Black Metal

...now browsing by category

 

NAHAR – A moment of dead emotion

Vendredi, avril 22nd, 2011

Pas de jambes, pas de chocolat non plus

NAHAR m’avait pas mal accroché avec sa 1ere démo, proche des œuvres de BURZUM et saupoudrée d’un peu de DARKTHRONE, sans la sauce thrashy, et ce MCD poursuit parfaitement ce qui a été initié. Il n’y a pas d’évolution notable dans les compositions proposées : une musique glaciale au feeling très sombre, mais dans une tournure purement black loin des combos de black/doom. Point de jérémiades et de tristesse apitoyant, juste un sentiment froid de pessimisme profond mélangé parfaitement au chant au timbre assez guttural pour le genre, avec quelques hurlements plus hargneux de bon aloi (Rapture in deed). C’est d’ailleurs toujours Sorghal (NEHEMAH) qui fait office de porte-parole du groupe alors que le reste est géré uniquement par Shadaar. Les guitares sont tranchantes et bien métalliques avec des riffs très accrocheurs et mélodiques, mais le point noir reste la batterie, notamment lors des accélérations, peut-on appeler ça des blasts ?, qui paraît paresseuse, mais fort heureusement elle n’écrase les grattes. Les structures restent simples, pas de démonstration technique ici, mais on se laisse guider par cette valse hypnotique où la basse apporte de bonnes parties efficaces et légèrement mélodique. Absolument pas novateur, pas mal de parties rappelleront sans équivoque BURZUM lors de ses premières œuvres, mais possédant tout de même une personnalité propre et du charme. Minimaliste mais capable de caser des riffs aux ambiances angoissantes et glaciales, un groupe qui perpétue là l’essence même d’un black metal digne des années 90.
2005 – MCD – Korosiv Production
7/10

UTUK XUL – The goat of the black procession

Vendredi, avril 22nd, 2011

Trou d'Utuk

Du black metal colombien, je ne m’attendais à rien d’autre qu’un flot de brutalité primaire et crade, et j’en ai eu largement pour mon compte. 1er album du groupe (au bout de 8 ans dans la scène tout de même), ça commence de manière sympathique et très festive avec ce sample de messe rituelle exécutée par Anton Lavey avec ce doux fond d’orgue et ces suaves déclamations incantatoires. On se retrouve plongé plusieurs décennies en arrière où tout ce beau monde était costumé de manière outrancièrement ridicule (des vidéos existent, pour le culte). Et puis à la 1ere chanson c’est le chaos total, du blast incessant, une batterie qui matraque (caisse claire casse boules, double pédale à bloc) tout ce qu’elle peut, des riffs assez peu discernables voir inexistants, les guitares se contentant de grésiller tranquillement en formant un épais mur nuisible pour les oreilles. Ça devient très vite insupportable : une demi-heure de ce truc dans la gueule et tu ne sais plus où tu habites, ce que tu étais en train de faire, tu pourrais même avouer n’importe quoi pourvu qu’on arrête cette merde infernale. De plus les morceaux étant très longs (genre la dizaine de minutes pour les deux premiers, durée qui chute à 5 minutes ensuite mais qui paraissent une éternité tout de même) et tournant sur du blast du début à la fin avec deux ou trois riffs différents en tout… je te laisse imaginer la taille du casque sur ta tronche à la fin de l’album. Brutal c’est certain, intéressant, pas le moins du monde. Et surtout ça se finit par une messe d’Anton Lavey. Comme ça on n’a pas l’impression de tourner en rond. Pour compléter le tableau, dans le livret la photo des deux zigotos qu’on croirait en train de chier, sans enlever leur falzar. Non mais sans déconner, coupez-leur le jus bordel.
2003 – Album CD – Hell Attacks Productions
0/10

