Depuis qu’ils ne mangent plus de viande, ils ont raccourci leur sobriquet pour un acronyme compliqué dont l’explication se perd au fond d’un plat de tofu. Ils ont beau n’être plus carnivores, ils mordent toujours autant qu’avant ces garnements. Ce qui marque après l’écoute de cet album (le premier donc sous leur nouveau patronyme – le 3e en réalité) c’est cette impression de densité à tous les niveaux. Ouch. L’impression de se bouffer un parpaing. On est bien calé c’est sûr et les amateurs de petites sucreries mélodiques vite consommées-vite jetées vont déchanter. Le style pratiqué est toujours ce deathrash technique et bourrin, mais avec la dose de maturité qui va bien. Plus homogène, plus technique, c’est un véritable rouleau compresseur qui nous roule dessus pendant les 49 minutes (!) de l’album. La production est maîtrisée comme jamais, avec des guitares costaudes mais qui laissent toujours un espace de liberté à la basse, qui est ici autre chose qu’un renfort rythmique. Par contre, heureusement qu’il n’y a pas trop de blasts, parce que pour la caisse claire c’est un véritable enfer. Ça me rappelle les heures glorieuses des boites à rythme en carton du bedroom black metal. Mise à part ce petit bémol le travail sur la batterie est top – comme le jeu du batteur soit dit en passant. Pour la forme ça colle donc. Ils savent composer des titres enlevés et rythmés, mais on a tout de même cette malheureuse impression de chopper un casque tellement la forme de leurs compos est bétonnée. Ça n’empêche pas des riffs intéressants et des moments lumineux, comme ce solo absolument génial dans Agony of indecision…mais fait par leur collègue de BLOOD TROOPERS en guest. Feraient mieux de l’employer à temps plein. Ils arrivent à lever le pied et ont su aérer l’album avec l’instrumental Choices (et ses excellents riffs death), ou l’acoustique Awaken nightmare (pas convaincant), mais dommage qu’ils n’arrivent pas à ménager plus de pauses dans l’album, voir même dans leurs titres. On ressort de cette écoute repu, mais on replonge volontiers pour certains passages (ceux mentionnés ci-dessus). Depuis les débuts du groupe (en comptant la première mouture) on sent une montée en puissance, il faudrait juste rendre leurs compos un peu plus digestes (et embaucher leur pote soliste).
2012 – Album CD – Klonosphère Propagande
6,5/10
Deathrash
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W.I.L.D. – Agony of indecision
Samedi, mars 16th, 2013
WILD KARNIVOR – Embryon
Samedi, mars 16th, 2013L’intro électronique, très ouvertement inspirée de Orange mécanique, plonge de suite l’auditeur dans une situation inconfortable, oscillant du malaise à la mélancolie. Le groupe qui évoluait dans le thrash au sens large, a durci le ton pour ce qui est son 1er album. Plus brutal dans la forme, le son est plus costaud notamment, donnant du peps à la batterie, surtout pour ce qui est de la grosse caisse et des toms. On appréciera le jeu énergique de ce batteur poulpique à sa juste valeur, mais peut être que des cymbales mises légèrement plus en avant serait pas mal. Guitares et basse font jeu égal, et quelques envolées de cette dernière sont à noter à ma plus grande joie ; on a toujours droit à des “pauses” acoustiques très réussies. Difficile de pouvoir déceler aussi facilement tout ce qui aurait été à l’origine de la musique de WK, car le groupe a, mine de rien, un style qui lui est propre, même si ça sonne moins groovy que dans sa dernière démo. Les structures sont riches, n’empêchant nullement l’efficacité, mais l’album étant assez long, difficile de se faire un avis rapidement. Impossible d’en faire un album jetable donc, la richesse des arrangements se dévoilant d’écoute en écoute. Le durcissement dans le son et les arrangements ont donné une tournure plus intéressante aux riffs. Le tout est accompagné avec brio par le vocaliste qui vocifère, avec une voix plus ou moins gutturale suivant les passages, des textes engagés très bien écrits (ça change de l’engagement de supermarché de beaucoup de groupe gauchistes et niais) que je rapprocherais sans soucis des thèmes développés par SEPULTURA quand le groupe était à son apogée. Des fois le groupe craque en collant des instruments hors metal (saxo ou didgeridoo) avec bonheur, ce qui donne un résultat étonnant, notamment avec le saxo. Mais ce qui constitue la force du groupe, à savoir des arrangements et structures très travaillés, peut également pas mal rebuter le 1er porteur de baggy venu, car ce ne sera pas le genre de groupe à écouter en easy listening ou pour boire des bières. Non, cet album demande un réel effort de concentration pour tout appréhender. Peut être que le titre démo en bonus était dispensable, mais le ghost track est quant à lui pas mal dans son genre. Le groupe est arrivé à concilier la brutalité du thrash avec une finesse structurelle toute personnelle, et c’est en cela que WK est grand!
