On ne donnerait pas cher à un album dont la hideuse couverture représente deux espèces de cadavres l’un arborant casquette à l’envers et bière enfoncée dans le mauvais orifice (l’œil, je précise pour les plus malintentionnés d’entre vous), l’autre tenant une tronçonneuse, le tout sur un magnifique fond orange bien dégueulasse. L’artwork est à l’avenant bien entendu, totalement destroy, ce qui le rend finalement bien sympathique. Tout comme la zique, qui n’est pas un brin originale dans le genre, immédiatement identifiable : le NYHC. Dans ce genre comme dans bien d’autres, on réinvente rien, on utilise une bonne vieille recette qui donne cette impression confortable de savoir où on met les pieds (et les oreilles). L’album est assez court (27 minutes) mais la durée semble être bien calibrée car les 11 titres sont intenses, des formats courts et percutants, qui balancent du gros riff, des chœurs de voyous très accrocheurs (notamment dans l’excellent Too late). Idéal pour le pogo me direz-vous. Certes oui, mais même pour passer ses nerfs en fin de journée après l’esclavagisme, euh le travail pardon, ou après avoir subi le bourrage de crâne appelé informations, ça fait un bien fou de s’injecter cette galette dans les cages à miel. Ça tabasse et ça refout la pêche. Et puis le top ce sont les textes, forcément politiques pour certains d’entre eux, qui cassent à tout va, on aime ou pas, certains se tournent plus vers l’hommage (les meilleurs étant ceux qui sacralisent ce nectar qu’est la bière), bref pas de branlette intello, juste des bons textes de prolo qui ne sombrent cependant pas dans la débilité. Ne rentrons pas dans le listing des groupes dont ils s’inspirent, on s’en fout, ce qu’il faut noter ce que leur zique est carrée, puissante (production adéquate quasi metal), hargneuse et tapant juste. Mais la prochaine fois faudra se lever le cul pour pondre un ou deux titres de plus. Et trois et quatre.
2011 – Album CD – Mass’Prod/Complot Mat’sa
7,5/10
Hardcore & assimilés
...now browsing by category
BUNKUM – And everything goes crazy…
Lundi, janvier 30th, 2012
TESS – St Charles
Lundi, octobre 3rd, 2011Il est marqué quelque part que TESS s’est imposé sur les scènes émo, screamo et post-hardcore, je ne sais qui pond ces conneries, mais ça doit en faire rire pas mal. Pour faire vite, le groupe est plus axé screamo que émo, mais n’a rien à voir avec le post-hardcore. S’il vous plait. Ce DVD sort peu de temps après leur album Les autres, véritable bombe dans le genre, et propose une rétrospective exhaustive de la jeune carrière du groupe. Point de vue exhaustivité, on aurait bien aimé qu’ils lèvent le pied car pas mal de matos de ce DVD rempli ras la gueule est absolument futile au mieux, ou nuit au groupe au pire. C’est le gros point noir côté vidéo : des tranches de vie adolescentes certainement très drôles à vivre, mais totalement casse-burnes à regarder. À vrai dire toutes ces vidéos fun décrédibilisent le groupe dans le sens où la noirceur exprimée au travers de leurs textes ne prennent racine dans rien de palpable ici. Dommage, mais il faut se fasse, se passe ou trépasse, je ne sais plus, eux non plus d’ailleurs, mais il y a dans tout ce fatras des vidéos réellement amusantes (la présentation de leur camion de tournée par exemple) ou intéressantes, comme la main basse faite par les sponsors sur ces jeunes pancartes publicitaires en devenir. Les répétitions et autres teaser d’album sont bien sympas à regarder et les lives malheureusement fort rares et tronqués. Dommage également qu’il faille naviguer d’un dossier à l’autre pour tout mater, ça nuit fortement à la fluidité de ce gloubi-boulga par moment indigeste. Au rayon vidéo, des clips, de l’inutile (Adieu) au sympathique, celui de l’excellent Erreur système ayant ma préférence, même si le titre est assez malmené pour se focaliser sur les pérégrinations du taré encagoulé. C’est très amateur mais on imagine qu’avec des moyens supplémentaires ça aurait pu être