ASES – Of moonlords and sunwheelwarriors

Lundi, avril 11th, 2011

Sous les sunwheels des tropiques

Deuxième album des Limougeauds, Of moonlords… poursuit là où Neverending warlust s’était arrêté : dans la violence. En effet, le premier titre est un modèle d’accroche, car le groupe balance d’entrée de jeu un des meilleurs titres de l’album, Black metal knights, qui jette à la gueule un riff foncièrement méchant et brutal dès le premier break. Difficile de ne pas sentir la grenadine monter, car en moins de 3 minutes on a une belle démonstration de puissance du groupe. Par contre, on retrouve difficilement par la suite la même conviction dans les riffs, bien que certains passages demeurent intéressant, on n’a plus cette même impression de rage dans les guitares. Quelques élans mélodiques, d’autres plus épique, mais sans convaincre autant, même si le tout est loin d’être mauvais. Le black metal de ASES reste très convenu dans la forme, pas désagréable, avec ce qu’il faut de blasts et parties plus thrashy, structures très dynamiques et variées, mais qui peinent à convaincre, peut-être justement car il manque le riff qui tue pour emporter la mise. Et puis le défaut majeur de l’album est tout de même la production qui fait la part belle à la batterie, qui ressort beaucoup trop, cette dernière hachant la sonorité notamment dans les blasts…et comme on n’est pas dans le doom… Les cymbales ressortent également trop, comme détachées de l’ensemble, sensation assez gênante, même si parfois ça donne de bonne choses (The call of emperor). L’album se laisse toutefois écouter avec quelques morceaux de bravoure, tel que ce The emperor’s theme, avec un chant clair bien senti, donnant la touche épique à l’album. Mais globalement les riffs m’ont laissé sur ma faim surtout après la claque du 1er titre. Plaisant mais donc loin d’être indispensable malgré quelques plans intéressants.
2004 – Album CD – Taran Production
5,5/10

THE END 666 – Terror inside

Mardi, mars 15th, 2011

For IbraHIM

Pour tous ceux qui ont suivi les méfaits du duo depuis les débuts on ne sera pas vraiment surpris de la teneur du présent album, car rien n’évolue en ce bas monde, ou si peu. En gros pas un truc pour jeune gay en perte de repères sexuels. Quoique l’adjonction d’Interceptor Bernollin, en lieu et place du traditionnel comparse d’Infernal, laisse ouvert le débat. Cependant on notera que quelques ralentissements se font entendre ici et là, évolution salvatrice pour qui a déjà expérimenté les enregistrements précédents. Toutefois on ne cessera de comparer cet album au passage effréné sur la gueule de l’auditeur d’un convoi de bulldozers aux moteurs trafiqués pour en faire des bêtes de course. Les maigres pauses seraient en quelque sorte le temps pris pour remettre l’auditeur d’aplomb pour mieux lui rouler sur la gueule. Les riffs secs et nerveux sont reconnaissables entre mille, avec un grain particulier dans la production, hyper acérés donnant cette impression d’avoir un fil barbelé qui passe d’une oreille à l’autre. Tout est effectivement axé sur les riffs, la batterie alternant sobrement le mid tempo et les blasts inhumains, la voix n’étant qu’un crachat touffu pollué de réverb ajoutant encore plus à la violence sonore ; le tout donne une impression étouffante, sans aucune possibilité de bols d’air éventuels. Il n’y a rien à attendre de mélodique, de soft ou de gentillet. Assez insupportable pour le commun des mortels, metal extrême nous voilà, de quoi faire la nique à toute la scène war metal, ceux là mêmes qui pourront peut-être supporter cette vague incessante de brutalité. Autant dire que des fois ça me gonfle autant que ça peut me redresser la tige par cette extraordinaire fougue dégagée. Au milieu de ce beau bordel on a droit à un moment de génie, ni plus ni moins, un riff d’une violence qui n’a d’égal que son accroche, dans le très poétique Your father sucks demons, où le break est un véritable appel au headbangue furieux (avec ou sans cheveux), un appel à tabasser ses voisins avec tous ses ustensiles de cuisine. S’il n’y a qu’un truc à retenir, c’est ce passage génial. En tout cas l’album est largement plus digeste que les démos et c’est tant mieux. Les amateurs de brutalité crasse se régalent déjà, les autres ont déjà des acouphènes à la lecture de cette chro. Dommage que les textes ne soient pas dispo, car des titres comme 14-old year bitch, Hitler is metal (subtil clin d’œil à la scène orthodoxe) ou encore Islam kills, moi ça me fait rêver.
2004 – Album CD – DUKE
6/10

