HERITIERS DE LA HAINE – Enemy eternal

Written by Ennemi on juillet 30th, 2010

L'amour en héritage

Ces sympathiques héritiers de la haine nous viennent tout droit du sud, sous forme d’un power trio efficace et décapant. C’est peu dire que leur musique est un abrasif puissant pour tous les ensablés des portugaises. Afin d’étayer mes propos, je vais seulement vous citer deux des influences qu’ils revendiquent : ANGELCORPSE & KRISIUN. Alors, on fait moins les malins là? Officiant dans le créneau du death, teinté de black pour l’esprit brutal et anti religieux qui se dégage du tout, on en prends effectivement plein la gueule dès les 1ères mesures. Et effectivement l’influence ANGELCORPSE revient sans cesse à l’esprit, dans la tournure des riffs, mais avec une production beaucoup moins crade, rapprochant ainsi le groupe d’un death plus contemporain, mais également dans la brutalité des titres et cette volonté de présenter une musique non linéaire. Les riffs sont efficaces, rapides et tordus et pas à un moment il n’y aura de pause, la musique matraquant l’auditeur tout au long des 21 minutes de cette démo. La production sied donc parfaitement au groupe, puissante mais pas dégoulinante de retouches, mais la batterie parait légèrement en retrait. Autre grief, concernant les voix : il y a deux chanteurs, mais on ne distingue que trop rarement deux timbres différents. Cela pourrait donc apporter un plus non négligeable si deux tonalités pouvaient se faire entendre de manière plus distincte. À ce propos ne t’attends pas à du grunt caverneux, mais plutôt à une voix plus old school et une autre voix (plus rare donc) plus criarde et typée black. Les amateurs de death brutal vont être comblés donc, mais c’est le genre de death qui plaira plus aux black metalleux qu’aux death metalleux d’aujourd’hui (du genre des petites pédales avides de trucs suédois…). Pour les collectionneurs, il existe une version intitulée Sur le pied de guerre, avec une pochette et une production différentes.
2006 – Démo CDr – Autoproduction
2007 – Réédition CDr – Eisiger Mond Productions
2008 – Réédition K7 – Infernal Kommando Records
7,5/10

BLACK RAINBOWS – Carmina Diabolo

Written by Ennemi on juillet 28th, 2010

Diabolo fraise

Amoureux des psychotropes, ami des longues étendues sableuses, accroc aux bouteilles de bières tiédasses, descends de ta harley, j’ai un truc pour tes esgourdes. Si les ritals se sont réunis pour se marrer et prendre leur pied, on peut dire que leur entrain est particulièrement communicatif, car leur stoner est un cliché absolument conforme à l’idée que je me fais de cette zique et surtout de ce qu’elle doit faire ressentir. Du pur stoner tournant à la tequila et à la sueur, avec des grosses louches psychédéliques (facette somme toute encore assez sage, mais avec de bonnes pistes à explorer comme dans l’excellent Space kingdom), une emprunte seventies marquée au fer rouge sur leurs couennes de romains, des traces évidentes de BLACK SABBATH, mais aussi d’autres plus heavy, notamment DEEP PURPLE (le vieux, le très vieux), le tout avec une voix nasillarde rappelant par moment Rob Zombie. De fait, la trame est tout de même archi connue, et ce dès le premier titre avec ces riffs qui tournent de manière convenue. Mais pour mettre en confiance l’auditeur y’a pas mieux. On sait où on va, mais parfois il est dommage que nos trois compères n’explorent pas plus le côté psyché, ou encore qu’il n’y ait pas plus de parties de grattes s’éloignant du riff typiquement rock’n'roll pour livrer des moments monstrueux comme le début de What’s in your head, absolument génial ; chose incompréhensible ils repartent d’ailleurs dans une direction qui n’exploitent pas assez l’entrée au milieu du titre. Un peu le travers dans certains titres avec des passages insuffisamment exploités alors qu’il y a quelques moments qui se hissent au-dessus du train train peinard du stoner tranquille. Mais pas encore assez pour faire du groupe un incontournable. Ceci dit on retiendra Himalaya, What’s in your head, Return to Volturn et Space Kingdom qui contiennent chacun des parties instrumentales qui se détachent du tronc commun en titillant la psyché. Même basique, le stoner reste une musique qui s’apprécie avec des accessoires à gober, à fumer, à avaler, de quoi libérer l’esprit et le laisser voguer au gré des titres ; BLACK RAINBOWS s’avère être dans ce cas un guide de choix.
2010 – Album CD/LP – Longfellow Deeds Records
7/10

