Du deathcore pas chiant, ça existe, oui monsieur. Après c’est normal, c’est plus death que core, à commencer par le chanteur qui est plus dans un registre guttural, pas de voix hurlée pénible. Alors reprenons depuis le début. Des Belges. Création 2007. Blablabla on s’en branle. Évolution de death grind à « beatdown deathcore ». Pour toi, sale ignare, j’ai dégoté la définition du beatdown : des changements de tempo (ralentissement) couplés à un son lourd. Idéologie anti-tout blablabla on s’en branle aussi. Ce qui compte c’est que la zique est bien rentre-dedans, tout à fait ce que j’aime dans l’équilibre violence-petites expérimentations. Si ça manque de blasts longs histoire de bien terminer l’auditeur, on a quand même sa dose de parties qui accélèrent avec ces fameux mid-tempos qui doivent faire leur effet en concert. Ça riff sec, des riffs plus death que core, s’adaptant très bien à des passages plus saccadés, ces derniers ne faisant pas la loi d’ailleurs. Et puis le gros plus du groupe c’est l’injonction de sonorités qu’on ne se serait pas attendu à trouver là :étonnante mélodie au synthé dans Bill to the death, utilisation de sonorités technoïdes dans New unealthy order, chant rap dans Just once… pour l’inventaire on s’arrêtera là, car chaque titre contient le petit quelque chose qui le fait se distinguer des autres. Tout cela concourt à donner ce petit supplément d’âme qui va les faire sortir du rang des groupes purement bourrin. Rassure toi mon pote, ça reste quand même bien agressif, ça n’est pas un album de débutants, c’est ultra carré et avec une prod digne de ce nom. En résulte à l’album à l’ambiance apocalyptique, comme une plongée dans un conflit urbain, pour lequel le dernier titre, malgré sa dénomination (Life without hope) laisse au contraire présager tout le contraire, une paix post-apo,au milieu des ruines, à l’image du héros de Tetsuo 2, contemplant les ruines et savourant le calme revenu après la totale destruction. Ça peut encore arriver, gardons espoir !
2013 – Album CD – M&O Office
7/10
Hardcore & assimilés
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TESS – La confrérie
Mercredi, mars 27th, 2013Issu de la scène screamo, TESS a bien mûri pour laisser derrière ces influences au profit de sonorités plus hardcore, histoire de donner un grain plus adulte à cette musique pour pleurnicheuses. On oublie le néo, on oublie tout je te dis. D’ailleurs si Les autres m’avait fait triquer par son ahurissante brutalité mélangée à leurs racines un brin mélo (autant vocales que instrumentales), ici j’ai eu l’impression que la vitesse supérieure a été passée, au risque de laisser des fans de la première heure au bord de la route, sinon dans le fossé. À dire vrai, les fans à mèche, on s’en tamponne. Dans La confrérie, on a mué, ce ne sont plus des teenagers, mais des jeunes adultes, la différence est importante, car la sauvagerie est plus calculée et maîtrisée. Après une introduction dithyrambique on se bouffe un pavé bien compact dans la gueule pendant une petite trentaine de minutes. Exit le chant clair pour midinettes, bonjour aux voix death. Oué, avec eux on ne plaisante plus. Le chanteur est toujours la clef de cette musique faussement tendance. Un travail vocal moins impressionnant que dans Les autres, mais une furie qui te dégueule dessus en permanence. J’adore. D’autant plus que les textes sont toujours aussi bons (pour le peu que j’ai compris). Mais là où le bât blesse c’est cette cohabitation entre deux mondes aux atmosphères presque antithétiques. D’une part des chansons coreuses taillées pour la scène, du hardcore pur et dur qui laisse transparaitre une thématique incorrecte (quoique par moment festive – La nuit de Jack – ou amusante -Sex sex sex), de l’autre côté des titres d’une brutalité crasse autant dans les textes que dans la zique. Et c’est en cela qu’ils sont les meilleurs, malheureusement ces titres là sont rares. Du mensonge au désastre ou encore Le mauvais mort suintent la violence de jeunes bas du front avec des textes monstrueux et des riffs encore plus terrifiants. Cette facette laisse espérer de bien belles choses. Et encore plus avec l’apport d’éléments postcore dans À la demande du tout puissant qui serait la bonne bande son d’un trip au peyotl dans le désert (je leur laisse leur vision rebattue et consensuelle sur la religion). Un album solide et témoignant d’une évolution implacable, leur passage de l’adolescence à l’âge adulte. On va se régaler pour les prochains skeuds.