LUX FERRE – Atrae materiae monumentum

Mercredi, février 2nd, 2011

Le porteur d'ennui

Il est plaisant de se dire qu’on a suivi un groupe depuis ses débuts et de balancer à la cantonade : hey bande de tocards moi j’y étais à l’époque pour soutenir le groupe pendant que vous vous paluchiez sur KORN. C’est d’autant plus plaisant quand le groupe perce les nuages et s’envole dans le cosmos des stars du black. C’est con mais c’est pas cette fois-ci que je pourrais crâner parce que cet album est une énorme déception. À ses débuts, le groupe avait cette étiquette collée au cul de clone de MARDUK, notamment car la batterie coincée en mode supersonique avait également ce défaut d’être mixée bien avant pour t’en coller plein la gueule. Divers splits, un excellent premier album et un silence de 4 ans… Les études du chanteur probablement et certainement une méchante engueulade entre les deux membres fondateurs. Ce qui est con, c’est que celui qui a été évincé est le gratteux, donc le compositeur. Tout tient là, puisque le gratteux composait les titres. Forcément avec un nouveau guitariste il y a une griffe différente ; ce dernier est d’ailleurs dans PENITENCIA, où justement son pote Devasth fait le chant… En effet l’album se traine le cul avec un couple de grattes qui plongent dans l’ennui sans réel riff frappadingue ou ambiance foncièrement obscure. Pourtant il y a quelques moments sympathiques qui incitent à la clémence, en se disant que cet album est celui du retour, le temps de se caler et au prochain ça sera nickel. La batterie est toujours aussi mal mise en valeur, moins de blasts, et j’arriverai presque à regretter cela, alors même que le groupe se détache radicalement de ses influences suédoises. Les mélodies sont pas mal à écouter mais sans plus (sauf dans Thirst for despair où ça arrache pas mal), heureusement le bassiste arrive à placer des lignes plus intéressantes, notamment dans Pira. Le genre d’album qui fera passer le temps pendant un mois mais qu’on oubliera très vite. Qu’ils reprennent Baal Sabbath aux guitares, et vite.
2009 – Album CD – Ketzer Records
5/10

DARVULIA – Mysticisme macabre

Jeudi, janvier 20th, 2011

Ouh la belle pomme

La sorcière est de retour, elle vieillit, et pourtant ne se radoucit pas. Au contraire elle devient de plus en plus irascible. La vieille couenne est toujours représentée par le duo infernal, ce qui explique certainement que la zique ne progresse pas d’un iota ; déjà on sait ce qu’on trouve et la touche unique du groupe dans les riffs suffit à combler le fan ; par contre le manque d’évolution peut suffire aux auditeurs pour se contenter des albums précédents. Production parfaite pour le genre, à savoir des guitares puissantes mais brouillonnes aux encolures pour garder cet aspect terreux exhalé par les riffs, une basse audible, et une batterie tout terrain qui est fondue dans le tout juste ce qu’il faut pour ne pas écraser le reste. Pas de technique ébouriffante, juste un alignement de riffs purement black, parfois carrément insanes, la touche typique du groupe, une brutalité sous-jacente dans des parties tour à tour rapides ou mid tempo, gardant l’attention d’un auditeur bringuebalé dans un voyage dans la sorcellerie la plus noire. À noter encore une fois, et toujours aussi peu exploités, des passages atmosphériques excellents, d’autant plus qu’il n’y en a que deux, gnn, notamment dans Hivers noirs des anciens âges, avec ces fameuses voix torturées de vieille acariâtre sur un riff lent et accrocheur, ou encore dans le final de Langues répugnantes où un aspect plus ritualiste et occulte se manifeste. Le genre de passages qu’on voudrait entendre plus souvent ou surtout plus longuement, notamment l’aspect rituel qui colle parfaitement à la thématique développée par le duo. Un bon album, pas une révolution pour les aficionados du groupe, mais certainement plus intéressant et honnête que n’importe quel groupe norvégien sur le retour.
2010 – Album CD – Battlesk’rs Productions
7/10