ANSUR – Axiom

Written by Ennemi on juillet 27th, 2010

Réactiom

Bon sang de bois…Ce genre de groupe est le parfait exemple du fossé séparant un pays metal comme la Norvège d’un pays comme le nôtre. Juges en plutôt : le groupe est composé d’inconnus qui ont enregistré dans leur propre studio cet album, et qui se font signer illico chez CANDLELIGHT. Le résultat est une véritable bombe. Incroyable album dans lequel se télescopent des influences à chercher du côté de OPETH pour la tournure de certains riffs et la qualité des passages acoustiques, des ambiances que n’aurait pas renié EMPEROR, ou encore la froideur d’un THORNS le tout arrosé de passages qui auraient pu figurer sur l’unique album de DIABLERIE. On est majoritairement dans des tonalités black mais le groupe ne se cantonne pas à cette étiquette, alternant des passages typiquement norvégiens à d’autres beaucoup plus aériens et froids, alors que d’autres parties convoleront vers des cieux plus progressifs. Chaque titre est une petite merveille de composition, usant de vieilles recettes et réussissant pourtant à faire mouche, accrochant de par ses ambiances à la fois épiques, envoûtantes et intimistes. Il est certain que pour pouvoir brasser autant d’atmosphères, les musiciens sont techniquement irréprochables – les solos sont énormes et n’ont pourtant pas grand chose à voir avec le black -, secondés par la production claire et agressive dans les sonorités. L’album va crescendo en proposant sur la fin des titres majestueusement violents, gagnant en intensité. Je ne vois pas trop comment ils pourront faire mieux la prochaine fois.
2006 – Album CD – Nocturnal Art / Candlelight
8,5/10

WOLFSHADE – Evening star…

Written by Ennemi on juillet 27th, 2010

Gaule du matin...

Encore un one man band officiant dans le créneau déjà bien chargé du black froid à tendance “dépressive”. Autant dire que tout repose sur les riffs, les structures dans ce genre de black n’étant pas hyper chiadées. Ça part plutôt bien avec un prologue aux riffs excellents, mais hélas trop court…Les titres vont alors s’enchaîner paisiblement, tournant effectivement sur peu de riffs, mais ceux ci délivrant de subtiles mélodies frisant la mélancolie (Oneiric Nebula rappelle sans équivoque possible le 1er BELENOS). Le problème du groupe c’est l’extrême dépouillement dont il fait montre tant au travers de la prod – d’ailleurs en tendant bien l’oreille, les cymbales bavent légèrement comme après un mauvais encodage – et surtout au travers des structures. Au bout d’un moment ça devient gonflant si on ne rentre pas dans le trip, ce qui n’a pas été le cas pour ma part. Les riffs sont passables dans l’ensemble, mais il y a un manque de dynamisme flagrant et des arrangements beaucoup trop simplistes pour mettre en valeur le travail fait aux grattes. Le problème étant que ce genre de black a le vent en poupe, on a du mal à voir ce qui pourrait durablement sortir cet album du lot. Par contre on finit en beauté avec un titre aux riffs excellents, ce qui permet de finir le CD (et la chronique) sur une note positive, et peut on espérer, avec l’idée que ce groupe pourrait éclater si jamais tous ses futurs titres gardent la même intensité émotionnelle que ce fantastique Vision chimérique.
2006 – Album CD – Forgotten Wisdom Productions
5,5/10

