Death metal

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THE LAST SHOT OF WAR – Piece of hate

Dimanche, mai 12th, 2013

Beat au cul

Du deathcore pas chiant, ça existe, oui monsieur. Après c’est normal, c’est plus death que core, à commencer par le chanteur qui est plus dans un registre guttural, pas de voix hurlée pénible. Alors reprenons depuis le début. Des Belges. Création 2007. Blablabla on s’en branle. Évolution de death grind à «  beatdown deathcore  ». Pour toi, sale ignare, j’ai dégoté la définition du beatdown : des changements de tempo (ralentissement) couplés à un son lourd. Idéologie anti-tout blablabla on s’en branle aussi. Ce qui compte c’est que la zique est bien rentre-dedans, tout à fait ce que j’aime dans l’équilibre violence-petites expérimentations. Si ça manque de blasts longs histoire de bien terminer l’auditeur, on a quand même sa dose de parties qui accélèrent avec ces fameux mid-tempos qui doivent faire leur effet en concert. Ça riff sec, des riffs plus death que core, s’adaptant très bien à des passages plus saccadés, ces derniers ne faisant pas la loi d’ailleurs. Et puis le gros plus du groupe c’est l’injonction de sonorités qu’on ne se serait pas attendu à trouver là :étonnante mélodie au synthé dans Bill to the death, utilisation de sonorités technoïdes dans New unealthy order, chant rap dans Just once… pour l’inventaire on s’arrêtera là, car chaque titre contient le petit quelque chose qui le fait se distinguer des autres. Tout cela concourt à donner ce petit supplément d’âme qui va les faire sortir du rang des groupes purement bourrin. Rassure toi mon pote, ça reste quand même bien agressif, ça n’est pas un album de débutants, c’est ultra carré et avec une prod digne de ce nom. En résulte à l’album à l’ambiance apocalyptique, comme une plongée dans un conflit urbain, pour lequel le dernier titre, malgré sa dénomination (Life without hope) laisse au contraire présager tout le contraire, une paix post-apo,au milieu des ruines, à l’image du héros de Tetsuo 2, contemplant les ruines et savourant le calme revenu après la totale destruction. Ça peut encore arriver, gardons espoir !
2013 – Album CD – M&O Office
7/10

FORSAKEN WORLD – As time reflects our end

Jeudi, février 14th, 2013

Monde de merde

Situés entre Nancy (une belle ville) et la Haute-Marne (là par contre mon avis est nettement plus réservé), je comprend beaucoup mieux le terrible pessimisme qui anime les deux gus du combo. Hey les gars venez dans le sud, le soleil ça change tout. Ce premier album est une bonne carte de visite mais souillée de moments horripilants, ou clichés, voir naïfs. En effet des riffs brillants et super entrainants côtoient des passages syncopés, le putain de fléau du metal actuel, traces assumées de metalcore, pénibles et redondants, ou alors des moments assez plats et du coup longuets. Pourtant pas mal d’atouts dans leur manche, une bonne utilisation de la basse, que la production laisse bien transparaitre, des solii très sympas, et surtout des moments très inspirés (les riffs de Near Future par exemple). Leur death est assez mélodique en versant parcimonieusement, grâce aux vocaux variés à défaut d’être mémorables, dans l’aspect plus evil du black metal. Mais pas trop de brutalité ici, plutôt un death entrainant mais burné comme peuvent le faire peu de groupes suédois (histoire de situer les nordistes). L’album est perfectible à cause de certaines facilités et quelques horreurs sans nom comme ces voix sur la fin de As time reflects our end, mais en se concentrant sur les riffs, et ils en sont capables, ça devrait le faire. Et aussi une batterie plus organique, plus death, et surtout moins palpitante. Laissez ça aux coreux. L’album est un peu court (28 minutes), format réduit qui n’empêche nullement d’apprécier le contenu actuel, bien au contraire, rapidement injecté, on y revient plus facilement. Perfectible donc mais pas si mal.
2012 – Album CD – Autoproduction
6/10