bien plus violent. Les making-off sont brefs et c’est aussi bien ainsi. Par contre cerise sur le gâteau, l’intégrale de la discographie du groupe est remise sur le DVD, avec quelques bonus. Pour l’album Les autres, on a droit à trois instrumentaux pour faire karaoké le samedi soir, une teille de kro à la main ; ainsi que trois pré-productions assez intéressantes car sonnant de manière moins policées, voir plus dégueulasse, et là ça parle plus à l’amateur d’outrages auditifs qui écrit ces lignes. On a le droit à deux inédits en exclusivité pour le DVD, grosse production, le chant en anglais les rend plus communs, un essai surement, mais arrêtez là, le français vous va si bien. Les deux chansons sont toutefois dans la pure lignée de ce qu’ils ont pu faire, mais deux titres c’est insuffisant pour rentrer dans leur univers. Pour finir on pourra mater les 50 milliards de photos pour meubler une soirée cocktail, mais par contre pas de bande son pour accompagner le tout. Bref, à boire, à manger et à gerber ; c’est aussi ça le souci de privilégier la quantité à défaut de la qualité. On se retrouve avec pas mal de déchets ou anecdotiques qui diluent les quelques parties intéressantes. À réserver aux groupies et aux petites chattes en chaleur.
2011 – DVD – M&O Office
5,5/10
DWAIL – interview 2011
Vendredi, septembre 16th, 2011DWAIL joue du metal aux tendances hardcore bien prononcées, et leur dernier album Helter skelter m’a agréablement surpris. Entre deux saucisses, Matéo (bassiste) a éclairé ma lanterne sur le groupe (échange courtois par mail en septembre 2011).
Salut les DWAIL. Quoi de neuf ? Quels ont été les retours pour votre album ? D’une manière générale, de quel œil voyez-vous les chroniques de pro et non-pros ? Vous attendez-vous à ce qu’on flatte votre orgueil ? Avez-vous vraiment besoin de l’avis de tiers pour continuer l’aventure ?
Salut Docteur, tout va bien, on est en pleine tournée de l’album Helter Skelter et en préparation d’un clip! D’une manière globale, les retours sont bons, on connaissait les défauts de notre album donc on n’est pas surpris que les chroniques mettent parfois le doigt dessus, on ne s’attendait à rien de spécial de leur part ! Quoi qu’il arrive on n’a pas besoin de l’avis des autres pour continuer, on connaissait les bons et mauvais points de l’album bien avant la première chronique et on travaille à améliorer tout ça pour le prochain !
Et puis merde, ça veut dire quoi DWAIL ? Puisque vous allez tout me dévoiler, racontez moi la formation ? Avez-vous usé plusieurs personnes dans le line-up ou êtes-vous l’inséparable bande de potes que tous les groupes prétendent être ? Qui est indispensable dans le groupe ?
Ça veut rien dire, et c’est fait exprès, c’est un dérivé de l’anglais dwell « demeurer, résider » la sonorité nous a plu, on voulait un nom court… on est 5, chant, basse, batterie, et 2 grattes. Il y a eu pas mal de changements de line up depuis le début, les derniers en date étant batterie et guitare début 2011, mais personne n’est indispensable même si Julian abat beaucoup de boulot dans le groupe. On est bien content de la formation actuelle du groupe, chacun apporte ses idées au niveau composition et aussi pour tout ce qu’il y a autour de groupe.
Vous avez bien pris votre temps entre le premier enregistrement et l’album (et vous avez bien fait)… qu’est-ce qui a pris autant de temps ? Vous auriez pas fait passer la picole et les nénettes avant la zique ?
Évidemment ! On a pris du temps parce qu’on avait à l’époque un batteur qui faisait ses études à Rennes, le reste du groupe à Toulouse, donc pas facile, et puis on a changé deux fois de guitariste et une fois de chanteur dans ce laps de temps donc tout ça ralenti la composition d’un album, mais comme tu le dis, on a bien fait, parce que ça nous a permis de mieux développer le concept, les sonorités, on a viré des morceaux, composé d’autres, au final, si on s’était pressé, l’album n’aurait pas du tout eu la même gueule !