2006 – Album CD – Great Dane Records
6,5/10
WILD KARNIVOR – Born to be…
Mercredi, mars 6th, 2013Groupe qui commence à accumuler quelques années au compteur, formé en 2000, avec 3 démos à son actif (la dernière étant celle dont je vais vous parler, heureux hommes que vous êtes), WILD KARNIVOR prétend jouer du thrash’n'roll privilégiant les parties instrumentales. Coupons court aux diverses supputations qui vous agitent, j’ai surtout trouvé du thrash dans cette démo. Par contre notons que les parties instrumentales ont la part belle tout au long de ces 4 titres. Musicalement j’ai eu l’impression que diverses tendances de thrash étaient balayées : du thrash classique au feeling rock’n'roll, du thrash plus rentre dedans et mélodique comme il se fait dans les pays nordiques, thrash plus moderne et syncopé aux relents coreux que l’on retrouve beaucoup chez GOJIRA notamment. Les titres sont du coup très variés, mais le must reste l’incursion acoustique dans le morceau phare de 9 minutes ; peut être que cette piste somme toute originale mériterait d’être plus exploitée lors d’une réalisation plus longue. En tout cas le morceau Groovy death semble être le morceau le plus représentatif du groupe, les parties vocales étant faibles par rapport aux passages purement instrumentaux. Il est évident que les zicos maîtrisent leur truc, ça joue bien et proprement, la prod donnant un côté très tronçonneuse aux guitares, son gras tranché par la tonalité cristalline de la gratte acoustique ou des excellents solii bien heavy. La basse s’envole par moment claquante ou bien ronde, mais il faut quand même bien faire attention pour capter tout le boulot fait de ce côté là. Le chant en français est guttural, mais par moment l’extrême application dans la diction rappelle celle de MISANTHROPE, chose qui passe plus ou moins bien. Pour la batterie le son est bien équilibré entre cymbales et toms bien claquants, mais même si le boulot est très bon de ce côté là j’ai l’impression que le jeu du batteur ne ressort pas pleinement. Globalement les thrasheurs seront aux anges car les riffs dégagent un doux feeling old school et bien catchy, et disons que, en espérant que la prod soit encore plus poussée à l’avenir, on peut se faire là une bonne idée du potentiel du groupe.