DENOUNCEMENT PYRE – Hells Infantry

Written by Ennemi on juillet 26th, 2010

Engagez vous qu'ils disaient

Du brutal black ou du brutal death? Difficile de trancher, comme pour beaucoup de groupes australiens, tant le genre emprunte aux références les plus radicales des deux styles pré-cités. En même temps quand on voit que dans les rangs du groupe (lors de l’enregistrement de cette galette) on peut trouver un ex-DESTRÖYER 666 et un mec d’ABOMINATOR, il ne faut pas s’attendre à des rafales de berceuses. Ça commence avec un bon titre de black typiquement dans la mouvance norvégienne mais on dérape vite vers une agressivité brutale et puissante lorgnant plus vers le death cher à ANGELCORPSE. Les riffs sont de véritables fils barbelés, grésillant et arrachant tout sur son passage. Chose assez incroyable, en gardant un tempo élevé, que ça soit en blast ou avec une double pédale qui ramasse bien la gueule comme un bulldozer, le groupe ne saoule jamais. Tout cet épanchement de raffinement est enrobé d’un écrin de velours avec une production faisant sonner les grattes comme des tronçonneuses et la batterie comme un canon de DCA. Loin d’être linéaire, ce MCD m’a au contraire bien accroché par son aspect éminemment metal, ultra massif et direct, loin des productions sirupeuses pour pédalos humanistes encensées par nos chers “confrères”. Les gars ont une cadence de composition assez élevée ; il faut donc s’attendre à du lourd dans le futur ; à voir également si ça restera tout aussi supportable sur une plus longue durée. En attendant, prends ça dans ta gueule.
2006 - MCD – Forgotten Wisdom Productions
2009 – Réédition K7 – Unholy Blasphemies Prod

7/10

DIABOLIC POSSESSION – Dark seraphim/Ripped to pieces

Written by Ennemi on juillet 20th, 2010

Retour vers la case départ

Wow que ça sonne bien à mes oreilles tout ça. D’après un bout de flyer livré dans le promo, le groupe fut un des pionniers du death amerlock, et donc, découlant du point précédent, culte. À lire la bio assez amusante dans le livret, on se rend compte que le groupe s’est pété la gueule juste avant la sortie de leur 1er album qui aurait pu les rendre populaire. Bon, excusez mon ignorance, mais c’est la 1ere fois que j’en entends parler, c’est le privilège de la jeunesse bande de vieux cons. Ceci dit c’est déplorable qu’ils n’aient pas concrétisé, car ça cartonne vraiment. Ce CD est une réunion de 4 nouveaux titres au cul desquels on a mis 4 titres d’un EP culte sorti il y a maintenant quelques années (1993). Les 4 nouveaux titres sonnent de manière moderne avec une production à la hauteur. Néanmoins il y a toujours cette touche old school dans les riffs suggérant une ambiance bien evil, mêlée à une violence plus crasse. Là où le groupe frappe fort c’est lors du titre Order of deception avec un passage plus lent, pesant et menaçant, avec un riff des plus efficaces. Le bassiste nous gratifie de quelques passages sympas, du moins quand on peut l’entendre. Le chanteur a les mêmes qualités que le précédent (mais ça on ne le saura qu’après avoir écouté la seconde partie du CD), à savoir ce mélange de voix criarde (très présentes) et l’autre plus ancrée dans le death old chool (c’est à dire plus caverneuse sans être très gutturale). Première partie concluante donc. Le EP sorti en 1993 a un son déjà plus roots. Grattes plus brouillonnes, faisant corps avec la batterie, et une voix old school avec une reverb trop appuyée. Ça tabasse bien, c’est bien implanté dans le death de l’époque avec cette légère touche bien evil, tout de même dûe en grande partie aux vocaux possédés. Un bon CD pour découvrir ce groupe tombé dans les oubliettes de la scène, mais qui aurait été bien avisé de poursuivre son come back. Ceci dit quand on veut revenir sur le devant de la scène on essaie de se casser le cul à répondre aux interviews que l’on sollicite…depuis 2004 à part les excuses bidons du gratteux, toujours rien de leur part…et pas beaucoup plus côté production. Logique, quand on est des branleurs on rate le coche. Comme en 90.
2004 – MCD – Assaulter Productions
7,5/10