Quelles évolutions notables entre Monstro et l’album ? Pensez-vous d’ailleurs qu’une fois un style trouver il faille en bouger d’un iota ? Certains groupes vivent bien en répétant la formule magique mais élimée, un certain confort pour tout le monde après tout… mais l’artiste ne devrait-il pas s’exposer, prendre des risques, quitte à se casser la gueule ?
Oui il y a un gros pas franchi depuis Monstro, on est beaucoup moins power métal, on s’est amélioré techniquement et musicalement aussi, comme tout le monde quoi, Monstro était le premier enregistrement de DWAIL donc forcément ça évolue derrière… Je pense pas qu’on soit dans le cas de figure où on ait la bonne recette, pour l’instant ça bouge, qui plus est avec de nouveaux membres, je sais pas ce qu’on fera dans 5 albums si on y arrive mais le suivant de Helter Skelter ne sera pas le même…
Je suis très curieux, dites-moi vite de quoi traitent les textes ! Qui se charge de les écrire ? Le chanteur faisant quelques variations dans les tonalités, y-a-t ’il une correspondance entre les voix et les textes ou est-ce juste des changements exécutés au feeling ?
Helter Skelter est un album racontant l’histoire d’un type dans un univers steampunk qui pète un plomb après avoir entendu un morceau, d’où l’analogie du titre de l’album avec l’histoire de Charles Manson, c’est Yannock qui écrit les textes et oui, on essaie de faire coller ce qui se passe avec l’intensité de la musique même si c’est pas toujours évident !! La priorité reste le rendu que ça peut avoir en live !
L’artwork est superbe (du moins la pochette puisque je n’ai que le promo) : qui est ce Spazm qui s’en est chargé ? Y avez-vous mis votre grain de sel ? Que devrait-on y voir? Il me semble d’ailleurs que vous êtes des hommes de goût, puisque le CD est sorti en digisleeve… expliquez-moi (enfin surtout au lecteur profane) ce choix. Et quel est le titre des BEATLES repris pour les veinards qui ont précommandés ?
Merci !! Spazm est un pote de Yannock, on cherchait quelqu’un qui pouvait nous faire la pochette, on avait déjà cette idée de l’éléphant à 3 têtes biomécanique, Yannock l’a appelé, le lendemain il avait terminé le dessin ! Derrière c’est moi (Matéo) qui ai fait tout l’agencement, couleur, etc… Idem pour l’intérieur puisque Spazm nous à également fait 3 illustrations pour le livret, encore merci à lui ! Pour le format, on voulait un digipack car on avait envie de soigner le produit, c’est pour ça qu’on a mis du temps à le confectionner, aujourd’hui même un groupe de haut niveau ne vends pas beaucoup d’album, ça devient réservé aux grands fans ou aux gens qui apprécient l’objet quand il est beau, donc quitte à presser un album, autant faire un truc joli… la reprise (qu’on vient de diffuser d’ailleurs) c’est tout simplement Helter Skelter, mais remanié à la sauce DWAIL !!!
La production a bénéficié d’un travail conséquent (surtout la batterie, au niveau des cymbales c’est un régal). En plus on s’emmerde pas, on prend Môssieur Logan Mader (il est sympa? Il a gagné son procès contre son coiffeur ?)…parlez moi de cette expérience studio qui devait être bien sympa (enfin je l’espère pour vous)…
En fait pour tout ce qui est prises de son, on a fait ça à Agen, chez notre ingé son (Pierre), on a pris le temps pour ne pas avoir la pression, ça nous a pris 3 semaines et puis on a envoyé tout ça à Logan qui a fait le mix de son coté puis le mastering. Donc beaucoup beaucoup de mails d’échange pour se mettre d’accord sur les petits détails, très bonne expérience mais pas évident ! Par contre j’ai pas de nouvelles de son coiffeur, ça m’inquiète un peu….