2005 – Demo CD – Autoproduction
6/10
BY THE PATIENT – Premonitions
Jeudi, février 28th, 2013Ouahou. Une tarte gifle comme ça, c’est inespéré, surtout de la part d’un groupe de deathrash. En général c’est chiant : c’est soit nimbé de l’aura mielleuse des combos suédois, soit c’est tellement redondant qu’on pourrait mettre un titre en boucle pendant une durée générique d’album que personne ne remarquerait rien. Non monsieur, ici c’est la grande classe. Le truc tout con, tellement con, c’est fou on devrait le dire à tout le monde, c’est que ça riff. Les guitares sont le support indispensable à cette tuerie. C’est dingue, ça paraît tellement évident qu’on voudrait le souffler à pas mal de groupes, c’est tellement rare qu’un groupe 100% metal devient l’exception. Ces danois ont tout compris : des guitares surpuissantes aux riffs qui font une parfaite balance entre agressivité et mélodie, celle là même qui m’avait fait triquer sur les premiers DARK TRANQUILITY (RIP), celle qui accroche ou qui prend au tripes (All is valid), et des titres qui se suivent et ne ressemblent pas ! Merde c’est donc possible ? Du deathrash couillu, agressif mais capable de passages accrocheurs et mélodiques sans sombrer dans le mélo pour midinettes. Et puis ça fait vraiment du bien de pas avoir les tympans matraqués par un batteur qui s’acharne sur une caisse claire en plastique. Un jeu varié, efficace pour parfaire ce bourrinage d’exception. Fini le règne du batteur tout puissant qui emmerde tout le monde avec ses prouesses poulpesques quitte à écraser les grattes. J’irai allumer un cierge rien que pour ça, tiens. Et puis, ah ah, celle là c’est le coup fatal, le chanteur à la voix bien grasse qui monte sensiblement dans le criard, et qui, ah ah je me marre, ne part jamais dans le refrain pop de fiotte. Sont fous ces mecs. Y’en aura toujours pour se plaindre que ça n’apporte rien, et que finalement les groupes qui innovent, et qui font de la merde sous prétexte d’ouverture, c’est tellement mieux. Incroyable, mais c’est le metal qui me botte, ce type de metal en particulier.
2012 – Album CD – Deathbound Records
8/10
NO RETURN – Inner madness
Mercredi, décembre 12th, 2012Un groupe increvable, français, oui monsieur, qui a débuté en 1990 (avant si on considère la première mouture), un groupe caractérisé par cette longévité respectable, mais, paradoxalement, aussi par un succès d’estime. On lit ici et là que le groupe n’a pas d’identité car il est loin le temps de bébé encrouté sur fond d’apocalypse à force de turn-over (un seul survivant depuis les débuts du groupe), d’autres plus diplomates estiment que les changements de line-up ont permis un renouvellement constant et salvateur. Moué, bon, on nage toujours dans les eaux tumultueuses du deahrash, cette fois-ci assez mélodiques, la trace du metal suédois étant bien présente. Trop même. Des riffs acérés certes, un rythme échevelé, oui oui, des solii brillants, parfait. Entre nous, ça joue du feu de dieu, c’est un régal, d’autant que le tout est porté par une production parfaite. Ne mégotons pas les compliments. Un bémol pour le chant, surtout le chant clair absolument hors de propos (sauf dans Near death experiences), je préfère largement les performances de L. Chuck D. dans CARNAL LUST. Rien à voir. Justement. L’album est donc sympa à écouter mais la folie suggérée par le titre en est malheureusement absente. Sympa, mais il manque la brutalité caractéristique des débuts ; à défaut il reste des parties agréables (entre autre Morgane’s song, instrumental captivant par excellence) qui ne me feront jamais regretter l’écoute de l’album, mais hélas rien qui me fera me relever la nuit pour me le réécouter encore et encore.