2012 – Album CD – M&O Music
7,5/10
HYPNO5E – Acid mist tomorrow
Jeudi, juin 28th, 2012Il est étrange cet album. Déjà pour les auditeurs familiers des rejetons divers et variés issus du postcore c’est une expérience, mais pour ceux qui aiment les trucs purement metal et directs, ça risque d’être toute une histoire. En fait c’est aussi ça le truc de HYPNO5E : happer l’auditeur pour le plonger dans un récit, le malmener au grès des atmosphères, tantôt calmes et aérienne, tantôt violentes et soutenus. C’est une histoire dont chacun écrira son propre script, avec pour support cette zique contrastée et les photos du livret, voir les vidéos pour ceux qui ont besoin de s’approprier un peu plus l’esprit du groupe. Les éléments postcore sont indéniables mais il ne sera pas difficile de trouver quelques tonalités plus death metal au détour de quelques accords vrombissant ou bien lors de parties plombées où les riffs se transforment en hachoirs bien lourds, le tout bien secondé par une basse qui éclate littéralement la gueule en pulsant de manière organique, contrebalançant la batterie qui marque par sa rigueur quasi martial et ses sonorités inhumaines. Dommage notamment lorsque la caisse claire est martelée plus rapidement, rapprochant le batteur d’une boite à rythme sans âme. Quelques samples agrémentent les titres, renforçant l’immersion dans ce long métrage sonore, un voyage durant lequel des clefs auraient été appréciées, les textes notamment ; au lieu de ça les photos du livret m’ont laissé assez dubitatif, le rendu étant complètement différent de ce que la musique m’a inspiré. C’est aussi ça la magie de ce disque, se laisser porter par monts et par vaux, même si les passages calmes prédominent, donnant plus d’impact aux parties metal. Le groupe n’oublie pas ses racines metal et dégage des putains de riffs et d’excellentes mélodies. Un contraste entre deux personnalités musicales à l’image des œuvres citées par un narrateur désincarné (à savoir L’étranger ou encore La belle et la bête, les références étant plus nombreuses), la dualité jusque dans les enchevêtrements instrumentaux, gommant le possible manichéisme de l’association de ces contraires. Un album riche et envoutant, mais très exigeant pour qui veut vivre les péripéties suggérées par le groupe.
2012 – Album CD – Klonosphère Propagande / Pelagic Records
7,5/10
BUNKUM – And everything goes crazy…
Lundi, janvier 30th, 2012On ne donnerait pas cher à un album dont la hideuse couverture représente deux espèces de cadavres l’un arborant casquette à l’envers et bière enfoncée dans le mauvais orifice (l’œil, je précise pour les plus malintentionnés d’entre vous), l’autre tenant une tronçonneuse, le tout sur un magnifique fond orange bien dégueulasse. L’artwork est à l’avenant bien entendu, totalement destroy, ce qui le rend finalement bien sympathique. Tout comme la zique, qui n’est pas un brin originale dans le genre, immédiatement identifiable : le NYHC. Dans ce genre comme dans bien d’autres, on réinvente rien, on utilise une bonne vieille recette qui donne cette impression confortable de savoir où on met les pieds (et les oreilles). L’album est assez court (27 minutes) mais la durée semble être bien calibrée car les 11 titres sont intenses, des formats courts et percutants, qui balancent du gros riff, des chœurs de voyous très accrocheurs (notamment dans l’excellent Too late). Idéal pour le pogo me direz-vous. Certes oui, mais même pour passer ses nerfs en fin de journée après l’esclavagisme, euh le travail pardon, ou après avoir subi le bourrage de crâne appelé informations, ça fait un bien fou de s’injecter cette galette dans les cages à miel. Ça tabasse et ça refout la pêche. Et puis le top ce sont les textes, forcément politiques pour certains d’entre eux, qui cassent à tout va, on aime ou pas, certains se tournent plus vers l’hommage (les meilleurs étant ceux qui sacralisent ce nectar qu’est la bière), bref pas de branlette intello, juste des bons textes de prolo qui ne sombrent cependant pas dans la débilité. Ne rentrons pas dans le listing des groupes dont ils s’inspirent, on s’en fout, ce qu’il faut noter ce que leur zique est carrée, puissante (production adéquate quasi metal), hargneuse et tapant juste. Mais la prochaine fois faudra se lever le cul pour pondre un ou deux titres de plus. Et trois et quatre.
2011 – Album CD – Mass’Prod/Complot Mat’sa
7,5/10