Je trouve toutefois dommage que les groupes doivent miser un max sur leur son, les auditeurs ayant tellement de choix qu’ils zappent sans approfondir quand le son ne leur convient pas…on en arrive à écouter des grosses prods absolument conventionnelles…mais tout le monde se tire la nouille parce que le son est top…
Oui c’est vrai mais j’ai pas l’impression que ça soit nouveau, et puis c’est surtout une question de coller au style du groupe, je vois mal EVERY TIME I DIE avec le son du dernier GOJIRA ou l’inverse, on a essayé de garder dans le son de l’album un coté live, vivant… Les techniques de studio ont bien évolué à un point que ça devient un outil très intéressant maintenant, tu peux te forger une vrai identité sonore rien que par le choix des prises ou du mix, c’est plutôt une bonne choses, ça permet de rajouter des nouveaux ingrédients à la zique !
Je porte à votre attention une doléance concernant votre zique : deux instrumentaux de qualités sont insérés pour coller à la thématique…mais pourquoi ne pas avoir tout simplement intégrer des parties acoustiques ou des instruments fokloriques (entre l’Espagne et l’Inde y’a de quoi faire) DANS les titres ?
Parce qu’on voulait garder le côté brut des titres, et aérer ça avec des interludes qui ont une place dans l’histoire, on veux pas faire du métal folklo avec de la sitar ou ce genre de chose, c’est pas notre truc et puis on saurai pas faire du tout !! Notre vision de la zique, c’est quelque chose d’intense, sans trop mettre de pause…
D’après certaines vidéos trouvées sur la toile, vous aimez les concerts…des anecdotes, des souvenirs de concerts géniaux ou complètement foireux ? C’est pas trop dur de captiver l’auditoire avec une musique aussi complexe ? Combien de cas d’épilepsies recensés pendant les tournées ?
Oui notre énergie est vraiment tournée sur le live, on essaie constamment d’améliorer nos prestations parce que je trouve que c’est là que notre musique prend sa dimension, même si elle n’est pas forcement facile d’accès pour tout le monde !! Oui comme tous les groupes, on a passé des moments pourris comme se taper 24h de camion aller retour pour jouer à 2h du mat, dehors sous la pluie devant personne, après s’être régalé d’un sandwich à la dinde, sans dinde…mais on s’est aussi très souvent régalé, dans des bars comme dans des grandes salles où tu prends des leçons de professionnalisme aux cotés de mecs comme GOJIRA par exemple… par contre on est pas trop tournés sur l’épilepsie, mais plutôt sur l’arcade sourcilière, on se démerde pas trop mal de ce côté là !
Vous venez de la région Midi Pyrénées, je ne doute pas que ça soit la plus belle, mais comment est la scène metal, et par extension celle hardcore ? Quels groupes du coin à nous conseiller ?
La région toulousaine est très riche de ce côté là, beaucoup de zikos donc beaucoup de groupes, tous ne restent pas forcement sur la durée mais y’a énormément d’idées, dans un registre moins métal que nous je vais te citer I PILOT DEAMON par exemple, ou ALEA JACTA EST pour le Hardcore, et puis t’as les groupes qui tournent depuis déjà pas mal de temps comme SIDILARSEN (ndlr : non merci, vraiment…) ou MANIMAL, ça fait beaucoup de monde, c’est une chance parce qu’il y a des opportunités de dates, mais c’est d’autant plus difficile de sortir du lot…
Hors metal, faites nous rêver, parlez-nous de la région…il me semble que niveau bouffe le coin regorge de spécialités qui me font baver sur mon clavier…
On est un peu les rois de la saucisse si tu vois où je veux en venir, et on est plutôt bien positionné sur tout ce qui est canard aussi… mais y’a pas que la bouffe, y’a aussi le stade toulousain…. Et puis t’es à 2h de la mer, 2h de l’océan et 2h des pistes de ski, c’est plutôt pas mal….
Les membres ont-ils des projets musicaux en dehors de DWAIL? et au fait en dehors de DWAIL, vous fabriquez quoi ? Vendeurs de kebabs ou banquiers ?