NEVERCOLD – Demenphobia

Jeudi, août 9th, 2012

Avec Damar

Incroyable de voir ce genre de groupe en autoproduction ; pas ma tasse de thé mais une production au top – la batterie est monstrueuse, les grattes surpuissantes – et des compositions qui tiennent la route. Reprenons depuis le début. Jeunes gens dynamiques de Haute-Savoie (près des cimes loin des cons), rebelles dans l’âme ayant choisi le metal comme médium, le deathcore pour être plus précis, embarqués depuis 2006 dans la grande aventure de l’underground. Le premier titre envoie la purée dans la face de l’auditeur avec conviction, une brutalité enivrante suintant des riffs et de la production mais bien vite, un peu trop, diluée dans les mélodies. Le groupe navigue entre structures syncopées donnant envie de foutre le feu au premier venu, et mélodies plus suédoises. Ils ont bon goût car on devine une écoute prolongée des débuts de DARK TRANQUILITY dans leur prime jeunesse, mais ça casse trop leur base deathcore bien plus massif et prenant. Les influences sont nombreuses car dès le second titre on repart dans une autre direction (presque du SPAWN OF POSSESSION) avec des riffs alambiqués pas dégueu du tout. À la croisée de plusieurs chemins donc, mais entre nous je craque mon calebute bien plus facilement sur leurs riffs bien tranchants et syncopés (début de Demenphobia ou encore l’énoooooorme fin de Surrender, gnn envie de coller des torgnoles dans tous les sens) que lors des passages où la guitare lead nous tartine de la mélodie du bonheur. C’est vrai que la musique adoucit les mœurs, un peu trop d’ailleurs, coupez les doigts à ce virtuose de la 6 cordes histoire qu’on reste entre fans basiques avides de brutalité. D’un autre côté ça aère l’album, les trucs syncopés ça finit par donner mal à la tronche en plus des crises d’épilepsie. Ça ratisse large mais ça reste cohérent car le mixage des différents genres de death est réussi ; et surtout l’album contient ce qu’il faut de bourrinage pour accrocher… à réserver aux aficionados du death moderne.
2011 – Album CD – Autoproduction
6,5/10

PURGE – Sordid preludes to purgatory

Jeudi, juin 21st, 2012

Laxatif de la mort

Quand les death metalleux se mettent à faire du black, c’est rarement heureux, par contre le cas contraire s’avère plus intéressant. Car comment qualifier autrement PURGE ? Du death crado aux relents old-school bien prononcés avec des couilles poilues qui trainent dans le black. Si on regarde le line-up on comprend un peu mieux pourquoi ce death des cavernes dégage cette ambiance aussi putréfiante : des membres issus de MERRIMACK, COMO MUERTOS et d’autres bandes de rockers excités qui se sont alliés pour ce raffut. 11 ans après la 1ere démo, 3e enregistrement du groupe, ce ne sont pas des excités de la composition, on les en remercie, chose confirmée par la durée de l’album, 30 minutes, c’est compact, merci encore. En effet, on est quitte de s’emmerder, ici il n’y a pas de fioriture mais de la crasse, des guitares qui bavent, quelques solii bien heavy. J’aime ça, même si l’album sort au moment où le revival du death crado bat son plein, pas très propice pour eux ; leur album est de qualité mais est-ce que ça sera suffisant au milieu de toutes les sorties de DETEST RECORDS, DARK DESCENT et consorts pour se démarquer ? Ici le feeling black transpire par tous les pores du cadavre, c’est certainement ça qui les distingue des adorateurs du death suédois. De même on notera quelques injections de death plus moderne, par petites touches, suffisantes pour ne pas en faire un énième clone d’un truc à la mode. Malgré leur approche bien ancrée dans l’aspect le plus brutal du death old-school, ils seraient bien inspirés de poursuivre ce qu’ils ont disséminés tout au long de l’album, à savoir des parties plus lentes, voir plus atmosphériques (comme l’entrée de Secuestrado), qui leur donnent une touche plus abordable et maligne. Ils ne leur restent plus qu’à se sortir le doigt et pondre un album…dans 10 ans ? Un rythme respectable ceci dit, ça nous évitera d’écouter la même zique qu’on nous sort tous les mois sous un nom de groupe différent.
2011 – Album CD – Gospel of Death Records
7,5/10

