le bouseux provincial que j’incarne, je découvre avec bonheur et stupéfaction une musique qui désensable les portugaises des sceptiques et leur fait bouffer à défaut de morue les pissenlits par la racine. Alors ça donne quoi ? Un raffut pas possible très viril et qui suscite une envie : défoncer la gueule du 1er venu. Pourquoi? Parce que c’est comme ça, les décibels émises font bouillonner la testostérone (je m’adresse plus aux hardcoreux qu’aux metalleux hélas) et rester impassible relève de l’aboutissement d’une vie de méditation. J’ai trouvé dans les influences éparses des influences de THE HAUNTED à l’époque où ça sonnait encore metal, quelques relents des géniaux ESPRIT(s) DU CLAN pour le côté esprit de la rue, mais tout en restant dans un créneau largement plus metal. Des traces de hardcore oui, mais en parfaite osmose avec la violence metal. Ça riff à tour de bras, bien plus que dans les supposés groupe de death ou de black qui ont oublié que le metal c’était avant tout des guitares qui t’attrapent la tronche pour te retourner le cerveau. Par contre attention aux fautes de goût à force de vouloir attirer la ménagère de moins de 25 ans avec les passages en chant clair. Dès la 1ère chanson c’est incongru avec un refrain heureusement très court mais sonnant comme une improbable bande son de la Gay Pride, créneau plutôt pris par les suédois façon SOILWORK et cie. Mais par moment les chants clair vont aller jusqu’au sublime lors du génial Héros assassin. À vrai dire on passe par toutes les étapes avec les minima et maxima décrits précédemment en passant par le correct, le moyen et le dispensable tout au long de l’album. Tout ce fatras pour dire que quand ça gueule c’est quand même achement mieux. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là sur le net où n’importe quel tocard se sent l’âme d’un critique avec son sens raffiné de la formule hissant bien haut son inculture, la production est très bonne, carrée et puissante, mettant bien en valeur le tandem riff / voix. La batterie n’est pas en reste, sauf peut être au niveau des cymbales qui auraient certainement méritées d’être un chouïa plus en avant et plus aiguës. Affaire de goût certainement. Le mien ne fait pas office de loi, juste d’épine dans le pied. L’album va se conclure sur 3 titres particulièrement tendus, laissant planer un sentiment d’urgence, attends on a presque fini, bouge pas, on va te terminer en beauté coco, sur 3 titres on t’écrase la tronche comme il se faut mais on va revenir très vite. Je l’espère, je vous attends de pied ferme.
2009 – Album CD – Season of Mist
8/10
Hardcore & assimilés
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THE ARRS – Héros assassin
Mercredi, novembre 10th, 2010
DROWNING INTO SORROW – Volume 1
Dimanche, juillet 4th, 2010
PARADISE NOISE est un label UG (en stand by depuis) qui a décidé de se consacrer pleinement au doom et ses dérivés, sludge, drone, funeral etc. et comme beaucoup de label a décidé de se faire connaître par une compilation comportant des groupes somme toute ultra UG. Je vous embarque dans ce monde merveilleux, plutôt inconnu pour moi, mais qui ménagent de bonnes surprises.
*OCEAN : pari difficile que d’ouvrir la compil avec 14 minutes de doom/deah ultra pesant, très long, voir trop à mon goût. On s’attend par moment à ce que cela éclate à la manière d’un DISEMBOWELMENT…mais non. Le groupe bénéficie d’une bonne production permettant de goûter à quelques passages intéressants. Mais que c’est long…
*CENTRIFUGE : les 1eres notes m’ont rappelé l’excellent (mais défunt) LIKE PETER AT HOME . Riffs groovy et intéressants assez uniques qui restent cependant bien metal. Les voix alternent entre le clair et le plus écorché et j’ai vraiment cru que ce titre venait de chez nos compères espagnols. Excellent !
*SIRAFEX : Ouargh. La prod s’en est pris un bon coup dans le ratelier. La voix est très aiguë pour devenir plus hurlée alors que la zique se rapproche plus d’une musique coreuse. Mid tempo avec des rifs assez écrasant, titre honnête.