Yannick Tournier (guitare) joue aussi dans ZEBDA pour la tournée, Léa Costantino (batterie) joue également dans H-TRAY et fait de la guitare acoustique seule sur scène… en dehors de DWAIL, on a monté un élevage de poneys shetland, c’est très lucratif…
Expliquez-moi le binz concernant le label, le distributeur et tout le tremblement…c’est sorti chez SEASON ou KLONOSPHERE ? Dans un cas comme dans l’autre comment êtes-vous rentrés en contact avec eux ? Ça se passe comment avec ces braves gens ? J’ai pu voir que vous cherchiez toujours un label…
Non c’est très simple, notre label c’est KLONOSPHERE, la distribution c’est SEASON OF MIST. On est passé par Guillaume de KLONOSPHERE qui nous a signé, puis c’est lui qui s’est chargé du lien avec SEASON. Si on cherche toujours un label c’est pour l’étranger car on est distribué qu’en France physiquement, sinon y’a Itunes ou Amazon pour le digital et le reste du monde !
Si vous êtes arrivés jusque là c’est que vous encore la force de répondre par des propos qui n’engageront que vous ; alors…lâchez-vous !
Merci Docteur Jabuse, j’espère que la séance est remboursée par la sécu ! Sinon venez faire un tour sur notre page Facebook, ou Deezer pour écouter l’album et pour ceux que ça tente on a pas mal de dates pour la rentrée, donc n’oubliez pas de vous déplacer aux concerts, c’est ce qui continue à faire vivre la scène, et après accessoirement dites non à la drogue… (ndlr : mais oui aux saucisses?)
DWAIL – Helter skelter
Lundi, juin 20th, 20115 ans de boulot entre leur première démo et cet album, mais ils sont toujours autant énervés. De manière certainement plus constructive, mais la rage est toujours là. La première chose qui frappe, en dehors de la zique, c’est le gros son, énorme son, bien ancré dans les basses, bel effort, et on remercie qui ? Logan Mader (ex-à peu près tous les groupes de thrash nouvelle vague mais le plus notable était tout de même MACHINE HEAD). Mais il ne faut pas s’arrêter à cette belle enveloppe aussi suave soit-elle, le groupe aurait pu avoir une production en cran en-dessous, la qualité de leurs compos aurait suffit. Difficile à classer, mais facile à appréhender, le groupe sous des allures chaotiques délivre une mixture de thrash moderne avec un grosse louche de hardcore déstructuré dans laquelle surnagent des traces de death (criant dans Rude awakening, un des meilleurs morceaux avec ses grattes vrombissantes). Les titres se suivent et ne ressemblent pas, mais réussissent à poser une ambiance étonnement homogène, aux rythmiques hachées, avec des patterns dynamiques et soutenues avec des passages plus aérés et mid-tempo. Mais c’est vraiment quand le hardcore reprend le pas que ça me fait triquer, et c’est dommage car c’est au début du dernier titre que la rage coreuse explose. Le chanteur se plait à s’aventurer dans des tonalités pour intimistes, c’est assez réussi, surtout dans Still waters run deep où on se rapproche du premier NIHIL (les bordelais), mais je préfère l’alternance cris/voix quasi-déclamatoire. Pour nous reposer les conduits auditifs ils ont insérés deux instrumentaux (typés flamenco et indou) mais dans le cadre du concept, le plus aurait été d’inclure ces éléments dans le cœur des titres purement metal, ou de les fondre avec. Ce premier album regorge d’idées et de savoir-faire, avec une superbe production, le tout bien emballé dans un digipack, le top non ?