LEGIONS OF WAR – Towards death

Mardi, janvier 18th, 2011

En route mauvaise troupe

T’as vu le nom du label? Oué ? Donc attends toi à un truc bien old school et hors de toute mode tapageuse. À vrai dire c’est tellement ça qu’on se demande si on est pas à bord de la Doloréane. C’est assez couillu de sortir ce genre d’album pas vraiment surproduit, mélangeant un doux feeling black que n’aurait pas renié un BEHEMOTH des débuts, coupé avec des parties thrash assez roots, de rares passages aux accents death (Lamentations through the silence), et des solii heavy façon années 80. Étrange mixture d’ailleurs. C’est la partie black qui l’emporte sur la galette et aussi dans mon cœur. Enfin black…les racines le sont sans ambiguïté, mais un vieux black qui garde cet ancrage thrashy en grande majorité, qui fait de la zique autre chose qu’une succession de blasts. Les riffs ont la part belle dans les structures, et la basse est pour une fois parfaitement audible avec des parties sympathiques, donnant une consistance supplémentaire à la structure. La seule chose qui passe moyennement, c’est le type de solo choisi, à savoir un truc franchement heavy metal, très mélodique qui tranche radicalement et avec les riffs agressifs et avec l’ambiance, lui donnant un côté plus sautillant et emporté, pas forcément dans la continuité de ce qui est suggéré. Il n’y a bien que dans le dernier titre (The sniper) que le riff abandonne légèrement cet accent très mélodique pour coller plus à l’ambiance black, ce qui fait d’ailleurs de ce titre le meilleur de l’album, excellente conclusion d’une série de chansons convaincantes. La disque mentionne deux pistes vidéos, malheur il n’y en a qu’une, à savoir un clip pour l’excellent Mission to kill mais en version démo, avec notamment une entrée qui me paraît bien meilleure point de prod que la version album. Des images de guerre (la seconde) alternées avec les 4 gus en train d’enregistrer. Pour la piste absente, un tour sur Youteub et c’est joué. Là c’est Deep in the dark, même schéma, des sous-marins, des chevelus qui jouent. Avec ou sans image, peu importe, l’album est très convaincant.
2008 – Album CD – Infernö Records
7,5/10

TRANSCENDANCE – A letter from the lost days…

Mercredi, décembre 15th, 2010

La Poste aurait du perdre cette lettre...

Il est prolifique Sir Astaroth, non seulement il a beaucoup de groupes (one man band pour la plupart) mais en plus il compose beaucoup dans un laps de temps très court. Par contre on ne peut pas dire qu’il soit très porté sur la qualité de composition et d’enregistrement. Pour le projet dont il est question ici on se posera la question sur la légimité de l’existence de cette œuvre brouillonne et dispensable. Hautement dispensable, pour ne pas dire polluant la scène metal. Un pur rejeton de ce qu’a créé de plus ignoble la scène poliment appelée bedroom black metal. Plus les titres s’enchainent et plus on est ébahi par la faculté du « musicien » à mettre en musique l’absence absolue de talent. Une parfaite bande son de l’inutilité musicale, de la perdition totale d’intérêt, la merde auditive dans son plus pur élément (ou excrément c’est selon). Comment décrire l’indescriptible? Des titres d’une longueur incroyable (pourtant 7 minutes peuvent être courtes chez d’autres), entrecoupés d’interludes (ressemblant à des chutes de riffs non utilisés mais ici on récupère tout, on recycle toute la merde, l’inspiration tu comprends!) absolument risibles s’ils n’étaient pas autant de rallonges à un album déjà bien difficile à s’enfiler. Une production où les grattes sonnent de cette manière typique aux projets solos fait à l’arrache, son hyper abrasif avec une batterie éhontément poussée sur le devant au son également abominable. Le gars s’est surpassé dans la médiocrité, pas de doute là dessus, et le plus marrant c’est que chacun de ses projets a pondu un album pour disparaître dans les limbes du néant d’où ils n’auraient jamais du sortir. Au four.
2006 – Album CDr – Occultum Productions
0/10