PASCAL BAILLY – Colères et envies

Written by Ennemi on novembre 2nd, 2011

Borsalino and con

Avant de porter le costard et le tommygun, Pascal Bailly avait la nuque longue et le spantex moule-burnes (autres temps autres mœurs) en tant que frontman de SQUEALER, vieille gloire hard-rock française des années 80, qui n’a pas connu le succès escompté – faut dire qu’à l’époque être français dans ce créneau n’était pas vendeur. Les années ont passé, Pascal s’est assagi au niveau musical, pas forcément au niveau lyrique et c’est heureux. Fini le hard-rock pur et dur, ici l’album a une tonalité globalement rock, avec diverses déclinaisons qui font chaud au cœur et permettent d’appréhender plusieurs facettes du personnage. En effet on passe agréablement du rock au hard-rock, des fois avec des touches bluesy jusqu’aux ballades désenchantées excellentes (Tout de moi notamment). Pascal a tout composé et le fait d’être le chanteur du groupe dessert quelque peu les structures, car les titres font la part belle aux voix. L’instrumentation, simple mais pas simpliste, comporte toutefois des mélodies et arrangements sans fioritures, quasiment dépouillés, et il n’y a que sur les deux derniers titres de l’album que les instruments ont de courtes plages pour s’exprimer un peu plus. En résulte une musique qui donne plus une impression d’accompagnement pour la voix, un fond sonore pour nous éviter un album a capella. Et justement la voix…assez spéciale quand Pascal force sur ses cordes vocales, mais toutefois en parfaite adéquation avec le genre, c’est une voix de rocker, pas de celle des fiottes formatées pour la radio. Son point fort est d’avoir une voix claire envoutante, proche de celle de NINO FERRER dans sa seconde période artistique, une voix mélancolique et porteuse de désillusions, et dont la meilleure illustration est ce fameux Tout de moi. On pensera même à du RENAUD sur un titre comme Complainte d’un sentiment de rien… Une polyvalence bienvenue vu le dépouillement extrême au niveau musical et du son. Quasiment suicidaire comme démarche de nos jours où le gros son, la grosse prod, les flonflons priment sur le reste. On s’en fout, ici les riffs simples restent facilement en tête, et on retiendra ses titres purement rock (Je me hais tellement, le génial Estelle, le brillant Arrêtez le temps et L’idée me hante pour bien finir) comme les plus réussis grâce à des mélodies vocales qui font mouche. Un album pour rockers authentiques et nostalgiques hors de cette époque clinquante.
2011 – Album CD – Autoproduction
6/10

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