2011 – Album CD – Klonosphere Propagande
7,5/10
TESS – Les autres
Jeudi, décembre 9th, 2010Au départ j’entendais ici et là que le screamo c’était vraiment un truc de grosse tarlouze, la trisomie 21 de la scène hardcore, des chialeuses en manque de forfait qui pleuraient sur leur sort. Bon, comme quoi les gens disent n’importe quoi. Merci à TESS avec son nom très féminin, mais dans lequel n’officie pas Nastassja Kinski, et qui a pourtant une paire de baloches bien pendues et très poilues, de me faire changer d’avis. Si l’entité musicale a un fond bien metalcore avec une production excellente, c’est plutôt le chanteur qui fait tout l’intérêt du groupe. Déjà par sa technique vocale voulue ou non qui est intéressante puisqu’il arrive à mélanger cris et chant clair dans un même souffle, permettant de moduler certaines phrases de manière chaotique mais de façon finalement très harmonieuse. Faudra évidemment supporter le chant hardcore, et même si quelques voix death perfectibles viennent se greffer au tout ça reste purement anecdotique pour ne pas dire inutile dans ce contexte. Là où il est le meilleur à vrai dire c’est quand son chant chute dans des modulations inhabituelles comme dans le brillant Erreur système ou encore quand des sursauts plaintifs se font entendre (Fais de beaux rêves ma belle…) sans verser dans le larmoyant de lavettes à buter propre au néo. Les incursions de chant clair sont pas mal, d’autant plus qu’il pervertit ces parties là rapidement avec des hurlements, on n’a donc heureusement pas de ramollissements trop prononcés. Le top du top c’est que les textes sont excellents et surtout gueulés/chantés avec une musicalité parfaite, ce que ne comprennent que peu de chanteurs, faire des textes qui ont une musicalité propre quitte à jouer avec des mots. Bon bref, laissons-en un peu pour les zicos qui délivrent tout de même une prestation carrée, avec une batterie bien claquante et des grattes qui par contre auraient mérité un mordant plus prononcé et surtout plus équilibré par rapport à l’omniprésente voix. L’album ne verse jamais dans la soupe mélodique, même si certains riffs sont accrocheurs on reste surtout dans un terrain où la rythmique est bien posée. Les mid-tempos sont soutenus, on aimerait parfois que ça cogne plus vite ou que certains passages soient bien plus pachydermiques histoire de casser la trame, mais quelques moments plus hachés cassent les rythmes de façon à ne pas délivrer des morceaux linéaires. Y’a plus qu’à équilibrer tout ce beau monde et ça sera parfait. Un petit mot sur l’artwork bien chiadé où scènes de violences finissent de plonger l’auditeur dans un univers accablant. Un très bon album qui transpire une haine et une rage de bon aloi.
2010 – Album CD – Autoproduction
7,5/10
THE ARRS – Héros assassin
Mercredi, novembre 10th, 20103 trains de retard pour ce groupe, je saute dans le dernier wagon pour découvrir si les banquettes valent bien tout le buzz qu’on fait autour. Modeste ignare que je suis, après 1 EP et deux albums qui font partie du culte de la scène parisienne, culte à prendre toujours avec le recul qu’il se doit par le bouseux provincial que j’incarne, je découvre avec bonheur et stupéfaction une musique qui désensable les portugaises des sceptiques et leur fait bouffer à défaut de morue les pissenlits par la racine. Alors ça donne quoi ? Un raffut pas possible très viril et qui suscite une envie : défoncer la gueule du 1er venu. Pourquoi? Parce que c’est comme ça, les décibels émises font bouillonner la testostérone (je m’adresse plus aux hardcoreux qu’aux metalleux hélas) et rester impassible relève de l’aboutissement d’une vie de méditation. J’ai trouvé dans les influences éparses des influences de THE HAUNTED à l’époque où ça sonnait encore metal, quelques relents des géniaux ESPRIT(s) DU CLAN pour le côté esprit de la rue, mais tout en restant dans un créneau largement plus metal. Des traces de hardcore oui, mais en parfaite osmose avec la violence metal. Ça riff à tour de bras, bien plus que dans les supposés groupe de death ou de black qui ont oublié que le metal c’était avant tout des guitares qui t’attrapent la tronche pour te retourner le cerveau. Par contre attention aux fautes de goût à force de vouloir attirer la ménagère de moins de 25 ans avec les passages en chant clair. Dès la 1ère chanson c’est incongru avec un refrain heureusement très court mais sonnant comme une improbable bande son de la Gay Pride, créneau plutôt pris par les suédois façon SOILWORK et cie. Mais par moment les chants clair vont aller jusqu’au sublime lors du génial Héros assassin. À vrai dire on passe par toutes les étapes avec les minima et maxima décrits précédemment en passant par le correct, le moyen et le dispensable tout au long de l’album. Tout ce fatras pour dire que quand ça gueule c’est quand même achement mieux. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là sur le net où n’importe quel tocard se sent l’âme d’un critique avec son sens raffiné de la formule hissant bien haut son inculture, la production est très bonne, carrée et puissante, mettant bien en valeur le tandem riff / voix. La batterie n’est pas en reste, sauf peut être au niveau des cymbales qui auraient certainement méritées d’être un chouïa plus en avant et plus aiguës. Affaire de goût certainement. Le mien ne fait pas office de loi, juste d’épine dans le pied. L’album va se conclure sur 3 titres particulièrement tendus, laissant planer un sentiment d’urgence, attends on a presque fini, bouge pas, on va te terminer en beauté coco, sur 3 titres on t’écrase la tronche comme il se faut mais on va revenir très vite. Je l’espère, je vous attends de pied ferme.