LUNAR AURORA – Seelenfeuer

Written by Ennemi on juillet 19th, 2010

La lune dans le caniveau

Le groupe n’est pas un nouveau venu dans la scène et bénéficie même d’un certain prestige auprès de cette catégorie toute de noire vêtue qui te toise mais qui écoutera du hard FM d’ici peu de temps, prestige certainement dû à son split avec PAYSAGE D’HIVER. Qu’en est il vraiment de cet album? Et bien…très dans l’air du temps, celui ci se situant en 1998. Ça commence sur une courte intro au synthé débouchant sur une entrée monstrueuse de puissance et de furie, celle ci se poursuivant de manière plus classique dans un black violent et plus traditionnel. Si au départ on peut penser que ces Teutons ont bien appris leurs leçons sur les 1ers EMPEROR, on se rend compte que les cours ont bien vite été séchés pour suivre la formation DIMMU BORGIR, mais celui de Enthrone darkness triumphant (ce dernier étant sorti un an avant…coïncidence ou réalité scientifique?). Non pas que je conchie totalement les Norvégiens (surtout à ce moment de leur discographie) mais le souci présentement est que ce ne sera que le synthé qui guidera les lignes mélodiques. Et vas-y que je te tartine du piano ou des sonorités guillerettes tout à fait déplacées dans ce contexte. Dommage donc…et pour en rajouter, il faut dire que les grattes manquent cruellement de clarté, du coup on ne retiendra que peu les riffs, ceux-ci ayant pour unique fonction de faire un mur écrasant et compact. Dommage également que les excellentes parties acoustiques ne soient pas plus longues ou plus fréquentes. Globalement il ressort une ambiance assez mystique de l’album mais je regrette l’omniprésence de ces putains de claviers qui auraient du être relégués en fond pour soutenir l’ambiance et non pas pour l’adoucir. NB : sur la réédition COLD DIMENSIONS, nous avons droit, heureux mortels que nous sommes, à un titre bonus, en l’occurence celui figurant sur le split avec SECRETS OF THE MOON. RAS, tout à fait dans la droite lignée de ce qu’on peut entendre dans le reste de l’album (avec les mêmes synthés horribles hélas).
1998 – Album CD – Voices Productions
2006 – Réédition CD – Cold Dimensions
5,5/10

KERRETTA – Vilayer

Written by Ennemi on juillet 18th, 2010

Chante plus fort

Trois néo-zélandais composent KERRETTA, et balancent la purée de la manière la moins conventionnelle, ou plutôt de la façon la plus casse-gueule qui soit, à savoir par le biais d’une musique 100% instrumentale… argh…oué, c’est aussi ce que je me suis dit, car ça a intérêt à être sacrément inspiré au niveau des riffs ou ambiance pour captiver un auditeur sur 45 minutes. Leurs influences (avérées ou non, on s’en cogne, ce genre me dépasse totalement) se trouvent vers ISIS et MOGWAI, des pointures, donc les fans de ces groupes trépignent déjà d’impatience, la bave aux lèvres. Du postcore pur et pas très dur au final, mais suffisamment bien branlé pour susciter plus qu’un intérêt curieux. Ça joue de manière agréable combinant riffs aériens à certains passages plus musclés et appuyés par la batterie (qui est tout de même dans une tendance plus rock) et la gratte qui se fait en certains moments plus dure et finalement très metal. Les ambiances sont extrêmement agréables, pour ne pas dire reposantes, pas forcément ce qu’on attends quand on est fan d’extrême, mais quand on est tout simplement fan de musique, avoir cette facette planante est un régal car ça marche. Avec ce revers de médaille étant celui de laisser la zique se dérouler sans y prêter beaucoup d’attention…ce qui arrive fatalement au milieu de l’album malgré des titres intéressants, mais plus propices à un glissement de l’esprit sous substances illicites (avec l’excellent Dinshah par exemple). Le groupe montre une facette sur la fin de l’album largement plus intéressante au niveau émotionnel, avec White lie et son ambiance exotique, et agressive sur le début de Bone amber reigns où les guitares prennent un tour plus indus et vicieux, pour finalement retomber dans une ambiance plus plan-plan. Très intéressant musicalement même si par moment une voix gueularde aurait été bien venue, les rapprochant en ce sens d’un CULT OF LUNA, plus planant et plus détaché du tronc metal. À conseiller aux amateurs camés en recherche d’un fond sonore pour glisser en douceur d’un monde à l’autre.
2010 – Album CD/LP – Golden Antenna
7,5/10