*ELECTRIC PRESS KIT : très agressif d’entrée avec des guitares aiguës on arrive à des riffs plutôt pas mal. Mais la voix punk m’a déplu, avec son grain je m’en foutiste. Les guitares sont bien présentes dans ce titre curieux mais intéressant.
*PLUTONIUM : titre qui semble construit comme une intro de démo ou d’album. Les riffs laissent entrevoir du très bon dans la mouvance black mais je ne pense pas que cette chanson soit appropriée pour découvrir le groupe.
*LIFE’S DECAY : excellent titre mélangeant la rythmique déstructurée indus au malaise du black metal.
*PARTNERS IN CRIME : postcore assez gras ; le chanteur semble avoir du mal à officier à son poste. Le titre bifurque vers un doom pesant à l’ambiance nocturne assez sympa.
*HORION : de la jungle ; c’est sympa mais on se demande ce que ça fout là.
*EQUILIBRIUM : l’entrée est assez menaçante entre le martèlement de la batterie et les riffs puissant présageant une montée qui ne viendra pas, le titre restant dans un mid tempo assez lourd.
*SOY BOMB : dès les 1ers coups de batterie je sais que je vais m’emmerder. Funeral doom hyper lent hyper chiant.
*PHILISTINE : des riffs plombés me sortent de ma torpeur. Le style pratiqué ici est une espèce de postcore bien viril et gras.
*VS THE STILLBORN MINDED : pour terminer quoi de mieux qu’un bon vieux doomcore des familles. Des accents un brin groovy contrebalancent la lourdeur des riffs.
Une compil très intéressante qui officie pleinement son rôle, c’est à dire de nous faire découvrir de petites formations, dont certaines avec un gros potentiel et qui, on l’espère, se retrouveront vite chroniquées dans nos pages.
2005 – Compilation CDr – Paradise Noise records
6,5/10
STUNTMAN / CHÈRE CATASTROPHE
Samedi, février 27th, 2010
Le split qui tombe à pic
Y’a des chros on ne sait jamais comment les commencer. Je voulais m’en prendre éhontément à la pochette que je trouve assez piquante, mais finalement elle n’est que le support visuel dont tout le monde se frotte. Enfin bon elle fait mal aux yeux quand même. Bref. STUNTMAN ouvre les hostilités de ce split vinyl. Hostilité est le bon terme, car les trois titres de leur partie est bien bourrine, à la limite du chaos organisé, en grande partie grâce à une déstructuration efficace des tempos batterie et des cassures rythmiques aux guitares. Pour accentuer cet effet pas mal de larsens dans la tronche et une voix gueularde très puissante enfoncent le clou. C’est très bien branlé, sauf que il me manque un petit quelque chose d’accrocheur pour vraiment succomber. Certainement ce côté faussement (oui faussement, car la mise en place est nickel) déstructuré qui m’a rebuté un brin. Curieux de savoir si en live l’aspect chaotique prends le dessus. De l’autre côté c’est CHÈRE CATASTROPHE, trio instrumental. Urgh, exercice périlleux car dans ces formations là, ça doit soit cracher du riff qui tue, soit balancer une technique onaniste pour captiver l’auditeur. Ces titres correspondent à leur démo réenregistrée à l’occasion de ce split. Excellent feeling rock’n'roll, voir carrément stoner, pour virer par moment plus dans le hardcore. Bel exercice de voltige car les deux genres ne sont pas vraiment connexes. Des titres courts et percutants, mais pour lesquels une voix imbibée de whisky aurait été parfaite. C’est bien chaloupé et ça donne envie d’ouvrir des bières, d’enfourcher une bécanne et rouler sur tous les enculés qui te laissent pas rouler librement. Dommage donc que les titres soient dépourvus d’une voix velue qui permettrait de magnifier les titres. Mon cœur a chaviré de la première écoute à la rédaction entre les deux groupes pour finalement pencher vers CC. À titre d’info, pour les collectionneurs, 500 copies sont sorties, dont 200 colorées en vert.
2010 – Split LP – Swarm of nails/Prototype Records
6,5/10 // 7/10