2012 – Album CD – Great Dane Records
5,5/10
SUICIDE OF DEMONS – A new beginning
Dimanche, avril 29th, 2012Raaa putain, mais y’aurait des ex-MYSTICA là-dedans ? Un très bon groupe de metal extrême de mon enfance (ou presque), rien que ça, déjà mon cœur est en joie, des bonnes bases pour un a priori positif. Après est-ce que les actuels membres de SOD étaient dans le super Blinded by my blood, RAB, on ne le saura jamais et on s’en tape. Première constatation, cet album est long, très chargé. Humpf. 51 minutes. De deathrash. Qu’on aime ou pas ça fait long. Ils ont des choses à exprimer ces jeunes. On dirait un gros gâteau au chocolat, c’est bon, mais après deux ou trois parts si on en mange encore on dégueule. On sent de l’entrain, du plaisir dans leurs compositions, une ambiance très positive et qui requinque, et leurs titres fourmillent de petits trucs pour éviter la redondance d’une zique à l’autre. Mais y’a des choses qui passent difficilement, comme le chant clair, qui fait mouche une fois de temps en temps, et qui horripile le plus souvent car il ne sert à rien sauf à ruiner l’agressivité des titres, ou encore le chant clair féminin sur My only sacrifice qui sera au mieux anecdotique… Mais au final, ça colle bien à l’esprit qui se dégage de l’album, un metal sympatoche bien foutu et convivial. Certainement l’idéal en concert ou en soirée avec des binouses. D’un point de vue purement matériel, la prod est excellente, tout ce petit monde excelle à son poste, même le chanteur finalement car il multiplie les prouesses (le chant plus rock’n'roll de Save me est une piste à suivre), et sur un piédestal, ne tergiversons pas, mettons le soliste. Des doigts en or, certaines seront heureuses, il en balance dans tous les sens, sans que ça paraisse trop branlette, un côté heavy bien marqué, mélodique, parfois très inspiré (Save me toujours, LE titre de l’album). Dommage quand même que la première de l’album sonne aussi convenue, pas mauvaise dans le genre, juste manquant de piquant, surtout en regard de ce que balance le groupe à partir de Evil-you. L’album est solide, entrainant et sympa, alors pourquoi pas, on a entendu bien pire dans le genre, faudra juste se montrer patient durant l’écoute ou alors sauter de suite au titre 7 après l’intro.
2011- Album CD – M&O Music
6/10
UNSAFE – Masterpiece of the absurd
Jeudi, octobre 20th, 20116 mois avant d’enregistrer le chanteur se fait la malle. Y’a des jours comme ça. Qu’à cela ne tienne, la bassiste à l’origine du groupe, prend sa gorge à deux mains et la voilà en train de beugler les mains vides, mais un bassiste sympa intégère le groupe. Ouf, quel bordel. S’il y a bien une chose qui n’a pas trop changé par contre, c’est bien la zique. Enfin non. Mais un peu quand même. Déjà le changement de chanteur a induit l’absence de ces voix claires qui n’étaient pas indispensables sur le précédent album. Par contre leur deathrash se hisse au rang de ce qui se faire de par le monde dans ce créneau (on pense parfois à de vieux THE HAUNTED – A place in heaven – on a connu pire), c’est-à-dire en Scandinavie, c’est peut-être pour beaucoup un gage de qualité et sans doute l’est-ce. Pour d’autres ça signifie aussi une rentrée dans le rang, synonyme de professionnalisme, mais également de normalisation désespérante. L’album se tient bien, un côté bulldozer à la BOLT THROWER chevillé au corps, mais parfois on aimerait que ça cogne fort et surtout plus vite. D’autant plus que le choix de la production renforce l’aspect massif et compact de leur musique. Une basse très présente et des grattes aux rythmiques lourdes secondées par une batterie en mid-tempo avec double-pédale en fond. L’insoutenable légèreté du metal. Ce qu’il manque pour donner plus de dynamisme, ce sont des titres comme Revolution ou encore l’énorme Blockheads aux riffs monstrueux. À vrai dire si dans l’ensemble les titres sont bons , ils manquent toutefois d’accroche. Toutefois ils ont incluent ici et là des breaks intéressants qui permettent de casser la linéarité rampante. Ils n’ont pas à craindre la comparaison avec des plus grosses pointures, mais on aimerait par moment, entre deux concassages des riffs plus accrocheurs et mélodiques. Ils savent le faire, d’autant qu’une des meilleures clefs est d’introduire plus de solii (ça aussi, il savent…). Bref, un tournant plus bourrin pour la zique, à l’image de la voix qui est bien brutale : c’est très bien tout ça, mais il ne manque plus qu’à inclure des variations plus marquées histoire de ne pas ressortir de l’écoute de l’album avec un casque et une envie d’aspirine.
2011 – Album CD – M&O Office
6/10