WHEN REASONS COLLAPSE – Full of lies

Lundi, avril 2nd, 2012

On ne montre pas du doigt

Si les premiers accords de l’intro font penser aux ambiances brumeuses exhalées par les groupes de black, la guitare lead et ses sonorités plus aigües illuminent et démentes rapidement cela. S’enchainent alors des titres que l’on qualifierait sans vergogne de deathcore, tu sais le genre de death moderne, alliant technique et matraquage vocal assez bourrant. Sauf que là, ça passe bien cette voix écorchée, car on monte nettement moins dans les aigües que d’illustres confrères suédois (par exemple…). Justement les parigots s’en tirent très bien, car leurs titres sont d’un format assez compacts, ça va droit au but, c’est appréciable et ce malgré des structures fouillées. On ne s’endormira pas en écoutant ces 7 titres car les alternances de tempo, et les arrangements de batterie permettent de maintenir l’auditeur en éveil. Par contre plus de blasts purement death auraient été fortement appréciés. M’enfin, l’intérêt se trouvent surtout dans les parties de guitare aux riffs tantôt aériens, tantôt tranchants, parfois même lourds, et très souvent accrocheurs car légèrement mélodiques, mais juste ce qu’il faut pour ne pas sombrer dans la mélasse gluante et écœurante des mauvais clones suédois qu’on retrouve dans diverses écuries allemandes… Ne nous égarons pas, ici c’est du tout bon, et le plus du combo étant de parfois créer des ambiances prenantes (Full of lies), ambiance qui se retrouve ne filigrane tout au long du MCD, atmosphère oscillant entre rage et un brin de mélancolie, mais ne tombant jamais dans la ritournelle bon marché. La production manque parfois de patate, entre des guitares qui pourraient être encore plus tranchantes et une batterie qui sonnerait de manière moins mécanique. Malgré tout, ça reste bien équilibré et même les voix (gueulée, death qui manque de glaire au fond de la gorge, et chœurs scandés trop en retrait) omniprésentes ne sont pour une fois pas saoulantes. En bref, un MCD en forme de carte de visite pour donner un avant-goût d’un album déjà annoncé.
2011 – MCD – Autoproduction
7/10

FAITHLESS MESSIAH – Ghosts

Dimanche, mars 11th, 2012

Pas de foi pas de chocolat

Le groupe persévérant par excellence : genèse en 2007, séparation de 2 ans, enregistrement en 2010 et signature fin 2011, c’est beau, et ils ont raison de s’accrocher car il y a du bon là-dedans. Évacuons rapidement les pseudo-influences suédoises qu’on leur attribue à tort ; certes leur death est très mélodique mais on est loin de s’enfoncer dans les tourbes cucul la praline de cette scène. Leur musique est dynamique et suffisamment musclée pour faire la différence, mais quitte à les comparer il faudrait viser carrément vers le premier SEPTIC FLESH. Alors ok, on est loin d’une ambiance aussi mystique et forte, mais il y a des signes qui ne trompent pas, tout comme certains riffs. Des titres comme Ghosts ou Abomination contiennent des riffs qui nous renvoient des années en arrière où la mélodie dans le death n’était pas synonyme de musique pour castrés. Cette douce atmosphère flotte tout au long de l’album mais sans toutefois atteindre l’apothéose d’un Mystic places of a dawn. Ce n’est pas dans leurs objectifs a priori mais ça vaut mieux que celui de sauver les baleines. L’album est compact, ça file vite, pour un rendu agréable, mais dommage que l’ambiance ne soit pas plus sombre, la faute à des mélodies trop douces, des riffs alambiqués témoignant d’une maitrise technique indéniable. Il est certain que le produit en tant que tel est bien calibré, la production est excellente, notamment pour la batterie, dont chaque élément se détache avec clarté. L’album est bien foutu, ça passe tout seul, mais cette ambiance m’emballe moyennement. D’autant plus dommage qu’ils se rapprochent de cette ère perdue du metal grec pour finalement privilégier une approche plus moderne du death mélodique.
2011 – Album CD – M&O Music
6/10