2009 – Album CD – Season of Mist
8/10
DROWNING INTO SORROW – Volume 1
Dimanche, juillet 4th, 2010
PARADISE NOISE est un label UG (en stand by depuis) qui a décidé de se consacrer pleinement au doom et ses dérivés, sludge, drone, funeral etc. et comme beaucoup de label a décidé de se faire connaître par une compilation comportant des groupes somme toute ultra UG. Je vous embarque dans ce monde merveilleux, plutôt inconnu pour moi, mais qui ménagent de bonnes surprises.
*OCEAN : pari difficile que d’ouvrir la compil avec 14 minutes de doom/deah ultra pesant, très long, voir trop à mon goût. On s’attend par moment à ce que cela éclate à la manière d’un DISEMBOWELMENT…mais non. Le groupe bénéficie d’une bonne production permettant de goûter à quelques passages intéressants. Mais que c’est long…
*CENTRIFUGE : les 1eres notes m’ont rappelé l’excellent (mais défunt) LIKE PETER AT HOME . Riffs groovy et intéressants assez uniques qui restent cependant bien metal. Les voix alternent entre le clair et le plus écorché et j’ai vraiment cru que ce titre venait de chez nos compères espagnols. Excellent !
*SIRAFEX : Ouargh. La prod s’en est pris un bon coup dans le ratelier. La voix est très aiguë pour devenir plus hurlée alors que la zique se rapproche plus d’une musique coreuse. Mid tempo avec des rifs assez écrasant, titre honnête.
*ELECTRIC PRESS KIT : très agressif d’entrée avec des guitares aiguës on arrive à des riffs plutôt pas mal. Mais la voix punk m’a déplu, avec son grain je m’en foutiste. Les guitares sont bien présentes dans ce titre curieux mais intéressant.
*PLUTONIUM : titre qui semble construit comme une intro de démo ou d’album. Les riffs laissent entrevoir du très bon dans la mouvance black mais je ne pense pas que cette chanson soit appropriée pour découvrir le groupe.
*LIFE’S DECAY : excellent titre mélangeant la rythmique déstructurée indus au malaise du black metal.
*PARTNERS IN CRIME : postcore assez gras ; le chanteur semble avoir du mal à officier à son poste. Le titre bifurque vers un doom pesant à l’ambiance nocturne assez sympa.
*HORION : de la jungle ; c’est sympa mais on se demande ce que ça fout là.
*EQUILIBRIUM : l’entrée est assez menaçante entre le martèlement de la batterie et les riffs puissant présageant une montée qui ne viendra pas, le titre restant dans un mid tempo assez lourd.
*SOY BOMB : dès les 1ers coups de batterie je sais que je vais m’emmerder. Funeral doom hyper lent hyper chiant.
*PHILISTINE : des riffs plombés me sortent de ma torpeur. Le style pratiqué ici est une espèce de postcore bien viril et gras.
*VS THE STILLBORN MINDED : pour terminer quoi de mieux qu’un bon vieux doomcore des familles. Des accents un brin groovy contrebalancent la lourdeur des riffs.
Une compil très intéressante qui officie pleinement son rôle, c’est à dire de nous faire découvrir de petites formations, dont certaines avec un gros potentiel et qui, on l’espère, se retrouveront vite chroniquées dans nos pages.
2005 – Compilation CDr – Paradise Noise records
6,5/10