SEYDR – Every cloud has a silver lining

Jeudi, janvier 19th, 2012

Dans la brume électrique

Certains groupes ont tout compris : un titre d’entrée qui casse tout, comme ça les hostilités sont clairement déclarées. Les couilles posées direct sur la table pour montrer qui est le patron. Ça me plait. Un riff ultra massif, monstrueux tant il en impose, sur lequel plane l’ombre d’un ange morbide. Doublé d’une voix death classique qui sied à merveille à la zique, à l’élocution et au phrasé parfaits. Raa ça y est, l’extase. Y’a vraiment rien d’original là-dedans mais quand ça envoie la purée avec un tel brio, impossible de ne pas adhérer. Les hostilités sont bien entamées mais il y a encore 4 titres derrière qui vont juste enfoncer le clou. Du riff avant tout, une personnalité bien affirmée et une ambiance appuyée par un synthé qui sait rester à sa place. Il manque juste quelques solii et là ça pourrait être parfait, encore qu’ils s’en sortent bien pour balancer des titres non linéaires, avec pas mal de breaks intéressants, et où les guitares restent le pilier principales des structures. Le batteur est carré, et son jeu quasi-martial colle bien à l’atmosphère, de la rigueur, pas de folie, une présence indéfectible et solide. Quelques morceaux contiennent des passages fabuleux, outre l’entrée du 1er titre, plus axé vers une ambiance spatiale et nébuleuse comme le début de Every cloud has a silver lining, chose non poursuivie dans le reste du morceau, gnn, sacripants ; ou encore la bonne partie de basse tourbillonnante de Hourglass. 5 titres homogènes qui vont droit au but, sans rien inventer, là n’est pas le propos, mais ils affichent tout de même une forte personnalité. J’apprécie particulièrement leur type de jeu glissant des passages un poil plus technique sans en faire un empilement dégoulinant de notes et de tout un tas de bordel masturbatoire. Des passages imparables, des riffs accrocheurs, une prod correcte, que foutent les labels ?
2011 – MCD – Autoproduction
8/10

NAMI – Fragile alignments

Mercredi, novembre 16th, 2011

Earth wind and fire

On a tous eu envie pendant l’écoute d’un album d’OPETH de se dire que ce serait bien que quelqu’un leur foute une bonne grosse tarte dans la tronche histoire de les réveiller, de les voir un peu plus s’exciter, et ainsi retrouver un peu de cette mauvaise humeur des débuts. C’est presque chose faite, mais c’est NAMI qui prend le rôle de l’énervé. Le quintette réussit cependant à ne pas verser dans l’excessif retour aux «  sources  » seventies, véritable mode du moment, mais combine agréablement l’aspect death atmosphérique avec des passages progressifs planants. Toutefois, quand on parle de death ici, remettons les pendules à l’heure : pas de blasts doublés d’une voix façon évier qu’on débouche. Plutôt une death mid-tempo aux riffs efficaces variant du mélodique à la rythmique plus velue, mais pas leur meilleure facette car moins accrocheuse (parties les plus rares heureusement). La construction de l’album montre d’ailleurs que leur véritable créneau, c’est celui du metal aérien, les parties plus violentes n’étant que les faire-valoir des parties plus calmes, chaque moment bourrin n’étant là que pour plus souligner la légèreté et l’enivrant calme de leur côté lumineux. Le tour de force de l’album c’est de littéralement couler d’une ambiance à l’autre sans que cela jure. Tout se fait progressivement, et le dosage reste parfait, mais on a parfois envie que les ambiances aériennes durent plus longtemps histoire de voler plus longtemps dans leur univers, toute comme on aimerait les parties aux riffs couillus s’allongent pour profiter de ces parties de grattes efficaces. Mais ils ont certainement trouvé dans leurs structures l’alchimie parfaite entre agression et calme puisque ça fonctionne très bien ainsi. L’album reste quand même dur à appréhender, et va nécessiter une écoute attentive et approfondie (c’est pas moi qui le dit, c’est marqué sur leur site) car en plus de pondre des titres alambiqués, il va falloir creuser les parties musicales très intéressantes, loin d’un jeu de novice mais quand même suffisamment abordables pour intéresser les non-musiciens. Plus de parties acoustiques auraient été bienvenues, de même que des parties plus emphatiques et épiques comme sur le morceau introductif qui est une entrée en matière de toute beauté. Pour nous aider à adhérer à leur album à la thématique positive (mais puisque je vous dis que c’est pas moi qui le dit) on se délectera d’un artwork sublime, bien emballé dans un magnifique digipack. Ils ne font pas les choses à moitié, mais aux relents seventies planant (convaincants ceci dit) j’aurai préféré plus de noirceur et de mélancolie. Un album qui porte l’auditeur pendant 58 minutes tumultueuses, le temps d’un voyage d’un extrême à l’autre parmi les éléments. Et puis pour ceux qui veulent s’immerger encore plus, accompagné d’un gros pétard de drogue ou d’une boutanche d’alcool, ça doit le faire.
2011 – Album CD – Klonosphère Propagande
7/10